avec la collaboration de : |
 |
|
membres fondateurs du SIDIIEF : |
Ordre des infirmières et
infirmiers du Québec
École La Source, Lausanne |
|
 |
Accueil
Cérémonie d'ouverture
Texte de Mme Gyslaine Desrosiers, présidente du SIDIIEF
 |
| Marcel La Haye |
Distingués invités d’honneur,
Chers collègues,
Mesdames, Messieurs,
C’est une très grande émotion pour moi de voir se concrétiser un projet aussi ambitieux que ce rendez-vous triennal du SIDIIEF. Réussir à réunir plus de mille infirmières et infirmiers francophones d’une vingtaine de pays relève de l’exploit et nous en sommes très fiers. Car, au delà des préparatifs usuels d’organisation d’un congrès d’envergure, ce qui déjà n’est pas rien, au cœur même de cet événement, s’inscrit une volonté de solidarité internationale. Je me dois de souligner le travail exceptionnel de la secrétaire générale du SIDIIEF, Madame Hélène Salette, qui a réussi a monté un fonds de soutien de plus de 100 000 $ permettant à des dizaines d’infirmières et d’infirmiers de pays en émergence de venir présenter leur projet de communication.
Sans la présence de nos collègues des pays du Sud, notre congrès aurait perdu tout son sens. D’autant plus, que le thème de ce congrès « Le dialogue au cœur du soin » nous appelle à réfléchir sur l’humanité même de notre métier de soignant. Au delà de l’aspect relationnel soignant-soigné, le prendre soin demeure un enjeu de société et même un enjeu planétaire qui met en cause la solidarité collective face aux développements inégaux des nations.
Heureusement, l’interdépendance des peuples face à la santé commence à être au cœur des préoccupations des pays développés. Les experts de santé publique considèrent qu’il faut concevoir une démarche de santé publique adaptée à la mondialisation car la santé n’est pas seulement un moyen de contrer la pauvreté, mais aussi un enjeu de sécurité humaine planétaire.
Je cite Claude Allègre du magazine L’Express (mars 2006) : « Aider le tiers-monde n’est plus seulement une question de générosité. C’est une affaire de survie. »
Selon la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada (Rapport Romanow, 2002), parler de la santé en tant que droit de la personne et passer à l’action pour améliorer la santé des peuples au prise avec la pauvreté doit aussi faire partie des politiques des pays bien nantis. De toute évidence le prendre soin n’a plus le choix de s’internationaliser. Seule une mise en commun des recherches, des stratégies de soins, des meilleures pratiques permettra à tous les pays, solidairement et équitablement, de trouver des solutions à des problématiques communes de santé. Cela constitue un défi pour notre réseau, celui des infirmières et infirmiers. Ce congrès cherche justement à tisser des liens entre les chercheurs, les gestionnaires, les formateurs et les soignants.
Seul un leadership professionnel fort peut non seulement réussir à améliorer de façon globale les pratiques soignantes, mais également influer sur les politiques d’éducation, de santé et d’emploi… sur les politiques gouvernementales en général. Les défis qui confrontent les infirmières sont nombreux et complexes et dans plusieurs cas communs à tous, pensons à la crise mondiale reliée au sida qui frappe les soignants eux-mêmes, et pensons aussi à la pénurie mondiale de médecins et d’infirmières pour laquelle l’OMS demande des stratégies nationales et internationales vigoureuses. Devant ces défis, les organisations collectives d’infirmières (ordres infirmiers, associations, syndicats) ont beaucoup à apprendre les unes des autres.
Dans le contexte mondial actuel, je crois beaucoup à l’importance de consolider les organisations infirmières et le SIDIIEF participe à cet objectif. Le SIDIIEF est un organisme très jeune, il fut créé en 1998 par l’OIIQ avec l’aide du gouvernement du Québec. L’École La Source de Lausanne, la plus ancienne école laïque en Europe accepta d’agir comme co-fondateur. Très rapidement, l’ensemble des CHU au Québec et leur école universitaire affiliée endossèrent la mission du SIDIIEF. Avec l’Hôpital Sainte-Anne, ils en sont devenus membres promoteurs, contribuant ainsi grandement à sa pérennité. Aujourd’hui, le SIDIIEF compte 1200 membres dans 33 pays différents. Écoles, universités, hôpitaux, associations d’infirmières, institut de formation continue, ordres infirmiers, infirmières soignantes, cadres, enseignantes ou chercheurs, étudiants, tous contribuent à la mission du SIDIIEF. Toutefois, le SIDIIEF a besoin d’élargir sa base d’adhérents car il s’agit de la condition de sa survie à long terme. Si ce congrès vous plait et que vous souhaitez que nous puissions répéter un tel événement, pensez à adhérer au SiDIIEF et à en faire la promotion. Trève de publicité !!!
Mais pourquoi direz-vous avoir choisi l’espace francophone ? N’est-ce pas un peu à contre-courant de la tendance mondiale qui privilégie l’anglais ? Récemment, le Président Chirac est sorti de la salle du Conseil européen à Bruxelles et a refusé d’entendre son compatriote Ernest-Antoine Seillières prononcer un discours en anglais.
« On ne va pas fonder le monde de demain sur une seule langue et donc, sur une seule culture, ce serait une régression dramatique » a -t-il déclaré.
La langue française fait partie de ce patrimoine mondial menacé par l’hégémonie de la langue anglaise. L’UNESCO a d’ailleurs reconnu récemment l’importance de protéger la diversité culturelle mondiale et 150 pays ont signé une convention à cet effet. Le SIDIIEF est maintenant une OING, doté d’un statut consultatif reconnu par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Aujourd’hui, la Francophonie s’est affranchie de sa connotation coloniale et désigne deux réalités différentes, mais complémentaires : d’une part, dans son sens le plus large, elle englobe l’ensemble des actions de promotion du français sans considération des pays et, d’autre part, au sens institutionnel, elle qualifie l’organisation internationale (OIF) qui regroupe les 56 états qui ont choisi d’adhérer à sa charte, créée à Niamey en 1970. Malgré son recul, le français est avec l’anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents.
Même si l’ordre infirmier du Québec appartient dans ses fondements et ses pouvoirs davantage à la tradition anglo-saxonne et même, s’il importe au Québec de s’assurer d’un développement de la profession en phase avec l’Amérique du Nord, le SIDIIEF est issu d’une volonté politique ferme d’habiter l’espace francophone et tout simplement « de vivre en français ».
Cette année, l’OIIQ a renoncé à organiser son colloque printanier des Conseils des infirmières et infirmiers (les CII) pour céder la place au congrès mondial du SIDIIEF et inviter les CII à y participer de façon toute particulière. Nous reviendrons l’an prochain à la formule habituelle.
Nous sommes tous et toutes conviés à vivre intensément trois jours de fraternité intense. J’espère que vous en profiterez à fond. Pour ceux qui auraient oublier de s’inscrire, n’oublier pas qu’il y aura aussi des moments moins sérieux et qu’il faut aussi savoir faire la fête, une soirée festive inoubliable nous attend mardi soir !
Bon congrès à tous.
|