Récipiendaires 2004

Grand prix

Montérégie

L'effet combiné du V.A.C. et de l'Acticoat sur la guérison des plaies

Les infirmières Isabelle Reeves et Marthe Plourde en collaboration avec une équipe d'infirmières de l'Hôpital Charles-LeMoyne (HCLM) de Greenfield-Park ont développé un nouveau traitement pour le soin des plaies. Grâce à cette innovation, qui s'avère une première, elles ont pu réduire de façon significative toutes les souches de bactéries associées à ces plaies, accélérer leur guérison sans avoir recours aux antibiotiques et réduire de façon impressionnante la morbidité et la mortalité des patients. Ce procédé consiste à combiner, pour soigner une plaie de pression infectée, le VAC (Vacuum Assisted Closure), un système non invasif de succion à pression négative, avec un pansement d'argent appelé Acticoat, jusqu'ici utilisé uniquement dans les cas de brûlures. Ce traitement s'applique aux plaies de pression, mais également aux déhiscences de plaies chirurgicales, aux plaies traumatiques, aux plaies diabétiques et aux ulcères des membres inférieurs. Cette combinaison permet de réduire la fréquence du changement de pansement, limitant du même coup les souffrances qui y sont associées. Grâce à ce traitement, deux patients diabétiques ont pu éviter l'amputation anticipée à cause de plaies aux pieds.

Récipiendaires régionaux

Abitibi-Témiscamingue

Projet d'accessibilité au dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS)

Marina Larue, responsable des soins infirmiers, et Manon Faber, infirmière aux services à la jeunesse au CLSC Le partage des eaux, ont mis sur pied un programme de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) afin de réduire l'incidence de ce type d'infections. Ce programme s'adresse spécifiquement aux personnes les plus vulnérables, qui ne consultent pas ou très peu le réseau de la santé, comme : les jeunes hors du milieu scolaire, les itinérants, les fugueurs, les travailleurs du sexe, les toxicomanes et utilisateurs de drogues injectables, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, etc. Au cours d'une même rencontre et dans le milieu choisi par la clientèle, l'infirmière offre un ensemble de services adaptés à sa situation : information, sensibilisation et éducation sur les ITSS, examen physique et gynécologique, vaccination contre les hépatites, prélèvements biologiques, collecte de données visant l'intervention préventive auprès des partenaires, référence médicale, accès au Programme d'échange de seringues et au service d'aide et d'information sur le sida, suivi adapté à chaque cas. En 2003-2004, 1045 interventions ont été effectuées auprès de 522 personnes, dont 7,8 % se sont révélées atteintes du chlamydia.

Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Implantation d'un protocole de dépistage de la violence conjugale au CLSC de la Haute-Gaspésie

Linda Leblanc, infirmière au Centre de santé de La Haute-Gaspésie, a implanté un protocole de dépistage de la violence conjugale dans son milieu de travail après en avoir d'abord évalué les besoins. Par la suite, 95 % des professionnels du CLSC ont reçu une formation en dépistage de la violence conjugale. Afin de les aider et de les soutenir dans leurs interventions, des outils ont été créés : diaporama, histoires de cas, aide-mémoire pour l'intervention, test d'auto-évaluation des connaissances, carte décrivant les ressources disponibles dans la région, etc. Les résultats sont très concluants : durant le premier trimestre de 2003, huit situations de violence ont été identifiées et sept femmes ont été référées vers les ressources du milieu. À titre de comparaison, une seule situation de violence conjugale avait été identifiée en 2002.

Chaudière-Appalaches

Clinique de plaies complexes (CPC)

L'équipe multidisciplinaire, dont Danielle Gilbert, infirmière stomothérapeute, est le pivot, a mis sur pied une façon unique et efficace de traiter les plaies. Depuis 2002, les citoyens présentant divers types de plaies complexes peuvent obtenir un traitement spécialisé à la clinique de plaies située dans les locaux de l'Unité de médecine de jour du Centre hospitalier du CHA – Hôtel-Dieu de Lévis. Bien que la majorité des usagers se présentent avec des plaies diabétiques, la clinique traite tous les types de plaies chroniques, comme les plaies de pression, veineuses, artérielles, néoplasiques, chirurgicales, inflammatoires et traumatiques. La guérison est favorisée par des traitements conventionnels tels les hydrogels, mousses et agents débridants, mais aussi par des traitements de pointe comme les greffes exogènes, l'appareil à pression négative et le traitement d'oxygénothérapie hyperbare. La qualité des soins a d'ailleurs permis d'éviter plusieurs amputations aux usagers, contribuant ainsi à améliorer leur qualité de vie. En 2003, près de 320 usagers ont effectué 1484 visites à la clinique afin de recevoir des soins pour des plaies chroniques. Leur taux de guérison est d'environ 90 %.

Côte-Nord

Outil d'intégration de l'infirmier et de l'infirmière à l'urgence du CHRSI

Luc Bouchard, assistant infirmier-chef à l'urgence du Centre hospitalier régional de Sept-Îles, a élaboré un programme de formation et d'intégration des infirmières et infirmiers afin d'offrir de meilleurs services à la clientèle de cet établissement. Avant l'implantation de ce programme, le processus d'intégration du personnel infirmier à l'urgence variait selon le style pédagogique et l'expérience de ceux qui dispensaient la formation, ce qui entraînait un manque d'uniformité dans les interventions du personnel infirmier. Le programme de formation et d'intégration conçu par M. Bouchard pallie cette lacune en favorisant un développement plus uniforme des aptitudes et des connaissances en soins de première ligne, l'octroi d'un service standardisé et plus efficace ainsi qu'un travail d'équipe multidisciplinaire.

Estrie

Ouverture transitoire de la barrière hémato-encéphalique pour le traitement des tumeurs cérébrales malignes

Pierrette Létourneau Maclure, infirmière bachelière au Service neuro-chirurgie et orthopédie, Marie Boudrias, infirmière en neuro-oncologie, Francine Nadeau, infirmière au Service neurologie et médecine spécialisée, et Suzanne Smith, infirmière-chef, ont joué un rôle clé au sein de l'équipe multidisciplinaire du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, qui offre un traitement unique au Canada. Il s'agit de l'ouverture transitoire de la barrière hémato-encéphalique pour les patients atteints de tumeurs cérébrales malignes. Ce traitement innovateur permet de distribuer la chimiothérapie de façon optimale vers la tumeur cérébrale. Comme il s'agit d'une nouvelle technologie, et que ce traitement exige un suivi rigoureux auprès des patients, ces infirmières ont pris l'initiative d'élaborer un tableau schématique qui explique le traitement et le cheminement clinique à partir du prétraitement jusqu'au départ du patient. La création d'un tel outil de référence facilite la formation du personnel infirmier, en plus de simplifier et de démystifier le traitement pour les patients et leurs proches.

Laurentides/Lanaudière

Calendrier de soutien à l'allaitement « Sein-Phonie en 12 temps »

Élaine Hamelin, infirmière-chef du Module parents-enfant au Centre hospitalier régional de Lanaudière, et Mélanie Gingras, infirmière bachelière et consultante en lactation au Département de santé publique de l'Agence de Lanaudière, ainsi que six autres collaboratrices, ont conçu un calendrier de soutien à l'allaitement intitulé Sein-phonie en 12 temps. Distribué gratuitement à toutes les femmes, qui ont donné naissance à un enfant dans la région de Lanaudière, ce document vise à soutenir les familles lors de leur retour à domicile. Unique au Québec, il est inspiré des livres de souvenirs de la première année de vie de l'enfant et a été conçu de façon à être complété et personnalisé par les parents. Il transmet l'information pertinente au sujet de l'allaitement de façon progressive et adaptée à l'âge de l'enfant sous forme de questionnaires, de capsules d'information, de mots d'encouragement, de pistes de solutions, etc. En plus de confirmer leur choix d'allaiter, il procure aux parents une foule de renseignements, dont une liste des ressources de soutien. Il les encourage dans la poursuite de l'allaitement et augmente leur confiance.

Mauricie/Centre-du-Québec

Pratique infirmière novatrice à l'unité satellite de dialyse par télémédecine de Drummondville

Daniel Beauchemin, Suzanne Bernier, Roxanne Brouillard, Caroline Couture, Carole Fleury, Claire Laplante, André Lemire, Lise Morel, Lorraine Rhéaume, Lucie Rozon et René Vincent, infirmière et infirmiers de l'Hôpital Sainte-Croix de Drummondville ont joué un rôle de premier plan dans l'implantation et l'opération d'une unité satellite de dialyse par télémédecine. Ce projet, combinant les compétences et le savoir-faire clinique de l'équipe de soins infirmiers aux technologies de l'information, a permis à 25 patients d'améliorer leur qualité de vie en recevant des traitements de dialyse dans leur propre région plutôt qu'à Trois-Rivières. Cette unité est la première du genre à voir le jour au Québec. Elle procure aux patients un service de qualité comparable à celui dispensé dans les grands centres. Les traitements de dialyse sont dispensés par neuf infirmières et infirmiers, sous supervision médicale à distance et les données sur les patients sont transmises par télémétrie. Au cours de la dernière année, 12 patients de l'unité ont dû être hospitalisés pour divers problèmes de santé. Grâce à l'équipe de l'unité satellite, ils ont pu réduire leur séjour hospitalier moyen de 9,7 à 4,1 jours.

Montérégie

L'effet combiné du V.A.C. et de l'Acticoat sur la guérison des plaies

Les infirmières Isabelle Reeves et Marthe Plourde en collaboration avec une équipe d'infirmières de l'Hôpital Charles-LeMoyne (HCLM) de Greenfield-Park ont développé un nouveau traitement pour le soin des plaies. Grâce à cette innovation, qui s'avère une première, elles ont pu réduire de façon significative toutes les souches de bactéries associées à ces plaies, accélérer leur guérison sans avoir recours aux antibiotiques et réduire de façon impressionnante la morbidité et la mortalité des patients. Ce procédé consiste à combiner, pour soigner une plaie de pression infectée, le VAC (Vacuum Assisted Closure), un système non invasif de succion à pression négative, avec un pansement d'argent appelé Acticoat, jusqu'ici utilisé uniquement dans les cas de brûlures. Ce traitement s'applique aux plaies de pression, mais également aux déhiscences de plaies chirurgicales, aux plaies traumatiques, aux plaies diabétiques et aux ulcères des membres inférieurs. Cette combinaison permet de réduire la fréquence du changement de pansement, limitant du même coup les souffrances qui y sont associées. Grâce à ce traitement, deux patients diabétiques ont pu éviter l'amputation anticipée à cause de plaies aux pieds.

Montréal/Laval

Une équipe d'intervention interprofessionnelle auprès des patients atteints d'AVC aigus

L'équipe interprofessionnelle du Centre hospitalier universitaire de Montréal composée de Dany Fortin, infirmier-chef d'unité, Line Beaudet, infirmière, conseillère en soins spécialisés, Roxanne Cournoyer, infirmière de suivi systématique, et Dr Louise-Hélène Lebrun, neurologue, a mis sur pied une unité d'intervention en accidents vasculaires cérébraux (AVC) aigus, qui a notamment permis de réduire la durée moyenne des séjours à l'hôpital et le nombre de décès chez ces patients. La nouvelle approche, fondée sur des modèles internationaux d'intervention et de qualité des soins, est basée sur l'intervention immédiate d'une équipe interprofessionnelle auprès des patients et de leur famille, une intervention qui se poursuit tout au long de l'épisode de soins. L'équipe agit dès l'arrivée du patient à l'urgence, puis le suit aux soins intensifs et à l'unité spécialisée. Cette équipe se donne trois heures pour que soient réalisés la thrombolyse et tous les examens requis, et 24 heures pour que soient amorcées les consultations en orthophonie, ergothérapie, diététique et service social. Les demandes aux centres de réadaptation se font aussi dès les premiers jours. Parmi les retombées positives de cette nouvelle approche, on note que la durée moyenne de séjour à l'urgence est passée de 17 heures à 8,2 heures ; ceux qui séjournent à l'unité des soins intensifs y demeurent en moyenne 1,36 jour, comparativement à 4,64 jours avant l'implantation de l'unité ; le nombre de décès chez les patients ayant subi une thrombolyse a ainsi diminué de 33 % à 9,8 %.

Outaouais

Programme d'amélioration continue de la qualité de vie des personnes hébergées

Monique Gervais, directrice des soins infirmiers au CLSC-CHSLD de la Petite-Nation, a élaboré un programme d'amélioration continue avec la collaboration de l'équipe de soins, des usagers et de leur famille afin d'assurer une meilleure qualité de vie aux personnes hébergées et demeurer à leur écoute. Échelonné sur trois ans, le programme vise l'intimité, les soins infirmiers et le milieu de vie. Pour chacun de ces aspects, l'équipe de soins détermine les démarches à suivre en fonction des besoins exprimés par les usagers et apporte les améliorations requises. Les correctifs touchent notamment l'organisation du travail et des soins, de même que les valeurs, les habitudes, le savoir-être et le savoir-faire des employés. Lorsque les interventions sont mises à exécution, l'équipe procède à une auto-évaluation et, au besoin, à des ajustements. Au cours de la première année, 90 % des améliorations souhaitées par les usagers et qui touchaient la phase I du programme, ont été apportées. La phase II du programme sera évaluée sous peu, tandis que la phase III vient de commencer en septembre 2004.

Québec

Philosophie en soins palliatifs

Accompagner une personne en fin de vie avec respect et compassion constitue une tâche délicate tant pour les proches que pour les professionnels de la santé. C'est pourquoi Diane Claveau et Denise Parent, infirmières, ont développé en 2003 des outils en soins palliatifs pour les intervenants et bénévoles, ainsi que pour la clientèle en fin de vie et les familles endeuillées. Un document d'auto-apprentissage offre au personnel des capsules de formation multidisciplinaire. En outre, un cahier d'accompagnement sert de relais entre la personne soignée, ses proches, les professionnels et les bénévoles. Il est utilisé notamment pour transmettre un message aux proches ou aux professionnels ou encore pour noter l'évolution de l'état du patient, des souvenirs, des remerciements, des émotions. Cet outil aide, entre autres, les familles à mieux comprendre les dernières étapes de la vie et favorise la communication avec la personne en fin de vie. Un an après la mise sur pied de ce projet, le personnel et les familles ont exprimé leur satisfaction et souligné être désormais en mesure d'offrir un accompagnement plus humain.

Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec

Une nouvelle clinique de traitement de la douleur au Centre Maria-Chapdelaine

Carole Tremblay, infirmière, a agi comme chargée de projet pour l'implantation d'une clinique de traitement de la douleur au Centre Maria-Chapdelaine à Dolbeau-Mistassini. Elle en assume aujourd'hui la promotion et s'occupe de l'évaluation sommaire des patients, des traitements et du suivi avec les autres professionnels de la santé. La clinique dispense des soins adaptés aux besoins de la clientèle, en collaboration avec les autres services du Centre, et en mode ambulatoire. L'an dernier, 334 patients souffrant de douleurs chroniques ont bénéficié des services de la clinique, ce qui leur a évité le recours aux services d'urgence, à l'hospitalisation, à des traitements plus invasifs, ainsi qu'aux complications associées à la douleur. Leur qualité de vie s'en trouve grandement améliorée. Cette solution a également contribué à diminuer la liste d'attente des diverses spécialités et le délai d'attente pour la clientèle provenant de l'extérieur de la région. On estime que la Clinique de traitement de la douleur pourrait desservir une population d'environ 7165 clients de la région.