Récipiendaires 2007

Grand prix

Montréal/Laval

Programme périnatal de prévention du syndrome du bébé secoué (PPPSBS)

Le syndrome du bébé secoué (SBS) est l'une des formes les plus sévères d'abus physique à l'égard des enfants. Un bébé secoué sur cinq décède. Pour mieux préparer les nouveaux parents à leur rôle et ainsi diminuer l'incidence de ce syndrome, Sylvie Fortin, infirmière au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, avec la participation des infirmières Céline Goulet, Maryse Boulanger, Line Déziel et le docteur Jean-Yves Frappier, a mis sur pied le premier programme périnatal de prévention du SBS au Canada. Ce programme renseigne les parents sur les dangers de secouer un bébé et favorise le recours à des stratégies d'adaptation, au moyen notamment d'une intervention éducative de l'infirmière avec le soutien de  3 fiches d'information concernant les pleurs du nourrisson, la colère des parents et le SBS. Le coût de cette intervention est de moins de 10 $ par famille, comparativement à plus d'un million de dollars pour les soins, les traitements et la réadaptation d'une victime de SBS. Jusqu'à présent, au Québec, plus de 10 000 familles ont bénéficié du programme et la grande majorité ont exprimé leur satisfaction. D'autres centres hospitaliers ont également démontré leur intérêt envers ce programme qui est soutenu par le ministère de la Santé et des Services sociaux, la Fondation de la Famille Hogg (Fondation CHU Sainte-Justine)  et le ministère de la Justice, section de la prévention du crime.

Sylvie Fortin, responsable du module : Programme périnatal de prévention du syndrome du bébé secoué, CHU Sainte-Justine;
Céline Goulet, professeur titulaire, Faculté des sciences infirmières, Université de Montréal et chercheuse, Centre de recherche, CHU Sainte-Justine;
Dr Jean-Yves Frappier, responsable, Secteur de la pédiatrie sociale et président du Comité du programme de prévention du syndrome du bébé secoué, CHU Sainte-Justine;
Line Déziel, gestionnaire du programme de pédiatrie, CHU Sainte-Justine;
Maryse Boulanger, coordonnatrice projet PPPSBS pour le Centre hospitalier Pierre-Legardeur.

Récipiendaires régionaux

Abitibi-Témiscamingue

Pikatemps : tout simplement

Les infirmières Pauline Clermont, Isabelle Cornet et Suzanne Boucher-Veilleux ont mis sur pied Pikatemps, un service de prévention, de relation d'aide et de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Ce service était nécessaire vu l'importance de l'usage des drogues par injection sur ce territoire. Il repose sur le travail d'une quinzaine d'intervenants provenant de neuf organismes communautaires et institutionnels, allochtones et autochtones. Une infirmière-pivot en coordonne les différentes activités : cliniques de dépistage, vaccination contre les hépatites A et B, administration de contraceptifs oraux d'urgence, soutien et information dans les milieux de vie. Cinq ans après la mise sur pied de Pikatemps, le nombre de consultations est passé de 135 à 529. De fait, ce service s'avère si efficace qu'il a été présenté comme modèle d'intervention auprès des clientèles vulnérables aux ITSS sur le plan régional, provincial et même pancanadien.

Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Guide pratique en soins palliatifs

Dans le cadre de la réorganisation des soins palliatifs en Haute Gaspésie, un comité permanent a été formé. Trois infirmières, Francine Asselin, Lise Grégoire et Dorothée Sohier, en collaboration avec d'autres intervenants, ont élaboré un guide pratique de soins palliatifs ainsi qu'une formation s'adressant au personnel infirmier. Ce guide contient des ordonnances collectives spécifiques facilitant l'autonomie des infirmières en CH, CHSLD et CLSC leur permettant d'agir promptement et efficacement dans les soins de fin de vie. Ce guide a contribué à réaliser le souhait de plusieurs personnes de mourir à la maison. Leur nombre a augmenté au cours des deux dernières années, ce qui a contribué à la réduction des coûts des soins palliatifs au centre hospitalier. Les infirmières Asselin, Grégoire et Sohier ont donné la formation d'une journée à une soixantaine de leurs collègues. L'uniformisation des soins, la mise à jour des techniques de soins et la création d'ordonnances collectives ont contribué à offrir des soins de plus grande qualité autant au centre hospitalier et au centre de soins de longue durée qu'à domicile.

Chaudière — Appalaches

Clinique de prévention du pied diabétique

Des médecins et infirmières de l'Hôtel-Dieu de Lévis ont mis sur pied en 2003 une clinique de prévention du pied diabétique (CPPD), qui vise à faire le dépistage et le suivi de la clientèle pouvant développer des complications liées au pied diabétique et à éviter les récidives. Jacques Bussière, infirmier clinicien, Lucie Caron, Danielle Gilbert et Liliane Laverdière, infirmières cliniciennes, font partie de l'équipe qui a réalisé ce projet. La prévention est importante si l'on considère que 20 % des personnes diabétiques présentant un ulcère neuropathique perdront un membre inférieur. L'enseignement, le suivi et les soins à ces personnes sont assurés par des infirmières cliniciennes qui travaillent en collaboration avec des médecins, infectiologues, orthésistes, diététistes, chirurgiens vasculaires et infirmières qualifiées en soins des pieds.

Côte-Nord

Des outils efficaces pour les intervenants en cessation tabagique

France Houle, infirmière clinicienne en prévention au CSSS de Manicouagan, a pris l'initiative de concevoir quatre outils pour rendre encore plus efficace le counseling auprès des fumeurs qui souhaitent se libérer de leur dépendance à la nicotine. Il s'agit de : l'analyse de la motivation du fumeur, qui est un facteur clé de succès dans l'abandon tabagique; l'établissement de balises en matière d'intervention minimale et brève; l'utilisation d'un poumon mécanique pour créer un impact en faisant appel à la vue, à l'odorat et au toucher; et l'explication de la dépendance chimique à la nicotine à l'aide d'un schéma, pour minimiser les risques de rechute. En 2006, 28 des personnes inscrites au programme du CSSS de Manicouagan maintiennent leur cessation amorcée depuis un an, comparativement à 11 en 2005.

Estrie

Implantation de services intégrés de dépistage et de prévention des ITSS en Estrie

Martine Dumont, infirmière clinicienne, en collaboration avec Sylvie Hinse, infirmière -chef de programme, a mis à profit son  leadership et sa créativité pour planifier, organiser et réaliser l'implantation de services intégrés de dépistage et de prévention des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS), en Estrie. L'équipe rencontre la clientèle visée non seulement au Centre de santé et de services sociaux (CSSS), mais également dans les milieux fréquentés par les personnes à risque, comme les bars, les centres d'hébergement et autres, puisque ces personnes ne font généralement pas appel aux services existants en matière de prévention. Un réseau de collaborateurs est établi avec des organismes communautaires et des professionnels du CSSS et d'autres établissements du réseau en Estrie (médecins, travailleurs sociaux, gestionnaires, infectiologues, etc.). Ces activités rendent plus accessibles les services de prévention et de vaccination et favorisent la continuité des soins. À preuve, l'équipe, formée de Marilène Belisle, Stéphanie Cournoyer et Linda Dansereau, a constaté une augmentation du nombre de consultations de ces clientèles en CSSS et, entre autres, une augmentation du nombre de dépistages positifs d'hépatite C, de l'ordre de 30 % par année. En 2006, l'équipe a visité 20 lieux, dont 85 sorties, et a effectué 1 029 interventions de dépistage, de même que 455 vaccinations dans les différents MRC de l'Estrie

Laurentides/Lanaudière

Programme sur l'administration des médicaments dépresseurs du système nerveux central en santé mentale

Chantale Brochu, conseillère clinicienne en soins infirmiers au CSSS de Saint-Jérôme, a conçu un programme de soins unique en son genre portant sur l'administration des médicaments ayant un effet dépressif sur le système nerveux central (SNC) en santé mentale. Le programme précise les clientèles à risque, les médicaments concernés et les paramètres de surveillance clinique. Il comprend une formation obligatoire d'une heure et un suivi pour le personnel infirmier. À la suite de cette formation, la surveillance s'est resserrée. Par exemple, la prise de signes vitaux quotidiens concernant la respiration est passée de 16 % à 60 % entre septembre et décembre 2006. De fait, le programme est si efficace qu'il a été implanté dans les unités de soins aux personnes en perte d'autonomie et de santé physique (urgence, chirurgie d'un jour et court séjour médical).

Mauricie/Centre-du-Québec

Des soins palliatifs dans un CHSLD

Lyne Doucet, infirmière clinicienne,  avec la collaboration de Martine Bordeleau a mis sur pied un service de soins palliatifs dans un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) du territoire Mékinac. Ce lit est offert aux patients adultes en phase de fin de vie. Auparavant, ils devaient être orientés vers les centres hospitaliers de la région, situés à l'extérieur du territoire. Grâce à cette initiative, la clientèle peut être suivie par les mêmes intervenants qui offraient le service à domicile et les aidants naturels bénéficient d'un répit. L'infirmière est le pivot de l'équipe multidisciplinaire du CHSLD, dont l'expertise a été adaptée aux besoins des patients de tout âge. Jusqu'ici, les familles ont exprimé un degré élevé de satisfaction, comme en témoigne la hausse des dons pour les soins palliatifs à la Fondation Foyer Mgr Paquin inc.

Montérégie

L'imagerie motrice pour soulager le syndrome douloureux régional complexe

Les infirmières cliniciennes Mélanie Désautels et Claudia Lambert, en collaboration avec le Dr François Gobeil, anesthésiste, Cécile Michaud, professeure-chercheure et Lyne Tremblay, coordonnatrice des services ambulatoires, ont conçu le programme d'imagerie motrice qu'elles ont mis sur pied en février 2006 pour soulager les patients souffrant du syndrome douloureux régional complexe (SDRC). Ce syndrome peu commun a un impact important sur la qualité de vie de ceux qui en sont atteints. Leur programme de rééducation sensorimotrice fait appel à un miroir pour amener le cerveau à envoyer des signaux normaux au membre touché, détournant ainsi les signaux de protection qu'il envoyait et qui contribuaient au maintien des manifestations inflammatoires. L'infirmière fait l'enseignement, le suivi téléphonique et, au besoin, la coordination des traitements avec l'anesthésiste, le psychologue et la physiothérapeute. Ce programme remplace avantageusement les anciennes pratiques pour traiter le SDRC en procurant aux patients un plus grand soulagement avec moins de risques et à moindre coût.

Montréal/Laval

Programme périnatal de prévention du syndrome du bébé secoué

Le syndrome du bébé secoué (SBS) est l'une des formes les plus sévères d'abus physique à l'égard des enfants. Un bébé secoué sur cinq décède. Pour mieux préparer les nouveaux parents à leur rôle et ainsi diminuer l'incidence de ce syndrome, Sylvie Fortin, infirmière au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, avec la participation des infirmières Céline Goulet, Maryse Boulanger, Line Déziel et le docteur Jean-Yves Frappier, a mis sur pied le premier programme périnatal de prévention du SBS au Canada. Ce programme renseigne les parents sur les dangers de secouer un bébé et favorise le recours à des stratégies d'adaptation, au moyen notamment d'une intervention éducative de l'infirmière avec le soutien de  3 fiches d'information concernant les pleurs du nourrisson, la colère des parents et le SBS. Le coût de cette intervention est de moins de 10 $ par famille, comparativement à plus d'un million de dollars pour les soins, les traitements et la réadaptation d'une victime de SBS. Jusqu'à présent, au Québec, plus de 10 000 familles ont bénéficié du programme et la grande majorité ont exprimé leur satisfaction. D'autres centres hospitaliers ont également démontré leur intérêt envers ce programme qui est soutenu par le ministère de la Santé et des Services sociaux, la Fondation de la Famille Hogg (Fondation CHU Sainte-Justine)  et le ministère de la Justice, section de la prévention du crime.

Outaouais

Le Pont : un virage dans la pratique infirmière en oncologie

Guylaine Filion, infirmière en oncologie au Centre de santé des services sociaux (CSSS) de Gatineau, a conçu et mis sur pied Le Pont, un programme d'information et de soutien pour les femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein et qui sont en attente d'un traitement. En Outaouais, la clientèle en cancérologie ne cesse d'augmenter, les délais de traitement s'allongent et cette période d'attente est angoissante. Le Pont vise donc à rassurer, renseigner et accompagner ces femmes ainsi que les membres de leur famille. Le Centre C.A.R.M.E.N. a accueilli plus de 228 femmes référées au programme Le Pont depuis octobre 2005.Le taux de participation s'élève à 63 %. Les participantes sont rassurées et plus confiantes lors de leur première visite en oncologie. Elles sont aussi plus conscientes de l'importance de s'impliquer dans le choix de leur traitement. Par ailleurs, des conjoints ayant assisté aux séances d'information ont clairement exprimé se sentir mieux préparés pour soutenir leur conjointe dans le processus de traitement.

Québec

Plus d'efficacité pour la clientèle gériatrique à l'urgence

Suzanne Lachance et Hélène Charlebois, infirmières pivots à l'urgence de l'Hôpital du Saint-Sacrement, jouent un rôle clé dans les soins aux personnes âgées depuis que cet établissement a mis en place un système plus efficace pour soigner cette clientèle. Cet hôpital est en effet le seul à dépister dès le triage, chez les patients de 75 ans et plus, le risque de perte d'autonomie, à assurer la présence d'une infirmière pivot en gériatrie du lundi au vendredi de 8 h à 16 h et à mettre à la disposition de cette clientèle une équipe multidisciplinaire. Signalons que près de la moitié des patients se présentant à l'urgence de cet hôpital ont 65 ans et plus, et que leur nombre va croissant. Le nouveau  système accélère le dépistage et la prise en charge, diminuant ainsi les effets néfastes d'un séjour à l'urgence, tout en permettant de bien orienter cette clientèle dans le réseau de la santé selon ses besoins particuliers.

Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec

L'atelier d'aquarelle à l'unité psychiatrique

Passionnée d'aquarelle, Louise Guay, infirmière au Centre de santé et de services sociaux Domaine du Roy, a mis sur pied un atelier d'aquarelle pour les usagers de l'unité psychiatrique. Cette activité répondait à un besoin particulièrement évident durant la fin de semaine, alors que le manque d'activités thérapeutiques provoquait des états d'agitation, d'ennui et de léthargie chez les usagers. Depuis cinq ans, l'atelier offre aux participants l'occasion de se détendre, de s'exprimer et de rehausser leur estime de soi. Cette activité favorise aussi les échanges avec le personnel, ce qui améliore la qualité de la relation d'aide tout en facilitant l'élaboration du plan thérapeutique infirmier. L'atelier a également entraîné une réduction des comportements perturbateurs et de la consommation de médicaments.