Récipiendaires 2009

Grand prix

Mauricie/Centre-du-Québec

L'infirmière pivot dans l'implantation d'une clinique interdisciplinaire en musculosquelettique

Geneviève Cormier
Marie-Andrée Labbé
Pierrette Langlois

Pour remédier à une grave pénurie d'orthopédistes au Centre de santé et de services sociaux d'Arthabaska-et-de-L'Érable, Geneviève Cormier et Marie-Andrée Labbé, toutes deux infirmières pivots, et Pierrette Langlois, infirmière et coordonnatrice des services ambulatoires, ont mis en place une clinique musculosquelettique interdisciplinaire favorisant une prise en charge des patients. Grâce à ce projet novateur, le taux de consultation en orthopédie est passé de 100 % en juin 2007, à 57 % en avril 2008, puis à 21 % en juin 2008.

Auparavant, tous les clients dirigés vers l'orthopédie étaient automatiquement vus par un orthopédiste, même si leur problème pouvait être pris en charge par un autre professionnel de la santé (par ex., un physiothérapeute). Aujourd'hui, seulement un cas sur cinq est adressé à l'orthopédiste, et le délai moyen d'attente pour une consultation en orthopédie qui était de 400 jours est maintenant six fois moins élevé. Ces différents résultats indiquent que l'infirmière pivot dans la clinique interdisciplinaire permet une approche coordonnée et fait partie d'une solution souhaitable et applicable à d'autres régions par exemple, pour améliorer le continuum de soins en orthopédie.

L'infirmière pivot fait le triage des demandes de consultations en orthopédie en respectant les critères fournis par les orthopédistes, évalue les patients et établit, avec l'équipe interdisciplinaire, un plan de traitement interprofessionnel qui exige d'elle un grand jugement clinique. Dans l'équipe interdisciplinaire, l'infirmière pivot est l'interlocutrice désignée de la clinique musculosquelettique, celle vers qui les clients et les professionnels se tournent en priorité.

Récipiendaires régionaux

Vidéo des récipiendaires régionaux

Abitibi-Témiscamingue

Une première clinique de la mémoire en région éloignée pour les personnes atteintes de troubles cognitifs

Josée St-Cyr
Dr Marc Neveu
Michaël Bouchard

La clinique de la mémoire du Centre de santé et de services sociaux de Rouyn-Noranda, unique en son genre en Abitibi-Témiscamingue, met à profit les compétences de l'infirmière pivot Josée St-Cyr. Les membres de l'équipe sont le Dr Marc Neveu, neurologue, médecin collaborateur à la clinique et Michaël Bouchard, infirmier et chef de programme, Programme personne âgée en perte d'autonomie, Responsable de la mise en place de la clinique.

En effet, l'infirmière pivot travaille auprès de la clientèle atteinte de déficits cognitifs afin de lui permettre de demeurer plus longtemps à domicile, dans de meilleures conditions. Cette infirmière émérite effectue un suivi rigoureux des dossiers, évalue les clients, leur procure des soins avec une grande empathie et coordonne les services dont chacun a besoin, leur évitant de se retrouver sur des listes d'attente. Elle les renseigne et les accompagne dans des démarches parfois complexes, comme celles liées à l'acquisition d'un mandat d'inaptitude. Enfin, les données qu'elle recueille aident le médecin à poser un diagnostic et à déterminer le traitement approprié. En 2007-2008, l'infirmière a évalué 75 personnes, contribuant à réduire les consultations à l'urgence et les hospitalisations. Ses services contribuent également à maintenir l'autonomie des clients et leur qualité de vie, tout en leur procurant des services mieux adaptés à leurs besoins particuliers. Des pourparlers sont d'ailleurs en cours pour que les services de la clinique soient offerts à toute la région.

Estrie

Le rehaussement des compétences du personnel infirmier en soins de longue durée : une amélioration de la qualité des soins

Monique Bourque
Marie-Josée Béliveau
Gaétane Boucher
Carole Brousseau
Micheline Rodrigue

Beaucoup plus qu'une simple réorganisation des tâches, ce projet novateur est fondé sur l'actualisation des compétences de chaque soignante en soins de longue durée et sur une collaboration interprofessionnelle empreinte de respect et de confiance. C'est dans cet esprit qu'une équipe du CSSS - Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke (IUGS) a élargi le champ d'exercice de l'infirmière, de l'infirmière auxiliaire et de la préposée aux bénéficiaires, en appliquant la « loi 90 ». Cette équipe composée de Monique Bourque, conseillère clinicienne en soins infirmiers, Marie-Josée Béliveau, assistante infirmière-chef, Gaétane Boucher et Carole Brousseau, toutes deux infirmières-chefs, et Micheline Rodrigue, infirmière auxiliaire, a redéfini les rôles et responsabilités des soignants, instauré le dépistage systématique des risques de chute, d'escarres, d'infections, de dysphagie et de douleur pour chaque résidant, favorisé l'évaluation de l'infirmière et implanté plusieurs outils cliniques dont le plan thérapeutique infirmier. Les résultats sont probants : satisfaction accrue des familles et du personnel, diminution de 65 % des demandes adressées aux médecins, diminution des escarres de 37 %, diminution des mesures de contrôle de 46 %. Devant ces résultats importants, la direction du CSSS-IUGS a décidé d'étendre ce projet à ses neuf autres unités de soins de longue durée.

Laurentides/Lanaudière

L'intégration des infirmières auxiliaires au soutien à domicile : une approche novatrice

Manon Trépanier
Renée Charpentier
Nancy Allard

Confronté à l'importante pénurie de professionnels de la santé et notamment d'infirmières, le CLSC de Saint-Jérôme du CSSS de Saint-Jérôme, a mis en œuvre, en 2004, une pratique de collaboration interprofessionnelle novatrice prévue par la « loi 90 » et qui vise l'intégration des infirmières auxiliaires au soutien à domicile. Ce projet a été conçu et réalisé par Manon Trépanier, chef de programme des soins et services à domicile, Renée Charpentier, infirmière clinicienne assistante infirmière-chef, soutien à domicile, et Nancy Allard, infirmière auxiliaire, soutien à domicile. Après quatre années d'expérience, les résultats sont particulièrement éloquents. En effet, le nombre de clients suivis uniquement par les infirmières auxiliaires sous la supervision de l'infirmière clinicienne assistante infirmière-chef a subi une hausse impressionnante passant de 150 en septembre 2005 à 875 à ce jour. Le nombre d'interventions a aussi connu un accroissement fulgurant, passant de 6509 en 2005-2006 à 22 526 en 2008-2009. Devant cette amélioration manifeste de l'accès aux soins et aux services pour la clientèle, l'Agence de la santé et des services sociaux des Laurentides a confié au CSSS de Saint-Jérôme le mandat de concevoir un programme régional d'intégration des infirmières auxiliaires en soins à domicile sur tout son territoire.

Mauricie/Centre-du-Québec

L'infirmière pivot dans l'implantation d'une clinique interdisciplinaire en musculo-squelettique

Geneviève Cormier
Marie-Andrée Labbé
Pierrette Langlois

Pour contrer une grave pénurie d'orthopédistes, le Centre de santé et de services sociaux d'Arthabaska-et-de-l'Érable (CSSSAE), soucieux d'offrir un bon service à ses 90 984 habitants, répartis dans 34 municipalités, a implanté, sous l'impulsion des orthopédistes, une clinique interdisciplinaire dans le but d'orienter le client vers le bon professionnel et de favoriser l'accès aux services orthopédiques au moment opportun, et ce, dans un délai raisonnable. C'est alors que le CSSSAE s'est adjoint les services de Geneviève Cormier, infirmière pivot, Marie-Andrée Labbé, infirmière pivot et Pierrette Langlois, coordonnatrice des services ambulatoires, dans l'implantation d'une clinique interdisciplinaire en musculo-squelettique pour une prise en charge des patients. L'infirmière pivot reçoit les demandes et fait le triage en respectant les critères fournis par les orthopédistes, évalue les patients en utilisant une base de données (modèle McGill), et établit avec l'équipe interdisciplinaire (composée de deux physiothérapeutes, d'une ergothérapeute, d'une psychologue, d'une nutritionniste et d'une technicienne en réadaptation physique) un plan de traitement interprofessionnel en faisant preuve d'un grand jugement clinique. Grâce à la base de données très précises que tous les professionnels peuvent consulter, l'infirmière pivot est au cœur de la clinique musculo-squelettique et elle est celle qui inspire confiance, autant aux clients qu'aux professionnels. La prise en charge optimale des patients dans l'implantation de cette clinique a démontré un haut taux de satisfaction de la clientèle ainsi qu'une amélioration de sa qualité de vie, et a tout naturellement conduit à un taux de consultation en orthopédie de 100 % qu'il était au 4 juin 2007, à un taux de 57 % au 1er avril 2008. De plus, ce taux est maintenant passé à 21 % depuis juin 2008. C'est dire qu'avant l'implantation de la clinique, tous les gens référés en orthopédie étaient vus par l'orthopédiste, même si le problème du client aurait pu être pris en charge par un autre intervenant (exemple : un physiothérapeute). Alors que maintenant, seulement 21% des cas référés à la clinique sont dirigés vers l'orthopédiste.  Auparavant, le délai moyen d'attente pour une consultation en orthopédie était de 400 jours. Ce délai est six fois moins élevé maintenant, et il est encore possible d'améliorer l'accessibilité du service. Ces différents résultats indiquent que l'infirmière pivot dans la clinique interdisciplinaire permet une approche coordonnée et constitue une solution recommandable pour améliorer le continuum de soins en orthopédie.

Montérégie

Programme de suivi post-dilatation ou pontage

Nathalie Duranleau

Grâce à ce programme, conçu par Nathalie Duranleau, infirmière clinicienne en médecine interne au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Haute-Yamaska, les clients ayant subi une intervention en cardiologie (pontage ou dilatation) peuvent désormais retourner à la maison et bénéficier d'un suivi dans un délai raisonnable lorsqu'ils reçoivent leur congé du centre hospitalier où s'est déroulée l'intervention. Ce suivi leur évite de poursuivre leur hospitalisation dans un établissement du CSSS de la Haute-Yamaska. Si l'état de santé du client l'exige, l'infirmière clinicienne effectue désormais un suivi dans un délai maximum de deux semaines, et ce, à la fois auprès du client et de sa famille. Elle met ainsi pleinement à contribution ses connaissances en évaluation de la clientèle, en prévention de la maladie, en dépistage des facteurs de risque et en enseignement pour rassurer les clients et les aider à prendre leur santé en main. Cette initiative, unique en son genre en Montérégie, favorise la prestation de soins de qualité  à l'intention de cette clientèle. Depuis juillet 2007, l'infirmière a vu près de 275 clients et son programme a permis de libérer 33 lits et d'éviter de nombreuses consultations à l'urgence, contribuant ainsi au désengorgement des salles d'urgence. Le programme a connu des résultats si probants qu'il a été adapté à la clientèle atteinte d'ostéoporose.

Montréal/Laval

Santé mentale et personnes âgées : s'outiller pour intervenir ensemble

Sylvia Leblanc
Gisèle Leroux
Suzanne Malo
Carole Roux

Comment des infirmières non spécialisées peuvent-elles répondre adéquatement aux besoins d'une clientèle de personnes âgées qui présentent de plus en plus souvent des problèmes de santé mentale? Voilà le problème sur lequel une équipe du Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance s'est penchée. Le résultat : une boîte à outils offrant aux infirmières des moyens concrets pour aider cette clientèle. Ce document a été conçu par Sylvia Leblanc, infirmière, chef d'unité de vie, Centre d'hébergement Émilie-Gamelin, Gisèle Leroux, infirmière, conseillère cadre à la Direction des soins infirmiers, Suzanne Malo, psychologue, Centre d'hébergement du Centre-Ville-de-Montréal et Centre d'hébergement Ernest-Routhier, et Carole Roux, psychologue, conseillère cadre spécialisée en psychologie, Centre d'hébergement du Centre-Ville-de-Montréal. La boîte à outils qu'elles ont conçue couvre en dix chapitres les problématiques psychiatriques courantes dans les centres d'hébergement. Rédigé dans un style convivial et pragmatique, il regroupe des données scientifiquement ou cliniquement éprouvées et propose une démarche systématique d'analyse de problèmes assortie d'instructions d'utilisation et de normes propres aux personnes âgées. Il s'adresse aux infirmières, préposés aux bénéficiaires, intervenants psychosociaux ou de réadaptation et gestionnaires. Il facilite désormais la préparation des plans thérapeutiques et des plans d'intervention interdisciplinaire pour la clientèle âgée. Apprécié bien au-delà du CSSS Jeanne-Mance, il a fait l'objet de multiples demandes des secteurs de la santé et des services sociaux publics et communautaires.

Outaouais

Lexique français-anglais pour la pratique en soins infirmiers

Suzanne Larochelle

Conçu à l'origine par l'infirmière enseignante en soins infirmiers, Suzanne Larochelle, comme un outil pédagogique  pour un nouveau cours de français langue seconde spécialisé en soins infirmiers, offert  au Heritage College de Gatineau, le « Lexique français-anglais pour la pratique en soins infirmiers » répond à un besoin important de communication dans les milieux de soins à proximité de la frontière ontarienne, où la population de l'Outaouais québécois parle ou le français, ou l'anglais. Il s'avère pour les infirmières et infirmiers un lexique pratique et facile à consulter, pour mieux comprendre les besoins de leurs patients, qu'ils s'expriment en français ou en anglais, afin de leur donner les soins appropriés, en temps opportun. Ce lexique a été reconnu par l'Association des enseignantes et enseignants en soins infirmiers des collèges du Québec. Le Centre collégial de développement de matériel didactique, géré par le Collège de Maisonneuve, a également accepté le lexique à titre de ressource pédagogique de niveau collégial.

Québec

Programme d'auto-administration à domicile de produits dérivés du plasma sanguin

Monique Livernoche
Denise Laliberté
Nathalie Boissonneault
Dr Rémi Gagnon
Stéphane Giguère

Grâce à l'engagement de Monique Livernoche, infirmière, Consultations externes du Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL), Denise Laliberté, infirmière clinicienne spécialisée en chirurgie, et Nathalie Boissonneault, infirmière chargée de sécurité transfusionnelle, toutes deux du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), qui ont conçu ce projet en collaboration avec le Dr Rémi Gagnon, chef du service d'immunologie, et de Stéphane Giguère, chef d'unité, Consultations externes, également du CHUL, le CHUQ est devenu le premier centre hospitalier à mettre sur pied le programme de remplacement des immunoglobulines par voie sous-cutanée et de l'inhibiteur de la C1 estérase par voie intraveineuse à domicile. Ce programme s'adresse aux adultes et aux enfants qui ont besoin d'un traitement de substitution des anticorps lgG en raison d'un déficit immunitaire primaire ou secondaire. Il consiste à s'auto-administrer à domicile des doses de gammaglobulines humaines par injection sous-cutanée. Dans la réussite d'un tel défi, la participation des infirmières est essentielle pour coordonner le cheminement clinique des patients et planifier les activités d'enseignement qui leur sont destinées. Ce programme permet d'accroître l'accès à ce traitement pour les patients qui habitent en région éloignée, de réduire le nombre de déplacements à l'hôpital et de diminuer l'absentéisme pour le patient ou ses proches.

Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec

Un outil pour appuyer les infirmières qui traitent des clients atteints de dystrophie myotonique de type 1

Nadine Leclerc
Mélissa Lavoie
Aline Larouche
Nancy Bouchard
Carmen Tremblay
Charlotte Côté
Maud-Christine Chouinard
Cynthia Gagnon
Jean Mathieu

Un outil infirmier novateur de gestion de la santé des clients aux prises avec la dystrophie myotonique de type 1 (DM1) a été développé par une équipe de la Clinique des maladies neuromusculaires de Jonquière composée de Nadine Leclerc, Mélissa Lavoie, Aline Larouche et Nancy Bouchard, infirmières cliniciennes, Charlotte Côté et Carmen Tremblay, infirmières retraitées, Maud-Christine Chouinard, infirmière, professeure en sciences infirmières à l'Université du Québec à Chicoutimi et chercheuse, Cynthia Gagnon, ergothérapeute, professeure associée en réadaptation à l'Université de Sherbrooke et chercheuse, ainsi que Jean Mathieu, neurologue, chercheur et directeur médical. L'outil de gestion de la santé (OGIS) a permis aux infirmières d'approfondir leur rôle et les a aidées à mieux répondre aux besoins des personnes atteintes de DM1, une maladie neuromusculaire dégénérative aux effets complexes et profonds. Outil de suivi de la clientèle à domicile, l'OGIS est un questionnaire systématique qui permet de faire une évaluation complète de la santé du client et de déterminer s'il doit être dirigé vers un autre professionnel de la clinique ou vers une ressource communautaire externe, ou encore si une intervention autonome de l'infirmière est indiquée. L'outil permet donc une meilleure coordination clinique et une gestion de cas plus efficace. Il connaît des résultats probants en matière d'organisation des services, de qualité des soins, de satisfaction des clients et crée un sentiment de compétence chez les infirmières. Il suscite également beaucoup d'intérêt dans les autres cliniques du genre au Québec.