Récipiendaires 2012

Grand prix

Montréal/Laval

Un centre qui mise sur la prévention pour la clientèle qui n’a pas accès à un médecin de famille

Les infirmières Madeleine Breton, Anne-Marie Denault et Belinda Hall ont mis sur pied au Centre de santé et de services sociaux du Sud-Ouest - Verdun un centre de prévention clinique, qui mise sur l’expertise infirmière et favorise l’accès à des services préventifs aux adultes âgés de 18 à 60 ans, inscrits au Guichet d’accès pour la clientèle sans médecin de famille, n’ayant pas de diagnostic médical ou de symptômes récurrents nécessitant un suivi médical régulier.

Ainsi, le patient reçoit par la poste un questionnaire d’évaluation de la santé et les documents requis pour passer différents tests, au besoin. Il rencontre ensuite l’infirmière clinicienne pour un bilan de santé préventif, incluant un examen physique, une évaluation et un « counseling » en lien avec les habitudes de vie, une mise à jour de la vaccination et un dépistage de certains facteurs de risques ou de certaines maladies. Au besoin, l’infirmière le dirige vers des ressources externes ou vers l’infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne. Cette dernière procède à une évaluation approfondie, puis elle émet des impressions diagnostiques lorsqu’il s’agit de conditions bénignes. Au besoin, elle dirige le patient vers le médecin répondant du centre de prévention clinique.

Jusqu’ici, plus de 250 personnes ont bénéficié des services de ce centre. Dans le cadre d’un sondage, 89 % des répondants ont indiqué qu’ils le recommanderaient à leur entourage.

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De gauche à droite : Gyslaine Desrosiers, présidente sortante de l'OIIQ, Jean Rodrigue, sous-ministre adjoint au MSSS, équipe de Montréal/Laval, récipiendaire du prix, et Yann Jodoin, vice-président, Produits particuliers, de la Banque Nationale.

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Récipiendaires régionaux

Abitibi-Témiscamingue

La gestion des cas complexes : de la théorie à la pratique

Amélie Mercier, B. Sc. inf., infirmière gestionnaire des cas complexes (IGCC) au Centre de santé et de services sociaux Les Eskers de l'Abitibi, a innové en repérant, grâce à trois bases de données, les quelque 6 % de patients qui consomment près de 25 % des services de l'urgence, puis en prenant leur dossier en charge dans le but d'amener cette clientèle « chroniquement malade » à se sentir « chroniquement bien ». L'IGCC évalue les souffrances de ces clients, qu'elles soient de nature physique, psychologique ou sociale, puis intervient directement auprès d'eux ou encore sert d'intermédiaire auprès d'autres professionnels de la santé. Elle brise donc le travail traditionnel en silos des soignants afin de développer des alliances et de créer une approche individualisée des traitements. Ce projet, qui a des impacts cliniques et administratifs, implique différents professionnels de la santé, les clients, la direction de l'organisation ainsi que certaines ressources externes. Jusqu'ici, l'IGCC est bien reçue par le milieu. Quelques mois après le début du projet, une quarantaine de personnes avaient bénéficié de ses services. Les médecins de famille et les infirmières de l'urgence notaient déjà une baisse significative des visites imprévues ou non pertinentes chez certains grands consommateurs.

Bas Saint-Laurent/Gaspésie – Îles-de-la-Madelaine

Les « mémos animés », un outil branché de partage des connaissances des infirmières

Face à l'accélération de l'évolution scientifique et technique et de la masse d'information qui en découle, une équipe d'infirmières du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Baie-des-Chaleurs a transformé les notes de service affichées au babillard en « mémos animés », soit des vidéos de quatre minutes qui illustrent la pratique de soins de santé. Disponibles sur l'intranet et sur l'extranet, ces vidéos misent sur le savoir des infirmières et sur l'apprentissage par modelage pour offrir des services de la plus haute qualité. Ils illustrent l'apprentissage directement dans le milieu de travail, permettant un meilleur transfert des connaissances pratiques. Une douzaine de « mémos animés » ont été réalisés jusqu'ici, avec la participation de huit secteurs de soins différents. Des outils visuels semblables ont aussi été développés pour l'enseignement aux patients. À ce jour, les « mémos animés » ont généré une moyenne de 350 clics par mois sur l'intranet et ils ont notamment permis de diminuer de 30 % les erreurs dans la gestion des timbres de nitro dans les services d'hébergement. D'autres équipes utilisent maintenant ce concept pour communiquer leurs projets ou changements importants et la direction du CSSS étudie la possibilité de l'étendre à tous les programmes. Le projet a aussi suscité de l'intérêt à l'extérieur du CSSS de la Baie-des-Chaleurs.

Chaudière-Appalaches

Une base de connaissance qui assure l’uniformité des meilleures pratiques

Nancy Duperron, B. Sc. inf., conseillère clinique et prévention des infections au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Beauce, et Pauline Rodrigue, conseillère en soins infirmiers, appuyées pour le secrétariat par Danye Nadeau, technicienne de direction, ont conçu une base de connaissances qui permet aux clients des 10 installations du CSSS de Beauce de recevoir le même service infirmier de haute qualité, basé sur les meilleures pratiques, peu importe l’endroit où ils se rendent. En effet, cette équipe a harmonisé la documentation relative aux pratiques infirmières et cliniques à la grandeur du CSSS, tout en rendant cette information disponible instantanément pour les infirmières sur tous les postes informatiques. Ce changement s’applique aussi aux protocoles infirmiers et aux ordonnances collectives. La base de connaissances a été enrichie par les commentaires des infirmières et de professionnels de la pharmacie, des ressources humaines, de la prévention des infections et du service de santé. Ce guichet unique d’information permet aussi de diminuer l’anxiété des jeunes infirmières face aux procédures complexes, surtout lorsqu’elles travaillent durant les périodes où les conseillères sont absentes. Son taux d’utilisation de cet outil est passé de 63 % en 2011 à 88 % en 2012. Il a suscité beaucoup d’intérêt dans d’autres secteurs du CSSS. Un outil semblable est d’ailleurs en développement dans le secteur administratif et dans celui des mesures d’urgence.

Côte-Nord

Implantation du suivi de grossesse conjoint infirmière-médecin à l'UMF Manicouagan : un nouveau modèle de collaboration interprofessionnelle

Face à une pénurie de médecins et à une augmentation de 30 % du nombre de grossesses dans leur région, Esther Cimon et Johanne Harrisson, infirmières cliniciennes à l'Unité de médecine familiale de Manicouagan, ont créé une approche de suivi de grossesse conjoint infirmières-médecins, de sorte que les services de périnatalité ont pu être maintenus et même améliorés. Après avoir créé un comité de travail infirmières-médecins, les infirmières ont développé leurs compétences en matière de consultations de grossesse, les rôles et tâches des membres de l'équipe ont été définis et un cadre de supervision clinique a été développé. Cinq des 13 visites de suivi de grossesse ont alors été déléguées aux infirmières. L'équipe a aussi ajouté un contact téléphonique au début de la grossesse afin de pouvoir dépister des situations à risque, et la possibilité de rejoindre les infirmières en tout temps par téléphone pour recevoir des conseils personnalisés. Dans le cadre de cette collaboration interprofessionnelle, les infirmières ont pu réaliser pas moins de 400 consultations auprès de 80 femmes depuis février 2011. Les participantes à un sondage ont souligné le lien de confiance et l'accès plus facile à une professionnelle de la santé compétente. Les infirmières cliniciennes, de leur côté, ont apprécié l'élargissement de leur champ de compétence et leur plus grande autonomie professionnelle, tandis que les médecins peuvent notamment effectuer un plus grand nombre de suivis de grossesse.

Estrie

Travaillons ensemble | Un coffre à outils qui améliore la collaboration interprofessionnelle

La collaboration interprofessionnelle est devenue impérative dans le milieu de la santé pour soigner les patients et enrichir la pratique, mais elle exige une adaptation et de nouvelles compétences. Une équipe d'infirmières de l'Université de Sherbrooke et du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Val‑Saint‑François, en collaboration avec des intervenants en éducation, en recherche et en psychologie, a donc créé un DVD, un guide d'accompagnement, un guide du tuteur et une carte conceptuelle d'enseignement à l'intention des étudiants en sciences de la santé et des intervenants de toutes les disciplines cliniques. L'objectif est de faire en sorte que le meilleur professionnel se trouve au meilleur endroit, au bon moment et avec la bonne contribution. Le DVD est utilisé au Québec et en Ontario et dans les provinces de l'Atlantique pour la formation de nombreux étudiants du 1er cycle en sciences infirmières, en physiothérapie et en ergothérapie, et au 2e cycle en médecine et en service social. Cet enseignement unique en son genre a notamment permis de réduire de dix le nombre de jours d'hospitalisation pour des patients ayant subi un traumatisme cranio-cérébral modéré et sévère, soit une économie d'environ 10 000 $ par patient, en plus d'aider les gens atteints à mieux se réapproprier leurs comportements de santé. Le coffre à outils a aussi été présenté à Stockholm, en Suède, où il a suscité beaucoup d'intérêt de la part de formateurs et de cliniciens.

Laurentides/Lanaudière

Un guichet pour des pratiques exemplaires en soins infirmiers : LE PORTAIL-DSI

Dans un contexte de changement, le transfert des connaissances est un enjeu important pour la qualité des soins aux patients.

Une équipe d'infirmières avec la technicienne en administration de la Direction des soins infirmiers et de la qualité du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Lac‑des‑Deux‑Montagnes ont donc développé le Portail‑DSI, un guichet unique virtuel d'information qui offre aux infirmières de la documentation à jour concernant les techniques de soins infirmiers, les ordonnances collectives, les protocoles, les analyses de laboratoire, la pharmacologie, la formation, les politiques et procédures, les programmes et les règles applicables en soins infirmiers.

Grâce à ce portail, lors de l'analyse de situations cliniques, la direction des soins infirmiers peut identifier plus facilement les écarts de pratique et les corriger rapidement. Cet outil a également contribué à la diminution de la morbidité et de la mortalité associées aux pratiques cliniques, ainsi qu'à la baisse du nombre d'incidents et accidents et de dossiers traités par le commissaire aux plaintes et à la qualité relativement aux soins et services. Il contribue aussi à la rétention du personnel et à une plus grande satisfaction de la clientèle.

Des outils semblables ont été créés pour les équipes de prévention des infections et un portail-qualité verra le jour sous peu. D'autres organisations ont d'ailleurs demandé le soutien de cette équipe pour la mise en place d'un portail semblable.

Un portail pour diminuer les erreurs, L'Écho de Saint-Eustache, 1er août 2012

Mauricie et Centre-du-Québec

Prévenir les problèmes de santé liés à l’obésité morbide

Manon Bélanger, B. Sc. inf., infirmière, et Michel Bahl, infirmier, au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Drummond, ont mis sur pied une clinique de chirurgie bariatrique (CCB) qui contribue à prévenir les problèmes de santé liés à l’obésité morbide. Les infirmières Lucie Bibeau et Sylvie Michaud participent au projet. Cette innovation a vu le jour grâce au déploiement d’une ordonnance collective favorisant l’autonomie de l’infirmière. Elle vise la standardisation des soins aux patients en matière de gestion du poids, la prévention de la maladie et le suivi de la clientèle qui nécessite une chirurgie bariatrique. L’infirmière se démarque dans ce projet par sa contribution à la prévention de la maladie et au suivi de la clientèle. Une ordonnance collective lui procure également plus d’autonomie. En effet, l’ajustement postopératoire initial de l’anneau gastrique doit être fait par le chirurgien. L’infirmière prend ensuite le relais auprès du patient. L’usager est donc revu aux quatre à six semaines par cette dernière pour son suivi. Depuis mai 2009, 289 nouvelles chirurgies ont été effectuées et les commentaires des usagers sont des plus positifs. La CCB a permis aux infirmières de réaliser 4 094 rencontres de suivi individuel et 2 356 ajustements d’anneaux gastriques, contribuant à rehausser la santé de sa clientèle.

Montérégie

Accompagner les parents après un deuil périnatal

Une équipe de quatre infirmières et une intervenante sociale du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Vaudreuil-Soulanges a mis sur pied le Programme de deuil périnatal complet en soins de première ligne, offrant ainsi aux parents ayant perdu un enfant un accompagnement soutenu qui contribue à briser leur isolement. Cette prise en charge des personnes endeuillées est essentielle si l’on considère qu’au pays, une grossesse sur quatre se termine par une perte périnatale, une situation fréquente mais trop souvent banalisée. En effet, les recherches démontrent que ce deuil complexe agit sur la santé physique et mentale des familles à court, moyen et long terme. Les infirmières offrent donc aux parents écoute, rencontres individuelles ou de groupe, documentation et suivi de tous les instants. Une infirmière a également développé à l’intention des intervenants une boîte à outils en deuil périnatal, un document de référence complet et pratique sur CD. Une formation de sept heures est également offerte chaque printemps aux intervenants de différentes régions du Québec. Soulignons que ce programme, fort apprécié par les participants, a été reconnu comme une pratique exemplaire par Agrément Canada. Il est désormais mis en place dans plusieurs régions du Québec.

Québec

Une approche de suivi de grossesse novatrice permet de doubler l'offre de service en périnatalité

Nicole Beaudin et Christiane Roy, infirmières cliniciennes de l'Unité de médecine familiale - Groupe de médecine de famille Maizerets du CSSS de Québec-Nord ont mis sur pied une approche de suivi de grossesse qui a permis de doubler l’offre de service en périnatalité au cours de l'année 2011. Devant l’impossibilité pour l’équipe médicale en place de répondre à toutes les demandes de suivis de grossesses de la région, les infirmières cliniciennes ont conçu un canevas pour la collecte initiale de données, qui leur permet d’établir les besoins de la femme enceinte et les facteurs de risque dès le premier contact. Le questionnaire sert ensuite à faire le lien avec le médecin qui prend le relais du suivi. L’équipe interdisciplinaire infirmières - IPSPL - médecins partage ses connaissances et pratique le mentorat. Les infirmières ont instauré quatre demi-journées par semaine de services infirmiers en périnatalité. Au moins un médecin de l’équipe obstétricale est sur place à chacune de ces plages horaires pour intervenir au besoin. Selon ce modèle de fonctionnement, l’infirmière procède à l’évaluation complète de la grossesse pour les femmes sans facteur de risque, peu importe le nombre de semaines de grossesse atteint. Elle voit les patientes à raison de quatre à cinq visites au cours de leur grossesse selon un horaire préétabli par le médecin traitant dès la réception de la demande de suivi. Ce projet a notamment permis aux infirmières de répondre, au cours de l'année 2011, à 290 nouvelles demandes de suivi de grossesse auprès de l’équipe d’obstétrique. Environ 40 % de ces cas était constitué d’une clientèle ne possédant pas de médecin ou dont le médecin ne faisait pas de suivi de grossesse. En 2011, les infirmières ont fait un total de 525 visites de suivi de grossesse, comparativement à 292 en 2010, soit une augmentation de 56 %.

Des infirmières cliniciennes de Québec honorées, Beauport Express, 5 octobre 2012

Saguenay–Lac-Saint-Jean/Nord-du-Québec

Regrouper les OC pour mieux soigner la clientèle

Une équipe d'infirmières a initié la mise en commun d'ordonnances collectives (OC) pour les services de première ligne de trois centres de santé et de services sociaux (CSSS) du Saguenay, et recommandé leur mode de fonctionnement sur la collaboration entre les médecins, infirmières, pharmaciens d'hôpitaux et communautaires. L'équipe est composée de Isabelle Harvey, Antoinette Houde et Myriam Lapointe. Les OC sélectionnées pour le regroupement font l'objet d'un rigoureux processus de validation, d'approbation et de diffusion qui implique différents intervenants des trois CSSS. Jusqu'ici, cinq OC sont en vigueur, quatre sont en cours d'approbation et trois en cours d'élaboration. Les avantages du partage des OC sont tangibles. D'une part, le plus grand nombre d'OC en circulation constitue une solution au manque de ressources médicales, contribue à rendre les soins plus accessibles et à assurer un meilleur suivi de la clientèle. D'autre part, le projet a resserré les liens entre les infirmières, les médecins et les pharmaciens, en plus de faciliter le travail des professionnels qui se déplacent d'un établissement à l'autre. Cette innovation a suscité beaucoup d'enthousiasme dans la région, si bien qu'un sous-comité régional Ordonnances collectives a vu le jour pour étudier la possibilité d'étendre encore davantage le regroupement des OC pour inclure notamment les établissements du Lac Saint‑Jean.