Insigne du mérite 1985

Claire Perreault

Sœur Claire Perreault Grande humaniste

Par Nicole Rodrigue

Sœur Claire Perreault
Sœur Claire Perreault

1985 aura été une année de faste, d'honneur et de fête pour sœur Claire Perreault, récipiendaire de l'Insigne du mérite de l'Ordre remis lors de la 65e assemblée générale annuelle.

Petit bout de femme dévouée à « la profession par excellence, universelle », comme elle dit, sœur Claire Perreault, directrice générale du centre hospitalier Hôtel-Dieu d'Arthabaska, devenait, en octobre dernier, Membre de l'Ordre du Canada. Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, d'heureux anniversaires pointent aussi partout dans sa vie : le 350e anniversaire de la fondation des Religieuses hospitalières de Saint-Joseph, « sa » communauté née de Jeanne Mance, fondatrice de l'Hôtel-Dieu de Montréal; important lendemain également du Centenaire du petit hôpital de province d'Arthabaska, qui, dès 1967, allait devenir entre les mains de sœur Claire le centre hospitalier de la région des Bois-Francs.

Nursing Québec a voulu rencontrer cette religieuse qui n'a cessé de placer le malade « au centre de sa vie », comme le soulignait une de ses compatriotes de la région au cours de la cérémonie de la remise.

De professeure à gestionnaire

Née à Warwick, en 1923, Claire Perreault prend le voile pour se destiner d'abord à l'enseignement. Rapidement, elle lorgne du côté des sciences infirmières puisqu'elle ajoute à son diplôme d'infirmière son baccalauréat en services infirmiers. C'est la grande félicité durant plus de dix ans pour celle qui travaille à former les personnes qui seront « les plus près du malade », les infirmières.

Et puis vient le grand « arrachement », aussi difficile que d'entrer au couvent, précise-t-elle. « Ma communauté m'invite à changer de cap : il faut dorénavant -le contexte l'exige - des gestionnaires chevronnés pour assumer la gestion des centres hospitaliers. » Et sœur Claire sera de ceux-là dès 1962, au moment où elle obtient sa maîtrise en administration hospitalière. « Aujourd'hui, je crois que le Québec ne compte plus que deux religieuses directrices générales de centres hospitaliers de courte durée, sur un total de 250 postes; nous sommes devenues une denrée rare », dit-elle en toute simplicité.

L'humanisation des soins

Après 35 ans consacrés aux soins hospitaliers, sœur Claire affiche toujours tout haut son attachement au rôle de l'infirmière. « D'ailleurs, remarque-t-elle, je suis convaincue que ma formation d'infirmière m'a permis d'être une meilleure administratrice et de bâtir un centre hospitalier respectueux de « nos seigneurs, les malades », capable d'offrir des services nombreux et de qualité. »

« Ce dont je suis particulièrement fière, outre ces reconnaissances officielles d'avoir rempli ma mission religieuse hospitalière dévouée aux malades, donc d'avoir fait avancer la cause des malades, c'est d'avoir mis en place des structures administratives personnalisées et d'avoir réussi avec une équipe à bâtir un plan d'humanisation des soins. » Cette humanisation implique, selon sœur Claire, que les infirmières soient suffisamment dégagées des techniques pour que les malades se sentent à l'aise et qu'ils bénéficient de soins de qualité.

« C'est bien davantage un ensemble de petits gestes d'attention et d'amour qu'une technique de soins dont le malade a besoin », maintient la directrice générale. D'ailleurs, le Centre Marie Pagé, première petite unité de soins palliatifs pour cancéreux en phase terminale de la région qu'elle a créée il y a deux ans, témoigne de cette écoute attentive des malades et de leurs familles.

Quels sont ses projets? Poursuivre tout simplement dans le respect de sa mission, relever le grand défi de la concertation, seule voie d'avenir des gestionnaires dans le réseau des affaires sociales, et continuer d'adapter les ressources aux besoins des malades. Sœur Claire, qu'on qualifie chez elle de « bout de dynamite » et qui connaît le nom de tout son petit monde (pensez donc, 1000 personnes!) veut maintenant développer les relations interpersonnelles, se rapprocher des familles et travailler au dossier des services de maintien à domicile. De grands projets à sa hauteur!