Insigne du mérite 1990

Marie-France Thibaudeau

Marie-France Thibaudeau
Marie-France
Thibaudeau

 

« Une infirmière mère ne peut s'impliquer à fond dans sa profession et les services de santé sans que quelqu'un fasse le taxi, la gardienne, le marché et le spaghetti! », s'exclamait Marie-France Thibaudeau en recevant l'Insigne du mérite de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec le 6 novembre dernier. Monsieur l'époux a dû en faire, du taxi et des spaghettis, si l'on se fie au curriculum vitae de Mme Thibaudeau.

Après un baccalauréat en nursing obtenu à l'Université McGill et une maîtrise en sciences nursing de l'Université de Yale aux États-Unis, sa carrière se déroule à un rythme impressionnant. Ne dit-on pas d'elle que c'est une des personnalités qui aura le plus marqué l'évolution des sciences infirmières de cette fin de siècle, tant sur la scène internationale que chez nous?

Elle vante les mérites des infirmières à toutes les tables où elle siège. Et Dieu sait si elle est sollicitée! Elle travaille sans relâche avec énergie, détermination et sérénité, mais une fois la mission accomplie, elle se retire. Elle ne recherche surtout pas les honneurs », écrivait une infirmière dans sa lettre d'appui à la candidature de Marie-France Thibaudeau. Ce que confirmait en quelque sorte la récipiendaire dans ses remerciements : « C'est avec beaucoup d'émotion et d'humilité que je reçois aujourd'hui ce que je considère être l'hommage le plus significatif et le plus gratifiant qu'une infirmière puisse recevoir au Québec. Mais ce mérite, il ne m'appartient pas. Je le partage avec mes collègues de la faculté des sciences infirmières de l'université, avec mes collègues d'autres universités et de cégeps, mes collègues d'hôpitaux et de CLSC de la région de Montréal et d'ailleurs en province. Très longue est la liste de personnes qui m'ont aidée. Je ne puis toutes les nommer. »

Pourtant, très longue est aussi la liste des personnes qu'elle a aidées, directement ou indirectement. Mais surtout, toutes les infirmières qui l'ont côtoyée savent à quel point elle a contribué à valoriser la profession de diverses façons. Elle est un leader incontesté sur les scènes nationale et internationale autant sur le plan de la conception des programmes d'enseignement de niveau universitaire que sur le plan des soins de santé primaires... Là ne s'arrête pas son courage, affirme l'Association canadienne des écoles universitaires de nursing, puisqu'elle travaille présentement à établir un programme de troisième cycle en collaboration avec ses collègues de l'Université McGill.

Mais Marie-France Thibaudeau ne se contente pas de théorie. Elle anime des cours, des comités et des séminaires qui permettent aux infirmières en perfectionnement professionnel d'approfondir une démarche scientifique.

Là ne s'arrête pas encore l'énergie de Marie-France Thibaudeau. En recherche, elle est membre de plusieurs comités. Elle a également publié deux livres en plus d’un nombre impressionnant de textes, des projets de recherches et subventions, d'articles et des chapitres de livres.

En 1970, elle participait à la fondation du Centre de santé mentale où elle a été très active comme consultante auprès de l'équipe jusqu'en 1975. Elle est toujours présente aux activités administratives de la « Communauté et santé mentale (CO-SAME) inc. »

On la retrouve souvent à l'étranger, notamment au Portugal, où elle participe au développement des soins infirmiers aux familles dans les centres de santé de ce pays. Partout où elle passe, ses activités sont marquées par une très grande générosité, une sensibilité et une empathie marquée pour les autres.

C'est pour souligner la contribution exceptionnelle et remarquable de Marie-France Thibodeau au sein de la profession d'infirmière et du système de santé québécois que le Conseil interprofessionnel de Québec a décidé, lui aussi, de la récompenser cette année en lui remettant le prix annuel qu'il décerne à une personne dont les mérites sont reconnus par la corporation professionnelle à laquelle elle appartient. Ce qui explique sans doute pourquoi la grande infirmière était doublement émue ce jour-là!