Insigne du mérite 1992

Julienne Provost

Julienne Provost
Julienne Provost

L'Insigne du mérite est la plus haute reconnaissance de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Celle qui le reçoit est gratifiée d'un bijou qui reproduit le logo de l'Ordre. On dit de la récipiendaire de cette année, Julienne Provost, qu'elle est une éducatrice hors pair. Elle en a fait la preuve en choisissant, pour exprimer sa gratitude, de rappeler aux infirmières la signification de leur logo : « D'abord, l'infirmière au centre, au cœur du processus. Puis, les quatre arcs de cercle qui sont ouverts vers l'extérieur, soit l'ouverture d'esprit sur les quatre coins du monde. »

Mme Provost a démontré une ouverture sur les quatre coins du monde, puisqu'elle a enseigné à des infirmières étrangères aussi bien que québécoises. Elle sait amener graduellement les étudiantes de cultures étrangères aux normes établies dans nos programmes tout en respectant leurs valeurs et en leur permettant de réaliser des projets utiles à leur pays.

Elles sont des milliers à multiplier le savoir qu'elles ont reçu de cette formatrice capable de faire évoluer la pensée de chacune. C'est une constante qu'on retrouve dans la plupart des lettres d'appui à la candidature de Mme Provost, exprimée en des termes révélateurs de l'admiration qu'on lui porte : « …Un professeur qui amène les étudiantes à penser, à douter, à remettre en question des "vérités" sans fondement. »
 
II faut dire que Mme Provost est celle qui a mis sur pied l'orientation « éducation en sciences infirmières » du programme de maitrise en nursing a la Faculté des sciences infirmières de l'Université de Montréal, alors que tout était à construire. C'était l'époque des pionnières. Avec ses collègues, elle a su donner Ie ton et créer un climat propice aux études supérieures.

On dit Mme Provost exigeante pour les autres comme pour elle-même, au point que les étudiantes la craignaient un peu. C'est sans doute la vérité, si l'on se fie au sourire qu'elle a esquisse lorsque David Paulhus, président de la Corporation des infirmières et infirmiers de la région de Montréal, y a fait allusion. Une qualité que les étudiantes étaient cependant en mesure d'apprécier à la fin de leurs études, une fois l'épreuve de la rédaction du mémoire terminée, rappelle une autre lettre d'appui.

Entre le moment ou elle a décroché son diplôme d'infirmière de l'Hôpital Saint-Luc, en 1950, et Ie moment ou elle est devenue l'enseignante qu'on aime, qu'on respecte et qu'on craint tout à la fois, Mme Provost en a fait du chemin. Il lui aura fallu courage et détermination pour poursuivre ses études, en anglais, à l'Université McGill ou elle a obtenu une maitrise en 1970, en plus de suivre d'autres cours et de participer à divers colloques au Canada et aux États-Unis afin de toujours se tenir à la fine pointe de sa profession.

Parallèlement, elle a été tour à tour infirmière soignante à l'hôpital Notre-Dame, enseignante en sciences biologiques et nursing a l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, professeure à l'Université de Montréal, enseignante au baccalauréat et à la maîtrise. Elle a également supervisé des stages à la maîtrise et dirigé des mémoires. Une grande compétence à laquelle l'Association canadienne des écoles universitaires de nursing a eu recours dans le cadre de I'agrément des écoles universitaires offrant un programme de baccalauréat au Canada.

Étroite collaboratrice de Nursing Papers/Perspectives en nursing, Julienne Provost est reconnue pour la qualité de sa langue écrite. Sa connaissance approfondie du français a permis de constamment nuancer et préciser l'expression de la réflexion collective à la Faculté des sciences infirmières, tout autant que ses nombreuses publications ont pu le faire au fil des ans. Malgré ce vaste savoir que ses pairs lui reconnaissent, Mme Provost soutient, quant a elle, en empruntant les mots à Jean Gabin : « Je sais qu'on ne sait jamais ».