MOT DE LA
PRÉSIDENTE

LA COMMUNICATION AU CŒUR DE LA PRATIQUE INFIRMIÈRE

Dans une société où les moyens de communication sont de plus en plus présents et développés, il semble pourtant de plus en plus difficile d’assurer une communication efficace dans nos établissements de santé. La transmission d’information joue un rôle de premier plan dans les trajectoires de services. Deux volets ont retenu mon attention lorsqu’on se penche sur la place qu’occupe le transfert d’information dans les soins infirmiers. Premièrement, la communication dans la pratique infirmière auprès de la clientèle et, en second lieu, lorsqu’elle s’applique dans le transfert des connaissances.

La pratique infirmière exige que les soins dispensés à notre clientèle s’effectuent en continuité pour assurer un maximum d’efficacité. Pour ce faire, la communication est un incontournable. À ce titre, le plan thérapeutique infirmier est un outil qui permet à l’infirmière de transmettre les consignes émanant de l’évaluation clinique du client. Chaque infirmière a la responsabilité et le devoir de s’assurer que toute l’information pertinente soit transmise au cours du cheminement d’un individu dans notre réseau de santé. Cette information doit être juste, précise et concise. Elle passe par les notes au dossier, la transmission des rapports verbaux, des rapports écrits, des notes de transfert d’un département à l’autre ou d’un établissement à un autre, etc. Pensons à l’épisode de soins dans la vie du client : comment est-il touché dans son intégrité physique, psychique et sociale ? Nous mettons souvent l’accent sur les données cliniques en soins physiques, mais qu’en est-il de l’aspect psychologique et social?  L’information que nous transmettons est à la fois descriptive et prescriptive. Pourquoi? Parce qu’elle induit une action à entreprendre ou un élément dont on doit se préoccuper.   À nous d’y réfléchir pour le faire le plus professionnellement possible.

L’autre aspect dont je veux traiter est la communication dans le transfert des connaissances. Comme infirmière, nous devons nous assurer que notre savoir expérientiel puisse se transmettre à la génération qui nous suit. Dans le tourbillon du travail quotidien, il est souvent difficile de transférer ce savoir tacite à notre jeune relève. Pourtant, il en va de la qualité des services que nous offrons et de la sécurité de nos clients.

Cette communication est essentielle dans une organisation apprenante. Chaque équipe de soins doit assurer la pérennité du savoir qui grandit et se développe dans leur pratique. C’est là que nous devons innover pour garantir cette transmission de connaissances. Plusieurs projets ont cet objectif. Citons en exemple : le mentorat, le préceptorat, les clips vidéo, etc. Aucune solution technologique ne répondra pour nous à ce besoin si, au départ, une personne humaine (une infirmière !) n’est pas présente.   C’est une question d’engagement et de volonté d’y arriver. Le défi nous appartient et c’est à nous de le relever.

Ginette Bernier
Présidente de l’ORIICA