MOT DE LA
PRÉSIDENTE

L’ESPACE DU MOMENT OÙ LE « JE » DEVIENT « NOUS »…

Ginette Bernier,
présidente de l’ORIICA

En novembre dernier, le congrès de l’OIIQ avait pour thème « Les personnes vulnérables, au cœur des enjeux éthiques ». De grands moments nous ont touchés au cours de ces journées, dont celui de la conférence du docteur Patrick Vinay. Sa présentation « La résonnance identitaire est au cœur des soins » m’a amenée à percevoir comment notre rôle, en tant que professionnelle, est au premier plan pour protéger cette identité unique qui fait la raison d’être de chacun de nos clients. Comme infirmière, je prends soin non seulement d’un individu, mais d’un être humain qui a une existence passée, présente, et un futur encore possible de réalisation.

Il faut être prudente et éviter de mettre à l’avant-plan les techniques et la haute technologie dans notre pratique. L’essence même de notre profession est le soin dans toute sa dimension humaine. Si, en tant qu’infirmières, nous ne nous soucions pas de cet élément, qui le fera? La souffrance ou la dépendance du client dans ces moments de besoins nous ouvre une porte pour créer un espace particulier de partage. Saurons-nous le saisir? Remettre en priorité le high care dans notre pratique, c’est promouvoir un soin professionnel, personnalisé et humain à notre clientèle. C’est aussi s’enrichir d’échanges et d’expériences particulières que les contacts privilégiés avec des personnes vulnérables nous permettent de vivre. Voir au-delà de l’apparence de la personne, du soin physique requis, c’est entrer dans une dimension où la communication sincère est possible. Lorsque la guérison du corps n’est plus possible, la guérison de l’être intime l’est encore. Je vous laisse sur une phrase du Dr Vinay qui s’applique à tous et en tout temps : « Une souffrance qui est dite peut commencer à guérir ».

Soyons donc, comme professionnelles infirmières, les initiatrices de cette guérison.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2011 et une vie professionnelle riche de sens et de valorisation.

Sincèrement,

Ginette Bernier, inf
M. Sc. Adm.