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volume 02 numéro 03
Été 2011

Le CyberJourn@l de l'ORIIML

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CLINIQUEMENT
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ÉVALUATION D’UNE « TROUSSE D’ENSEIGNEMENT À LA CLIENTÈLE POUR UNE GESTION OPTIMALE DE LA DOULEUR POSTOPÉRATOIRE AU RETOUR À DOMICILE »

Par : Audrey Gagnon, conseillère clinicienne en soins infirmiers, et Odette Roy, responsable et chercheuse au Centre d’excellence en soins infirmiers de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).

Une équipe d’infirmières du programme « clientèle de chirurgie de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont », sous la responsabilité d’Audrey Gagnon, conseillère clinicienne en soins infirmiers, et d’Odette Roy, responsable et chercheuse au Centre d’excellence en soins infirmiers, a développé une trousse d’enseignement présentant les meilleures interventions qui permettent un soulagement optimal de la douleur. Cette trousse est destinée aux personnes qui subissent une chirurgie ambulatoire, puis qui rentrent chez eux.

S’appuyant sur un cadre de référence de l’empowerment du patient en regard de sa capacité à bien gérer sa douleur postopératoire et sur des résultats de recherches qui montrent un lien entre l’enseignement de méthodes pour soulager la douleur et une meilleure autogestion de celle-ci en phase postopératoire, une trousse d’enseignement à l’intention du patient a été créée. Elle comprend un dépliant et une vidéo, et se veut un outil complémentaire à l’enseignement individuel de l’infirmière auprès de chaque patient. Le présent projet clinique concerne l’évaluation de cette trousse d’enseignement.

Une recension des écrits réalisée par Gagnon (2010), confirme la pertinence de poursuivre l’amélioration des interventions infirmières afin d’atteindre de meilleurs résultats pour les patients. Pour y arriver, Theobald & McMurray (2004) précisent l’importance de coordonner un enseignement complet et adéquat afin d’actualiser l’empowerment du patient/proche. Pour ces auteurs, l’empowerment représente une condition nécessaire pour que les personnes soignées prennent en charge leurs soins et bénéficient d’une récupération postopératoire optimale. Dans le même ordre d’idée, Hughes (2003), dans son article « Promoting independance : The Nurse as a coach », soutient que le « coaching infirmier » représente un moyen efficace pour améliorer l’expertise du patient à prendre en charge sa santé. Pour cet auteur, le développement de la capacité et des habiletés de responsabilisation a un impact indéniable sur les points suivants :

  • réduire la sévérité de ses symptômes;
  • diminuer significativement sa douleur;
  • chercher ses ressources internes et externes;
  • améliorer le contrôle sur sa vie et sur ses activités;
  • retrouver une meilleure qualité de vie.

Dans notre milieu, ce concept de responsabilisation de la personne soignée prend tout son sens, au moment où l’on assiste à une augmentation des chirurgies ambulatoires (chirurgie d’un jour). Ce phénomène nous ramène à l’importance des interventions infirmières visant un meilleur enseignement pour une prise en charge adéquate de la douleur postopératoire par la personne soignée, plus spécifiquement à son retour à domicile. Ceci est d’autant plus primordial, qu’il est reconnu qu’un soulagement inadéquat de la douleur aiguë est responsable de multiples complications qui, à leur tour, peuvent engendrer de l’anxiété, des angines, des infections et même des douleurs chroniques. Autant de conséquences qui font partie des causes du prolongement de la période de convalescence (Dunwoody, Krenzischek, Pasero, Rathmell et Polomano, 2008; Pasero et Belden, 2006).

Pour ces raisons, un dépliant, en tout point conforme aux meilleures pratiques, a été élaboré. Il a été validé par une équipe d’experts, d’infirmières et de médecins et traite des aspects suivants :

  • la définition de la douleur;
  • les fausses croyances en matière de soulagement de la douleur;
  • les conséquences d’une gestion de la douleur non optimale;
  • la présentation d’un outil d’évaluation de la douleur;
  • la prise des médicaments analgésiques;
  • les moyens pour mieux soulager la douleur;
  • les effets secondaires possibles des médicaments analgésiques les plus usuels;
  • les interventions non pharmacologiques à encourager;
  • ainsi que l’utilisation d’un journal de la douleur.

Cette trousse comprend aussi une vidéo qui aborde les mêmes points que ceux traités dans le dépliant, lesquels sont enrichis par des mises en situation et des témoignages de patients, d’une chirurgienne et d’une infirmière. Ces professionnels renforcent et appuient les renseignements issus du dépliant.

Le projet clinique poursuit l’objectif principal d’évaluer l’influence de la trousse d’enseignement, comme outil complémentaire à l’enseignement individuel fourni par l’infirmière, sur la capacité de la personne à gérer efficacement la douleur postopératoire à domicile et l’anxiété.

Ensuite, il poursuit les objectifs suivants :

  • améliorer le contenu de la trousse d’enseignement;
  • améliorer les interventions éducatives des infirmières de l’HMR auprès d’une clientèle adulte opérée en chirurgie ambulatoire.

Pour y arriver, la démarche suivante sera utilisée :

  • conception du questionnaire d’évaluation fondé sur l’empowement de la personne soignée à mieux contrôler la douleur au retour à son domicile ainsi que la gestion de l’anxiété générée par la situation de stress;
  • validation du questionnaire d’évaluation auprès d’au moins cinq patients;
  • sondage auprès de 50 patients ciblés une semaine après leur retour à domicile.

Les résultats attendus sont que l’enseignement individuel et la trousse d’enseignement diminuent l’anxiété du patient avant la chirurgie et permettent de mieux contrôler la douleur à son retour au domicile après une chirurgie ambulatoire.

Le 22 février dernier, Audrey Gagnon et Odette Roy ont reçu un appui financier de 1 500 $ du Comité soutien au développement professionnel et clinique (SDPC) et du conseil de l'ORIIM/L afin de réaliser leur projet clinique visant l’évaluation de la trousse d’enseignement.

 

De gauche à droite : Louise Chateauvert, DSIPSSS;  Marie-Follet Bloncourt, infirmière; Angèle Lazure, infirmière; Odette Roy, adjointe à la DSI volet enseignement et recherche; Josée Breton, présidente de l’ORIIM/L; Audrey Gagnon, CCSI; Lise Gauvin, chef d’unité.

 


Références
Dunwoody, C.J., Krenzischek, D.A., Pasero, C., Rathmell, J.P., & Polomano, R.C. (2008). Assessment, physiological monitoring, and consequences of inadequately treated acute pain. Pain Management Nursing, 9( Suppl 1), S11-S21.

Gagnon, A. (2010). La gestion de la douleur postopératoire chez la personne âgée : effet d’interventions éducatives auprès des membres d’une équipe de soins. Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal : rapport de stage de maîtrise.

Hughes, S. (2003). Promoting independence: the nurse as a coach. Nursing standard, 18(10), 42-44.

Pasero, C., & Belden, J. (2006). Evidence-based perianesthesia care: accelerated postoperative recovery programs. Journal of Perianesthesia Nursing, 21(3), 168-176.

Theobald, K., & McMurray, A. (2004). Coronary artery bypass graft surgery : discharge planning for successfull recovery. Journal of Advanced Nursing. 47(5), 483-491.