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À la recherche de clientèle - Jumeler emploi et pratique privée tout en sauvegardant son indépendance professionnelle

Les grands bouleversements qui ont secoué le système de santé québécois depuis quelques années ont favorisé l'émergence de pratiques novatrices en soins infirmiers. Par conséquent, de nombreuses infirmières ont aujourd'hui deux sources de revenu, le système de santé public et la pratique privée en soins infirmiers. Certaines règles s'imposent pour permettre à ces infirmières de sauvegarder leur indépendance professionnelle et éviter de se trouver en situation de conflit d'intérêts lorsqu'elles font connaître leurs services à des clients potentiels dans l'établissement où elles travaillent.

L'infirmière qui, par exemple, donne des soins de pieds en pratique privée et occupe un poste dans un centre hospitalier ne peut profiter de sa situation d'employée pour solliciter la clientèle en offrant ses services. La jurisprudence en fait foi. En effet, le Comité de discipline de l'Ordre a reconnu coupable une infirmière qui s'était trouvée en situation de conflit d'intérêts parce qu'elle avait donné sa carte professionnelle à une patiente du centre hospitalier où elle travaillait dans le but d'en tirer un profit.

Si un patient décide de recourir à des services infirmiers privés, il doit pouvoir le faire sans influence ni contrainte. L'infirmière est donc tenue de l'informer, de façon objective, des ressources et des services offerts tant dans le secteur public qu'en pratique privée. Le patient pourra alors en toute liberté exercer un choix éclairé.

Une solution

Certains facteurs peuvent inciter une personne à se tourner vers les soins infirmiers en pratique privée, notamment pour prévenir le stress lié à la période d'attente avant une consultation ou pour profiter d'une gamme plus étendue de services. Lorsqu'un patient se renseigne à ce propos auprès d'une infirmière, celle-ci peut, pour préserver son indépendance professionnelle, lui remettre une liste d'infirmières offrant en pratique privée des services susceptibles de répondre à ses besoins.

N'oubliez pas :

  • d'avoir d'abord en tête l'intérêt du patient;
  • de ne jamais vous servir de votre situation d'employée pour solliciter la clientèle;
  • de fournir au patient, en toute objectivité, toutes les informations pertinentes – par exemple les ressources à sa disposition – pour qu'il puisse faire un choix éclairé sans influence ni contrainte.

Sylvie Truchon, syndic

Cette chronique a été publiée dans Le Journal, mai/juin 1999, vol. 6, no 5.