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Les obstacles à la relation thérapeutique

Qu'est-ce qui favorise l'établissement et le maintien d'une bonne relation thérapeutique infirmière-client? Quels sont les facteurs qui peuvent y faire obstacle? Voici quelques pistes de réflexion à ce sujet.

La relation thérapeutique est cette étape de la relation professionnelle au cours de laquelle l'infirmière interagit avec un client dans le but de lui prodiguer les soins et les traitements requis par son état de santé. Autrement dit, c'est la période qui correspond à l'épisode de soins. Elle prend fin lorsque le client reçoit son congé, contrairement à la relation professionnelle, qui peut se prolonger au-delà de cette période, notamment en fonction de la situation de santé du client et de la probabilité d'avoir à lui donner à nouveau des soins.

Chaque personne a ses valeurs, ses croyances et ses préférences. Celles du client doivent toujours primer sur celles de l'infirmière. La qualité de la relation thérapeutique repose sur la capacité de l'infirmière à établir un climat de respect et de confiance et à se centrer sur les besoins du client.

Le cas de Véronique

Prenons le cas fictif de Véronique, une jeune femme de 21 ans, au deuxième mois d'une grossesse non planifiée. Mère d'une fillette de deux ans, Véronique est inscrite à un baccalauréat en communications. Elle est criblée de dettes d'études. Son conjoint de 22 ans travaille mais son contrat tire à sa fin, et il n'a rien d'autre en vue. Bien que leur situation financière soit précaire, ils arrivent, tant bien que mal, à boucler les fins de mois.

N'oubliez pas :

  • Plusieurs facteurs peuvent faire obstacle à l'établissement et au maintien d'une relation thérapeutique, et l'infirmière doit en être consciente.
  • C'est à l'infirmière que revient la responsabilité d'établir et de maintenir une saine relation thérapeutique

Véronique consulte l'infirmière du CLSC pour un examen prénatal. Elle tient à ce que son bébé soit en santé, demande des conseils et parle de sa situation. L'infirmière émet des doutes quant à la capacité du couple d'assumer son rôle parental avec l'arrivée d'un deuxième enfant. Elle lui mentionne qu'il serait plus « logique » de terminer d'abord ses études. Cette remarque a pour effet de déstabiliser Véronique.

L'infirmière a porté un jugement sur la situation de la cliente à partir de ses propres croyances et valeurs. Elle a omis de clarifier les sources d'inquiétude de Véronique, ce qui lui aurait permis de planifier des interventions appropriées. Si l'infirmière ne pouvait aller au-delà de sa propre vision des choses pour répondre aux besoins de Véronique, elle aurait dû consulter une collègue.

D'autres facteurs peuvent nuire à la relation thérapeutique : les préférences de l'infirmière, ses antécédents culturels, religieux et socioéconomiques, sa difficulté à accepter les différences, etc. Il peut être difficile pour une infirmière de prodiguer des soins lorsque ses valeurs et ses croyances diffèrent de celles du client. Il faut cependant retenir que, peu importe son « bagage » personnel, c'est à elle qu'incombe la responsabilité d'établir et de maintenir une saine relation thérapeutique, fondée sur la confiance et le respect des besoins et des intérêts du client.

Sylvie Truchon, syndic

Cette chronique a été publiée dans Le Journal, mars/avril 2001, vol. 8, no 4.