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L'honnêteté et la loyauté de l'infirmière dans ses relations avec les personnes avec lesquelles elle est en rapport dans l'exercice de sa profession

Point de vue déontologique

La quatrième section du Code de déontologie des infirmières et infirmiers est consacrée aux relations de l'infirmière avec les personnes avec lesquelles elle est en rapport dans l'exercice de sa profession. Le Code de déontologie étant avant tout un outil de protection du public, il ne vise pas à régir les relations entre collègues, par exemple s'il y a divergences d'opinion ou lors de comportements cavaliers. Cependant, il arrive que certains types de comportements puissent avoir des répercussions sur la clientèle, notamment lorsque ceux-ci compromettent la sécurité des clients ou lorsqu'ils nuisent à la confiance accordée aux intervenants.

Dans l'exercice de sa profession, l'infirmière est en relation avec d'autres infirmières, professionnels de la santé ou encore d'autres catégories d'employés. Ces relations doivent être empreintes d'intégrité, c'est-à-dire d'honnêteté et de loyauté. Rappelons que l'intégrité est considérée par le législateur comme le fondement des devoirs déontologiques.

Dans cette optique, l'article 47 du Code précise que « l'infirmière ne doit pas, à l'égard d'une personne avec laquelle elle est en rapport dans l'exercice de sa profession, l'induire volontairement en erreur, surprendre sa bonne foi ou utiliser des procédés déloyaux ».

Ces comportements se caractérisent par le fait de tromper, d'abuser de la bonne foi de quelqu'un ou encore d'agir de façon malhonnête ou hypocrite. Pour illustrer ces différentes infractions, voici des exemples, dont certains sont tirés de la jurisprudence :

  • laisser croire qu'on a suivi une formation nécessaire à l'obtention d'un poste, en présentant un faux document à son supérieur;
  • laisser croire à des collègues qu'elles administrent du Dilaudid injectable alors qu'il a été substitué par de l'eau stérile;
  • régler ses comptes avec une collègue en mentionnant à la famille d'un client en phase terminale qui s'interroge sur la fréquence d'administration des analgésiques, que l'autre infirmière veut faire souffrir leur père;
  • ébranler la relation de confiance entre une collègue et un client en faisant des commentaires inopportuns en regard de sa compétence.

De tels comportements sont à proscrire car ils peuvent mettre en péril la sécurité des clients ou leur créer des inquiétudes. L'intégrité est une valeur professionnelle qui doit se refléter dans la relation professionnelle avec les clients mais elle doit aussi être à la base des relations que l'infirmière entretient avec les personnes qu'elle côtoie dans le cadre de sa pratique.

Sylvie Truchon, syndic


Code de déontologie des infirmières et infirmiers , (2003) 135 G.O. II, 98; (2005) 137 G.O. II 2961 
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Gile Plamondon, 20-99-00205, (c.d.) 
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Benoit R. Lévesque, 20-2004-00301 
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Lynn Bélanger Gamache, 20-96-00147, 12 juin 1997, c.d. 
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Lise Lemieux Cacchione, 20-95-00103

Cette chronique a été publiée dans Le Journal, janvier/février 2007, vol. 4, no 3.