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Vendre des produits à ses clients : prudence!

Des infirmières nous demandent parfois si elles ont le droit de vendre des produits dans le cadre de leur pratique professionnelle. Les trois situations différentes qui suivent devraient permettre de les éclairer sur la question.
Prenons l'exemple d'une infirmière qui décide de vendre des produits naturels, à titre personnel. Dans sa relation avec un client, l'infirmière exerce une certaine forme d'influence, en raison de ses connaissances, de son expertise et de l'information qu'elle détient. Si elle se sert de cette influence pour offrir un produit qui n'est pas lié à l'état de santé du client, celui-ci peut se sentir obligé de l'acheter. Il s'agit d'une situation ambiguë qui risque de constituer une faute professionnelle. Pour atteindre son but, l'infirmière reléguerait alors l'intérêt du client au second plan et son jugement professionnel risquerait d'être influencé par des considérations commerciales.
 
Il existe cependant des situations où il pourrait être acceptable de proposer ou de vendre un produit à un client. Ainsi, l'infirmière qui fait des soins à domicile en pratique privée peut avoir en sa possession les fournitures médicales nécessaires aux soins qu'elle doit donner, tel du matériel pour la réfection de pansements ou pour des soins de stomie. Ici, le contexte est tout autre : l'offre de l'infirmière vise simplement à faciliter la vie du client puisqu'il n'a pas à faire d'effort pour se procurer le produit. S'il a l'information nécessaire et qu'en toute connaissance de cause, il décide de l'acheter directement de l'infirmière, celle-ci doit l'aviser du profit réalisé lors de cette vente.
 

Un dernier point : une infirmière qui a pignon sur rue et offre des produits et des services directement liés à sa pratique doit avoir des espaces distincts pour la partie « commerce » et la partie « service ». De cette manière, il n'y aura pas de confusion possible, de la part du client, sur ses intentions.

N'oubliez pas :

  • La pratique professionnelle de l'infirmière doit se distinguer des activités à caractère commercial. Le client ne doit donc jamais être sollicité pour l'achat de produits qui ne sont pas liés au soin prévu. Aussi, la partie « commerce » d'une entreprise doit être séparée de celle où est offert le service;
  • La vente de produits liés à des soins requis par l'état de santé d'un client, telle des fournitures médicales, est acceptable. Celui-ci doit cependant être avisé de tout profit réalisé lors de cette vente.

Sylvie Truchon, syndic

Cette chronique a été publiée dans Le Journal, janvier/février 2000, vol. 7, no 3.