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Vous qui me soignez… qui êtes-vous?

L’identification, une responsabilité professionnelle

Dans le cadre de l’exercice de sa profession, l’infirmière doit se présenter, s’identifier ou encore s’afficher sous le nom qui lui est propre, c’est-à-dire ses nom, prénom et titre professionnel.

Depuis quelque temps, des situations liées à l’identification des infirmières sont portées à l’attention de la Direction, Bureau du syndic. À titre d’exemples, des infirmières indiquent uniquement leur prénom pour promouvoir leurs services infirmiers dans les pharmacies et les cliniques privées ou encore dans le cadre d’une cyberpublicité. Des arguments au soutien d’une approche plus conviviale ou en lien avec des éléments de sécurité sont souvent invoqués. Certaines infirmières ne porteraient pas la carte d’identité, alors que c’est obligatoire dans les établissements du réseau de la santé. D’autres refuseraient de s’identifier, notamment par crainte de représailles de la part d’un client.

Rappelons que l’infirmière demeure toujours responsable des soins et des traitements qu’elle prodigue aux clients. En aucun temps, l’infirmière ne peut être exonérée de sa responsabilité civile ou limiter cette responsabilité dans l’exercice de sa profession. À cet égard, l’article 9 du Code de déontologie des infirmières et infirmiers prévoit que l’infirmière ne peut se dégager de sa responsabilité civile personnelle dans l’exercice de sa profession.

Les nom, prénom et le titre professionnel permettent au client de savoir à qui il s’adresse et qui s’adresse à lui. Habituellement, la carte d’identité ou le porte-nom, placé(e) de façon à ce que l’information soit lisible par le client, sert à atteindre cet objectif. C’est l’occasion pour l’infirmière d’affirmer son identité pro­fes­sionnelle auprès du client et de lui expliquer son rôle. Ces informations facilitent la création et le maintien d’un lien de confiance essentiel à la relation professionnelle.

Par ailleurs, toute personne est en droit de vérifier si son interlocuteur est bel et bien ce qu’il prétend être. Afin de vérifier si une personne est inscrite au Tableau de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et si elle peut exercer à titre d’infirmière au Québec, il est nécessaire de connaître son identité. De plus, il est alors possible de savoir si l’infirmière est sous le coup d’une limitation d’exercer des activités professionnelles, par exemple à la suite d’une mesure prise par le Comité exécutif ou à la suite d’une décision du Conseil de discipline.

Balises destinées à l’infirmière

En tout temps et quel que soit le secteur (public, privé ou pratique autonome) où elle exerce la profession :

L’infirmière doit s’identifier et exercer la profession d’infirmière sous ses nom, prénom et titre professionnel;

L’infirmière qui utilise des outils promo­tionnels, par exemple une carte professionnelle, ou qui est associée à des outils promotionnels tels qu’une affiche ou une cyberpublicité, doit s’assurer que ceux-ci comportent ses nom, prénom et titre professionnel.

Les lois et règlements qui régissent la profession sous-tendent des devoirs et obligations qui incombent à l’infirmière, dont celui de s’identifier sous ses nom et prénom, en y joignant son titre professionnel.

La profession d’infirmière est considérée parmi les professions les plus dignes de confiance par la population. Lors d’un récent sondage de Léger Marketing, 91 % des répondants se sont dits satisfaits de la qualité de la relation avec l’infirmière. À nous de maintenir ce haut degré de confiance dans nos rapports avec la clientèle : pour ce faire, une condition incontournable est notre identification adéquate en tant qu’infirmière.

La syndic,
Sylvie Truchon

 


Références

Code de déontologie des infirmières et des infirmiers, C. I-8, r. 4.1.

Léger Marketing. « Les im-patients », Sondage Léger Marketing. Journal de Montréal, 9 mars 2011, page 25.

Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). « Chronique déonto - Obligations professionnelles et responsabilité civile de l’infirmière », Le Journal, vol. 3, no 4, mars/avril 2006.

Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). La pratique privée en soins infirmiers. Westmount, mars 1996.

Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). La tenue vestimentaire des infirmières. Prise de position, Westmount, 2006.

Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ). Standards de pratique pour l’infirmière travailleuse autonome. Westmount, 2006.
 

Cette chronique a été publiée dans Le Journal, mai/juin 2011, vol. 8, no 3.