Salle de presse

Communiqués

L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec s’impatiente

Le nombre d’infirmières est insuffisant pour répondre aux besoins des résidents en CHSLD

Montréal, le 17 novembre 2016 – 

Un triste événement dans le domaine des soins aux personnes hébergées en Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) retient de nouveau notre attention aujourd’hui. « La situation vécue au CHSLD Saint-Augustin de Beauport à Québec est déplorable et nous préoccupe. Je tiens à offrir tout mon soutien aux patients et aux familles. L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), qui a dénoncé à plusieurs reprises ce genre de situation depuis 2013, continuera de tout mettre en œuvre pour assurer la protection du public », a affirmé Lucie Tremblay, présidente de l’OIIQ.

Des actions concrètes en attente d’un plan d’action global

Les soins infirmiers devraient être organisés en fonction des besoins de plus en plus complexes des patients, qui requièrent plus de temps, plutôt qu’en fonction des contraintes budgétaires du réseau de la santé et des services sociaux. Environ 42 % des personnes hébergées sont âgées de plus de 85 ans. Et les deux tiers des personnes âgées hébergées souffrent d’au moins trois problèmes chroniques de santé. Leurs conditions de vie sont tributaires, notamment, de la compétence des intervenants et de leur connaissance des problèmes de santé des personnes hébergées. De là l’importance d’impliquer la direction des soins infirmiers dans l’organisation de l’offre de services en CHSLD avec une présence infirmière qui répond aux besoins des personnes hébergées en CHSLD.

La position de l’OIIQ est sans équivoque à cet effet : « Depuis trois ans déjà que nous agissons. Nous avons fait une prise de position sur la présence infirmière en CHSLD (2013) et demandé des actions pour la prestation sécuritaire des soins (2015), en plus de nous associer cette année à quatorze autres ordres professionnels de la santé et des services sociaux, tous convaincus des compétences disciplinaires de leurs membres. Nous avons par ailleurs déposé un avis et rencontré le ministre Gaétan Barrette à plusieurs reprises à ce sujet. Il est impératif que l'offre de services soit revue pour s'adapter à la réalité actuelle de ces centres, et optimiser les soins offerts en tenant compte de l’expertise de tous les groupes d’intervenants », réitère Lucie Tremblay, présidente de l’OIIQ.

Collaboration accrue, mais non sans un effectif infirmier suffisant

Aujourd’hui même s’amorce le Forum sur les meilleures pratiques en CHSLD auquel est notamment convié l’OIIQ. Au-delà de cette réflexion commune, il faut rappeler qu’une logique idéale d’affectation du personnel prendrait en considération la qualité de l’environnement, les besoins des résidents, le niveau de formation du personnel et la charge de travail (Voyer et al, Les ratios infirmières/résidents en CHSLD - Pénurie de soins ou pénuries d’infirmières?, Perspective Infirmière, mai-juin 2016) et d’ajouter, un nombre suffisant d’effectifs infirmiers. L’OIIQ collabore à des projets vitrines afin que des infirmières praticiennes spécialisées s’intègrent aux équipes de soins pour une meilleure efficience des soins dans les CHSLD. L’OIIQ déposera aussi une prise de position au cours des prochaines semaines sur les soins et services en CHSLD.