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Prix Innovation clinique 2012

Mieux servir les grands utilisateurs de soins de santé tout en faisant diminuer la pression sur le réseau

Rouyn-Noranda, le 15 juin 2012 – 

Au Centre de santé et de services sociaux Les Eskers de l'Abitibi, environ 6 % de la clientèle consomme près de 25 % des services de l'urgence, sans compter les jours d'hospitalisation. Afin de fournir de meilleurs soins et services à ces usagers, tout en diminuant la pression sur le système de santé, Amélie Mercier, B. Sc. inf., infirmière gestionnaire des cas complexes (IGCC), a utilisé trois bases de données pour repérer ces grands consommateurs et évaluer leur parcours, puis elle a pris leur dossier en charge pour mieux répondre à leurs besoins. Son but? Amener la clientèle « chroniquement malade » à se sentir « chroniquement bien ».

Ce projet, intitulé La gestion des cas complexes : de la théorie à la pratique, a valu à Amélie Mercier le prix Innovation clinique de l'Ordre régional des infirmières et infirmiers de l'Abitibi-Témiscamingue (ORIIAT). Ce prix régional lui a été remis aujourd'hui dans le cadre de l'activité de la Semaine de l'infirmière.

Innover en créant des liens

L'offre et l'organisation des services entraînent des consommations répétées de l'urgence et de l'hospitalisation par certains types de clients qui sont aux prises avec des problèmes variés de santé physique et/ou mentale. Les infirmières cliniciennes sont formées pour faire l'évaluation biopsychosociale et toutes leurs connaissances sont mises à profit lors des interventions auprès des grands consommateurs. Mme Mercier a donc adopté une approche proactive visant à améliorer la qualité de vie et l'état de santé de cette clientèle. Elle a ainsi repéré ces grands utilisateurs en leur offrant une évaluation et des soins mieux adaptés, notamment par une utilisation efficiente des ressources du CSSS et de ses partenaires.

Le premier contact avec le client mise sur le respect : derrière chaque visite à l'urgence se cache une souffrance, quelle qu'en soit la source. Après avoir obtenu le consentement du client, l'infirmière clinicienne gestionnaire des cas complexes (IGCC) évalue ces souffrances, qu'elles soient de nature physique, psychologique ou sociale.

Par la suite, elle doit innover en créant des alliances pour venir en aide à cette clientèle. Elle brise le travail traditionnel en silos des professionnels de la santé afin de développer une approche individualisée des traitements. Ce projet a des impacts cliniques et administratifs et implique les médecins de famille, les cliniciens, les clients et la direction de l'organisation.

L'IGCC peut ainsi intervenir directement auprès du client, ou encore servir d'informatrice pour les intervenants ou d'intermédiaire avec le personnel infirmier de la salle d'urgence. Avec ses nombreux contacts, elle peut accompagner ses collègues dans des démarches complexes. Le suivi conjoint est d'ailleurs souvent la clé pour diminuer l'utilisation non pertinente notamment de la salle d'urgence. Par exemple, un client souffrant de troubles somatoformes pourra bénéficier de l'alliance de son thérapeute en santé mentale et d'une infirmière, cette dernière étant une ressource disponible et accessible pour évaluer la dangerosité des plaintes physiques qui sont fréquentes chez ces personnes. Le plan de service individualisé est l'un des outils privilégiés lors de suivis conjoints. Médecins de famille, pharmaciens communautaires, maisons d'hébergement pour personnes itinérantes, centres de désintoxication, infirmières, travailleurs sociaux, inhalothérapeutes, etc., ont déjà été interpellés.

Jusqu'ici, l'IGCC est bien reçue par les ressources du milieu puisqu'elle se présente comme une ressource-clé dans les soins et services aux grands consommateurs. Les personnes se retrouvent dans sa charge de cas parce que le système, dans son état actuel, n'a pas su répondre à leurs besoins.

Quelques mois après le début du projet, une quarantaine de personnes ont bénéficié de ces services. Des actions importantes ont été entreprises par certains clients. Des ressources inexistantes ont aussi été créées et celles mal adaptées ont été modifiées. Des clients ont aussi utilisé des ressources inconnues ou jusque-là refusées. Plusieurs disent se sentir soutenus et bien dirigés dans leurs démarches. Les médecins de famille et les infirmières de l'urgence notent une baisse significative des visites imprévues ou non pertinentes chez certains grands consommateurs.

Le concours Innovation clinique a été lancé par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 1995. Il valorise la contribution clinique des infirmières de toutes les régions du Québec à la qualité des soins offerts à la population, à l'efficacité des services de santé et à l'avancement de la profession d'infirmière. Les gagnants régionaux se méritent un certificat et une bourse de 1 000 $ et ils sont admissibles au Grand prix Innovation clinique remis à l'occasion du congrès annuel de l'OIIQ, qui se tiendra les 28, 29 et 30 octobre 2012.

 

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Source :                    
Lorraine Lamontagne
Ordre régional des infirmières et infirmiers de l'Abitibi-Témiscamingue

Information :            
Amélie Mercier
Infirmière gestionnaire des cas complexes (IGCC)
CSSS Les Eskers de l'Abitibi
819 732-6696, poste 3162

Lise Provost, M. Sc., M. Éd.
Attachée de presse
Direction principale, Stratégie, services et communication
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
514 935-2501, poste 6225