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Prix Innovation clinique Banque Nationale 2013

Unité transitoire de récupération fonctionnelle du CSSS Les Eskers de l’Abitibi

Rouyn-Noranda, le 9 mai 2013 – 

Devant le problème d’occupation de lits de courte durée par une clientèle en attente d’hébergement, deux infirmières du Centre de santé et de services sociaux Les Eskers de l’Abitibi ont déployé avec succès une unité transitoire de récupération fonctionnelle (UTRF). Cette unité offre un milieu d’évaluation à une clientèle dont le maintien à domicile est compromis pour de multiples raisons, notamment le manque de ressources et le déconditionnement, par suite d’un épisode de soins aigus à l’hôpital. L’orientation de ces personnes vers l’UTRF permet d’optimiser leur potentiel d’autonomie afin qu’elles puissent rapidement retourner à domicile ou être dirigées vers le milieu de vie substitut répondant le mieux à leur état. De plus, l’évaluation des besoins leur donne notamment accès aux soins et services biopsychosociaux, aux soins à domicile et au soutien à domicile. Ce projet novateur est le premier du genre dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue.

Intitulé « Unité transitoire de récupération fonctionnelle du CSSS Les Eskers de l’Abitibi », ce projet a valu à Annie Richard, infirmière, chef de l’unité de réadaptation, et à Marie-Claude Lacombe, directrice du programme PALV (perte d’autonomie liée au vieillissement), le prix Innovation clinique Banque Nationale 2013 de l’Ordre régional des infirmières et infirmiers de l’Abitibi-Témiscamingue. Ce prix régional leur a été remis aujourd’hui dans le cadre des activités précédant la Semaine de l’infirmière.

Qu’est-ce qu’une unité transitoire de récupération fonctionnelle?

L’UTRF se caractérise par sa vocation d’offrir des soins et des services adaptés aux besoins de personnes âgées vulnérables qui ont reçu des soins aigus en centre hospitalier et dont la situation médicale est stabilisée, mais pour qui le retour à domicile est incertain ou compromis en raison d’incapacités fonctionnelles. Elle permet à ces personnes de récupérer un potentiel d’autonomie ou de faire adapter leur domicile pour qu’elles puissent y retourner dans un avenir rapproché. Si ce n’est pas possible, les personnes âgées sont alors orientées vers le milieu de vie substitut qui convient le mieux à leur état. Autre particularité, les patients peuvent y être admis directement de leur domicile ou du service de l’urgence, sans avoir à faire un séjour à l’hôpital.

Le bon service, au bon moment, à la bonne personne

En juin 2012, la direction du CSSS Les Eskers de l’Abitibi annonçait la fermeture de huit lits de courte durée à l’unité de médecine et l’ouverture de six lits dans une UTRF attenante au service de réadaptation du CHSLD. La présence en milieu de courte durée de 17 personnes âgées (sur un total de 23 personnes) en attente d’hébergement a notamment motivé cet important changement dans l’organisation. Aussi, des demandes prématurées de relocalisation pour des aînés hospitalisés en perte d’autonomie étaient souvent faites avant la fin de l’épisode de soins aigus, ce qui menait habituellement à des demandes d’hébergement. En fait, en 2011-2012, le comité d’orientation-admission a reçu 63 demandes de relocalisation dont 43 provenaient du centre hospitalier. L’objectif principal de cette UTRF est donc d’offrir le bon service, au bon moment, à la bonne personne, et ainsi d’éviter d’occuper des lits de courte durée pour faire l’évaluation de clients en perte d’autonomie. Il fallait travailler en amont plutôt que d’attendre des demandes de relocalisation, ce qui impliquait la collaboration de toutes les directions du CSSS.

C’est à la suite de la diffusion des lignes directrices du MSSS que le CSSS Les Eskers a voulu instaurer une UTRF. Le projet a requis la participation de plusieurs acteurs, infirmières, infirmières auxiliaires, préposées aux bénéficiaires, médecins, psychologues, travailleurs sociaux, d’une équipe de soutien, etc. Cependant, la réussite reposait sur le leadership de l’infirmière de jour à l’unité de réadaptation qui, avec les années, a acquis une expertise en réadaptation. Elle assume un rôle pivot auprès de l’équipe multidisciplinaire et de l’équipe soignante.

C’est l’infirmière, en collaboration avec le médecin, qui procède à l’évaluation des demandes provenant du domicile et du centre hospitalier. Elle se déplace au domicile du client ou au centre hospitalier pour évaluer les besoins de ce dernier et vérifier s’il répond aux critères d’admission de l’unité. C’est également l’infirmière qui dirige les réunions multidisciplinaires. Elle coordonne les services auprès du client et de sa famille, le suivi auprès de l’équipe soignante, ainsi qu’auprès des membres de l’équipe de soutien. Ce rôle de coordination ne peut être assumé que par l’infirmière étant donné qu’elle connaît l’ensemble des clients, leurs besoins biopsychosociaux et les interventions ponctuelles des autres professionnels.

Le programme cible les personnes âgées suivantes : celles qui connaissent une perte d’autonomie pendant un séjour à l’hôpital; celles dont la situation médicale est stable et le congé imminent soit du service de l’urgence ou d’une unité de soins de courte durée; celles qui sont dans l’impossibilité immédiate de retourner à la maison dans des conditions sécuritaires en raison de leurs incapacités fonctionnelles; celles qui présentent un faible potentiel de récupération fonctionnelle. La clientèle prioritaire comprend les patients à domicile ou dans un centre hospitalier de soins généraux et spécialisés qui ne peuvent rester ou retourner à domicile; les patients qui ont besoin d’une évaluation complémentaire pour consolider leur maintien à domicile; les patients qui ont besoin de réadaptation pour consolider leur maintien à domicile.

Résultats

Depuis l’ouverture de l’UTRF il y a seulement cinq mois, 28 clients ont été admis à l’unité avec une durée moyenne de séjour de quatre semaines alors que la cible était de six à huit semaines; le taux d’occupation est de 90 % alors que la cible était de 80 %. De plus, 80 % de la clientèle retourne à domicile alors que la cible était de 70 %. Finalement, un fait remarquable selon les directeurs du CSSS : seulement deux demandes de relocalisation ont été faites pour des patients occupant des lits de courte durée. C’est donc dire qu’un travail exceptionnel est fait par les équipes en place, considérant que le service de soutien à domicile s’est intensifié au cours des derniers mois et qu’une majorité des personnes en attente d’hébergement se retrouvent dans un milieu autre que l’hôpital. En février 2013, seulement cinq lits étaient occupés par ces clients à l’unité de médecine alors qu’en septembre 2012, leur nombre était de 17. Présentement, 8 % des lits de courte durée sont occupés par des personnes en attente d’hébergement, de réadaptation ou de soins palliatifs. Cette donnée correspond au plus bas pourcentage de la région.

Le concours Innovation clinique a été lancé par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 1995. Il valorise la contribution clinique des infirmières de toutes les régions du Québec à la qualité des soins offerts à la population, à l’efficacité des services de santé et à l’avancement de la profession infirmière. Les gagnants régionaux obtiennent un certificat et une bourse de 1000 $ et ils sont admissibles au Grand prix Innovation clinique remis à l’occasion du congrès annuel de l’OIIQ, qui se tiendra les 28 et 29 octobre 2013.

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Source :
Lorraine Lamontagne
Ordre régional des infirmières et infirmiers de l’Abitibi-Témiscamingue

Information :
Annie Richard, inf., B. Sc.
Chef de l’unité de réadaptation
CSSS Les Eskers de l’Abitibi
819 732-6521, poste 3465

Lise Provost, M. Sc., M. Éd.
Attachée de presse
Direction principale, Stratégie, services et communication
Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
Téléphone : 514 935-2501, poste 225