Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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Septembre / Octobre, Vol. 5 No 1

Chronique jeunesse

Temps supplémentaire
Il est temps d’agir pour voir la lumière au bout du tunnel

ILe Comité jeunesse de l’OIIQ appuie la prise de position de la présidente de l’Ordre, Gyslaine Desrosiers, dans son éditorial publié dans la revue Perspective infirmière du mois de mai/juin 2007 intitulé « Le temps supplémentaire obligatoire a trop duré! ».

Les jeunes infirmières et infirmiers se sentent interpellés par la question du temps supplémentaire obligatoire. Bien que cette mesure soit perçue par plusieurs comme une solution « miracle » et, cela depuis de nombreuses années, les problèmes de pénurie d’infirmières sont loin d’être réglés. Nous observons que les jeunes vivent de l’insatisfaction face à cette situation malgré le fait que certaines acceptent de faire du temps supplémentaire sur une base volontaire. Plusieurs difficultés soulevées par ce problème ont un impact direct sur leur rétention dans la profession.

Les jeunes infirmières, nouvellement entrées dans la profession, ont de la difficulté à développer leur expertise à son plein potentiel dans un tel contexte de travail. Celles-ci doivent conjuguer entre autres avec la fatigue liée au surplus de travail, la crainte de faire une erreur pouvant causer de graves préjudices, la difficulté de concilier les volets travail-famille-études et le manque d’encadrement clinique. Dans un contexte de pénurie chronique de personnel, certaines d’entre elles quittent les milieux de soins et se retrouvent dans les agences de placement de personnel infirmier.

À l’autre bout du tunnel, la lumière n’est pas plus éclatante. En effet, les heures supplémentaires effectuées toutes les semaines par les infirmières ne les encouragent qu’à prendre leur retraite plus rapidement pour se sortir de ce cercle infernal du travail.  Les équipes se voient donc privées à la fois de ces infirmières d’expérience qui optent pour la retraite et de celles qui devraient constituer leur relève.

Comme le mentionne Mme Desrosiers, ce problème n’est pas de la responsabilité individuelle des infirmières, mais il s’agit plutôt d’une responsabilité collective. Les membres du Comité jeunesse de l’Ordre sont prêts à mettre l’épaule à la roue pour contribuer à la recherche de solutions durables.

Mais quels sont les moyens mis à notre disposition pour intervenir? Les jeunes infirmières ont quelques idées à soumettre. Premièrement, il est grand temps que les infirmières assument les responsabilités pour lesquelles elles sont formées : arrêtons de leur demander d’être infirmière et secrétaire, infirmière et préposée aux bénéficiaires. Cela veut dire de revoir notre façon de travailler, et ce, dans les plus brefs délais.

Comme nous prévoyons une pénurie pour les 15 prochaines années, nous serons certainement moins nombreuses. Nous devons maintenir nos exigences quant aux compétences requises dans certains secteurs cliniques. Si les jeunes infirmières arrivent mieux préparées et mieux formées, elles se sentiront plus compétentes dès leur entrée sur le marché du travail et elles auront certainement le goût de rester dans la profession.

Il est temps que l’on sorte des sentiers battus : les solutions d’hier doivent être adaptées au contexte actuel. Voici quelques suggestions afin de fidéliser les jeunes à leur organisation ainsi que de maintenir en emploi les plus expérimentées : permettre une auto-gestion des horaires de travail, instaurer un système sur appel comme il en existe dans d’autres professions, avoir une rémunération compétitive, donner des incitatifs adaptés aux secteurs cliniques et établir des contrats individuels de travail.

Vraisemblablement, il est temps que tous les acteurs concernés travaillent en partenariat pour trouver des solutions et des façons de faire pour mettre fin à ce fléau grandissant.

 

Photo : Sylvain Légaré

Julie Poirier
Présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ