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Dans des chroniques antérieures, nous avons traité de
la relation professionnelle entre l’infirmière et le client
(voir www.oiiq.org, section « Être infirmière »,
rubrique « Déontologie »). Depuis, plusieurs questions
nous ont été posées concernant la durée
de la relation professionnelle. Cette chronique vise à clarifier
certains éléments relatifs à ce sujet.
Il faut rappeler que la relation thérapeutique fait partie
intégrante de la relation professionnelle. La relation thérapeutique
se traduit par l’interaction entre l’infirmière
et le client lorsqu’elle lui prodigue des soins et des traitements
requis par son état de santé. Cette période correspond à l’épisode
de soins. La relation thérapeutique prend fin au moment où le
client reçoit son congé. La relation professionnelle,
elle, peut se poursuivre sur une plus longue période.
La détermination d’un délai précis applicable à toutes
les situations n’est pas envisageable. En effet, les infirmières
interviennent auprès de nombreux clients dans diverses situations.
L’analyse de chacune des situations est donc de rigueur. L’article
38 du Code de déontologie énonce au deuxième paragraphe
les principaux critères à prendre en considération
afin d’établir la durée de la relation professionnelle.
Cet article mentionne :
« Pendant la durée de la relation professionnelle, l’infirmière
ou l’infirmier ne peut établir de liens d’amitié,
intimes, amoureux ou sexuels avec le client.
Pour déterminer la durée de la relation professionnelle,
l’infirmière ou l’infirmier doit tenir compte, notamment,
de la vulnérabilité du client, de son problème
de santé, de la durée de l’épisode de soins
et de la probabilité d’avoir à redonner des soins à ce
client. »
Nous apportons ici des précisions relatives à ces critères
:
- La vulnérabilité du client peut être tributaire
de différents facteurs tels que :
- situation personnelle (divorce,
deuil récent, réseau de
soutien);
- inquiétude liée au problème de santé.
- Le problème de santé peut être d’ordre
physique ou mental, aigu ou chronique.
- La durée de l’épisode de soins peut varier
de quelques heures à plusieurs semaines, mois ou années.
- La probabilité d’avoir à redonner des
soins au client peut être nécessaire en raison d’hospitalisations
fréquentes ou de suivis en externe ou à domicile.
Voici deux exemples concrets :
- Une infirmière prend soin d’un client à la
suite d’une appendicectomie. L’évaluation de la
situation de santé du client ne révèle aucune
autre problématique. Son problème de santé est
circonscrit et l’épisode de soins est de courte durée.
De plus, rien n’indique que le client nécessitera de nouveau
des soins. Ici, la durée de la relation professionnelle se rapproche
de celle de la relation thérapeutique.
- Un infirmier exerce dans un centre hospitalier de soins psychiatriques
et a sous ses soins depuis deux semaines une cliente qui souffre
d’une
dépression majeure. Il est informé de ses hospitalisations
antérieures au cours des 24 derniers mois et de son suivi en
externe. Il apprend notamment que la cliente est en instance de divorce.
Dans cette situation, l’infirmier devrait conclure que la relation
professionnelle se poursuivra bien au-delà de la relation thérapeutique,
probablement sur une très longue période.
Ainsi, pour déterminer la fin de la relation professionnelle
avec un client, l’infirmière devra s’assurer que
le délai est suffisant pour dissiper chez lui toute représentation
de figure professionnelle.
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