| L’administration de
médicaments est l’une des activités qui revient
le plus fréquemment dans le quotidien d’une infirmière.
Bien qu’elle puisse sembler technique, cette activité nécessite
que l’infirmière possède les connaissances, les
habiletés et le jugement clinique requis pour déterminer
et ajuster le plan thérapeutique infirmier d’un client
sous thérapie médicamenteuse et assurer la surveillance
clinique appropriée.
Avec les modifications apportées à la Loi sur les
infirmières et les infirmiers, l’administration et l’ajustement
des médicaments ou autres substances selon une ordonnance
individuelle ou collective fait partie des activités réservées à l’infirmière.
La protection du public exige que l’infirmière respecte
en tout temps les principes d’une administration sécuritaire
des médicaments. L’infirmière doit éviter
tout automatisme et prendre toutes les précautions possibles à cet égard.
Un comportement négligent peut entraîner des conséquences
graves pour le client, voire même son décès.
L’article 45 du Code de déontologie précise
que l’infirmière ne doit pas faire preuve de négligence
lors de l’administration d’un médicament. À cette
fin, elle doit, notamment, avoir une connaissance suffisante du médicament
et respecter les principes et méthodes concernant son administration.
L’analyse des situations problématiques liées à l’administration
des médicaments révèle que les négligences
touchent différentes étapes du processus, notamment
le relevé de l’ordonnance médicale, l’administration
comme telle du produit et la surveillance clinique qui doit être
effectuée par la suite. Les causes d’erreur sont nombreuses.
Rappelons les plus fréquentes :
- Le manque de connaissances sur le médicament. L’administration
sécuritaire d’un médicament nécessite
que l’infirmière connaisse la classe du médicament,
son mécanisme d’action, les principaux effets secondaires,
les réactions thérapeutiques, les conditions d’administration,
les doses usuelles, les contre-indications et les interactions médicamenteuses.
L’infirmière qui administre un médicament sans
le connaître suffisamment ne pourra prétendre agir de
façon prudente et diligente puisqu’elle ne sera pas
en mesure de questionner, s’il y a lieu, une ordonnance de
même que de planifier et d’assurer la surveillance requise
par l’état du client.
- L’omission de clarifier des ordonnances qui suscitent un questionnement. L’infirmière doit clarifier auprès du médecin
toute situation de doute quant à une ordonnance. Par exemple
: une ordonnance illisible, incomplète, qui fait état
d’un dosage inhabituel ou encore qu’elle juge inappropriée à la
condition clinique du client à la suite de son évaluation.
- Le non-respect des « 5 bons ». Selon la littérature
et les informations acheminées au Bureau du syndic au sujet
de l’administration des médicaments, le non-respect
de ces principes est à l’origine de nombreuses erreurs
de médicaments. Ainsi, l’infirmière doit faire
les vérifications nécessaires en vue :
- d’administrer
la bonne dose
- du bon médicament
- par la bonne voie
- au bon moment
- au bon client
- L’utilisation d’une méthode de soins inappropriée. L’infirmière doit respecter les principes concernant
la préparation des médicaments et leur méthode
d’administration.
- Le manque de surveillance. L’infirmière doit assurer
la surveillance requise par le client à la suite de l’administration
d’un médicament en vue de déceler rapidement
toute complication et d’ajuster le plan thérapeutique
infirmier lorsque nécessaire.
- L’inadéquation
de la documentation. L’information
erronée, l’omission ou l’imprécision
de celle-ci peuvent favoriser les erreurs de médicaments.
L’infirmière doit donc inscrire les informations nécessaires
dans les documents pertinents.
Dans l’éventualité où une erreur de
médicaments survient, l’infirmière a l’obligation
déontologique de dénoncer immédiatement tout
incident ou accident qui résulte de son intervention (exemple
: donner le mauvais médicament), ou de son omission (exemple
: ne pas administrer un médicament prescrit) en vue de prendre
sans délai les moyens nécessaires pour corriger la
situation, l’atténuer ou remédier aux conséquences.
En raison des risques de préjudice inhérents à cette
activité professionnelle, nous ne saurions trop insister
sur la nécessité pour l’infirmière de
toujours être vigilante et attentive à chacune des étapes
de l’administration d’un médicament. Dans le
doute ou l’ignorance, il est très important que l’infirmière
s’informe auprès de personnes compétentes
et consulte la documentation pertinente.
La Syndic
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OIIQ. Guide d’application de la nouvelle Loi sur les infirmières
et les infirmiers et de la Loi modifiant le Code des professions
et d’autres dispositions législatives dans le domaine
de la santé, avril 2003.
Code de déontologie des infirmières et infirmiers,
(2003) 135 G.O. II, 98, art. 12, 14, 44, et 45.
OIIQ. Chronique déonto « Les incidents et les accidents
maintenant dénoncés », Le Journal, vol. 1, no
1, septembre-octobre 2003.
POTTER, P.A., et A.G. PERRY. Soins infirmiers, tome 2, Éditions études
vivantes, 2002.
Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario. « Normes
sur l’administration de médicaments », 2003.
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Marie
T. Lalande, C.D. Inf. 20-95-00088, 1995-11-20 (culpabilité)
et 1996-02-12 (sanction).
Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Marie
T. Lalande, T.P. Montréal 500-07-000087-969, 1997-06-19.
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