Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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Mars / Avril, Vol. 3 No 4

L’avenir est devant nous avec une carrière clinique diversifiée!

À la suite de l’adoption par le gouvernement du Québec, le 16 décembre 2005, de la Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public (projet de loi n° 142), plusieurs jeunes infirmières et étudiantes en sciences infirmières s’inquiètent des effets de ce décret sur leur avenir professionnel et leur cheminement de carrière. Selon elles, les infirmières qui compléteront leur baccalauréat n’obtiendront désormais plus de reconnaissance salariale, ce qui inciterait déjà certaines étudiantes à abandonner leurs études, alors que d’autres considèrent inutile de débuter des études universitaires en soins infirmiers. Rumeurs ou faits ?

Selon nos informations, un principe général se dégage de la nouvelle nomenclature des titres d’emploi du réseau de la santé et des services sociaux, soit l’équité entre les personnes : le salaire doit être le même pour celles qui exercent les mêmes fonctions. L’application de ce principe aux infirmières entraînera de fait la perte du privilège d’être rémunérées en fonction de leur diplôme si elles n’occupent pas un poste exigeant le baccalauréat. Rappelons-nous que certains établissements avaient octroyé aux diplômées du baccalauréat la rémunération de l’échelle bachelière sans leur offrir un poste d’infirmière bachelière et ce, par mesure d’attraction et de rétention.

Malgré cette perte, d’autres informations nous apparaissent encourageantes et devraient, à notre avis, inciter les jeunes à s’inscrire au DEC-BAC ou à poursuivre leurs études universitaires. Celles-ci ont retenu notre attention :

  • le titre d’emploi infirmière bachelière est remplacé par le titre d’emploi infirmière clinicienne;
  • l’exigence du baccalauréat est confirmée pour les titres d’emploi suivants : infirmière clinicienne, conseillère en soins infirmiers, infirmière clinicienne assistante du supérieur immédiat ou assistante infirmière-chef;
  • dans le cadre du projet d’entente visant la gestion de la transition, la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec et le gouvernement discutent actuellement de la reconnaissance à titre d’infirmière clinicienne de toutes les infirmières déjà payées selon l’échelle de bachelière et qui occupaient une fonction d’infirmière.

À la lumière de ces informations, nous croyons que nous pourrons conserver tous les acquis du passé. Toutefois, comme ce sont les employeurs qui décideront des besoins futurs d’infirmières cliniciennes, les jeunes infirmières demeurent inquiètes de l’usage qu’ils feront de cette nouvelle classification, principalement en raison de leurs contraintes budgétaires. Bien que nous ayons observé par le passé des variations importantes d’un établissement à l’autre et d’une région à l’autre, nous sommes tout de même optimistes quant au fait qu’une grande majorité d’employeurs sauront reconnaître la contribution des infirmières et, plus particulièrement, celle des infirmières cliniciennes, et qu’ils s’assureront ainsi d’attirer et de retenir les nouvelles diplômées universitaires dans leur établissement.

De plus, les besoins d’infirmières formées au niveau du baccalauréat ne devraient pas diminuer dans le futur mais plutôt augmenter. De fait, l’OIIQ nous a informé que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) estime qu’il faudrait former chaque année entre 900 et 1500 infirmières au niveau du baccalauréat pour assurer le remplacement des infirmières cliniciennes qui prendront leur retraite. Le MSSS s’est d’ailleurs engagé à promouvoir ce nombre auprès du ministère de l’Éducation. De plus, l’Ordre anticipe une pénurie d’infirmières qualifiées, notamment au niveau du premier cycle universitaire. On devrait donc accroître le bassin d’infirmières cliniciennes au cours des prochaines années.

Le Comité jeunesse demeurera très vigilant et suivra de près l’application de ces nouvelles mesures. Ainsi, il entend saisir le Bureau de l’Ordre de toute situation pouvant freiner le développement professionnel des jeunes infirmières. Le Comité jeunesse souhaite que tous les gestionnaires en soins infirmiers, les directrices des soins infirmiers (DSI), les responsables des soins infirmiers (RSI), les conseils des infirmières et infirmiers (CII), les comités de la relève infirmière et les jeunes infirmières s’impliquent activement dans la définition des besoins dans leurs établissements.

Photo : Martin Roy

Julie Poirier

Comme le chantait Renée Claude, « c’est le début d’un temps nouveau » pour les jeunes infirmières soignantes. Ce qui nous attend, c’est un cheminement clinique de carrière qui sera plus diversifié : clinicienne, praticienne et infirmière en spécialité. Il n’en tient qu’à nous de profiter de cette occasion. Sans prétendre connaître l’avenir ou sans être trop optimistes, les jeunes infirmières devraient choisir de poursuivre leurs études, car une formation supérieure ne peut que constituer un atout. À nous d’agir : l’avenir est devant nous !

 

La présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ,

Julie Poirier