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Lors du congrès du Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF), tenu à Québec en mai dernier, des étudiantes des quatre coins du monde ont eu l’occasion d’échanger sur différents sujets. Elles se sont également demandé, par exemple, si leur formation était propice à une pratique infirmière fondée sur le dialogue et bénéfique à une atmosphère d’humanité. Ces échanges ont été très constructifs et, d’ailleurs, très animés.
Il est vrai de dire que la formation axée sur la communication est une philosophie d’enseignement très importante, et ce, d’après tous les intervenants oeuvrant tant dans le domaine des sciences infirmières que de l’enseignement. Non seulement une infirmière doit-elle posséder et maîtriser des techniques, mais elle doit aussi être une excellente communicatrice. D’ailleurs, les infirmières s’entendent pour dire que la communication au travail revêt une importance de premier plan. La communication verbale les aide à mieux effectuer leur travail, tout comme l’aspect non verbal de l’échange humain, incluant le sourire, les signes de la main et le regard.
Cette nécessité de communiquer, la formation la transmet bien aux étudiantes qui apprécient cette approche plus humaine du soin. Cependant, dans les milieux de travail, l’illusion s’estompe et les infirmières vous diront : « On n’a plus le temps, justement, de prendre le temps de communiquer. » Les infirmières sont surchargées et la technique ainsi que l’administration semblent prendre beaucoup plus de place. Bref, on en vient à se demander si la communication est véritablement une chose essentielle. De ces exemples sont nées les interrogations soulevées lors du congrès du SIDIIEF à propos de la formation. Cette dernière est-elle vraiment adaptée? Ne devrions-nous pas offrir une formation de type « communication rapide et efficace » afin de préparer les étudiantes au marché du travail? Marthe Elvire Fénélon soulignait le fait suivant : si le dialogue est l’élément humain fondamental et si on pouvait le considérer comme un pilier pour les soins, il faudrait une formation plus poussée pour les étudiantes. J’irais même plus loin en disant que tous les administrateurs devraient restructurer la gestion des établissements de santé afin de permettre une meilleure communication entre les membres du personnel et les patients.
Cette question demeure ouverte car les sondages révèlent bien souvent que les patients sont satisfaits du travail des infirmières. Serait-ce donc que celles-ci n’ont pas une perception juste du travail accompli, incluant, en grande partie, la communication? La divergence soulevée ici entre l’évaluation des infirmières de leur propre travail communicatif et la perception générale des patients n’est peut-être, au fond, qu’un autre problème de communication.
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Photo : Martin Roy
Julie Poirier |
La présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ,
Julie Poirier
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