Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
Cherchez dans le site
  
 
Nous joindre
Liste de diffusion
Site de références
Section MEMBRES

Accueil >Salle de presse et publications > Périodiques > Le Journal

retour à la table des matières
Mars / Avril, Vol. 4 No 4

Une enquête canadienne sans précédent sur les infirmières

En décembre dernier, l’Institut canadien d’information sur la santé, Santé Canada et Statistique Canada rendaient publics les résultats d’une importante enquête conjointe sur le travail et la santé du personnel infirmier. Réalisée au cours de l’année 2005, cette enquête est la première à brosser un tableau représentatif à l’échelle nationale de la qualité des soins, des conditions de travail et de la santé physique et mentale des infirmières. Quelque 19 000 infirmières canadiennes, incluant des infirmières auxiliaires, ont été interrogées à cet égard. Le sondage dévoile que le nombre de ces professionnelles de la santé s’élève à plus de 314 900 dans l’ensemble du Canada.

Les infirmières interrogées ont donné des renseignements sur leurs conditions de travail, leur bien-être physique et mental et les défis à relever professionnellement. Leurs commentaires sur l’effectif, le stress au travail, la charge de travail et les heures supplémentaires, le respect en milieu de travail et la qualité des soins aux patients faisaient partie des informations recueillies.

« Avec le virage ambulatoire, le système de santé a évolué et les soins sont devenus de plus en plus intensifs, ce qui laisse aux infirmières moins de marge de manœuvre, le nombre de cas complexes étant plus élevé. Les budgets sont réduits et les équipes de base comptent moins d’infirmières; le personnel auprès du patient est donc réduit », a soulevé la présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers.

Les erreurs de médicament

L’Ordre est particulièrement préoccupé par le fait que 27 % des infirmières québécoises ont déclaré que des erreurs dans les médicaments ou le dosage s’étaient produits occasionnellement ou fréquemment au cours de la dernière année. À cet effet, l’OIIQ suit de très près la publication des rapports des coroners et publie ponctuellement des avis afin d’améliorer les compétences des infirmières. À l’extérieur du Québec, la proportion d’infirmières qui ont fait état d’erreurs de médicament occasionnelles ou fréquentes variait de 7 % à Terre-Neuve-et-Labrador à 18 % en Colombie-Britannique.

Des infirmières québécoises plus jeunes

D’autre part, le rapport indique que le personnel infirmier est relativement jeune au Québec, avec une moyenne d’âge de 42,9 ans, soit 1,4 an de moins que la moyenne nationale. Également, les infirmières d’ici sont moins susceptibles de travailler plus de 40 heures par semaine (28 %), ces proportions variant entre 30 % et 69 % dans le reste du Canada.

L’Ordre est particulièrement préoccupé par le fait que 27 % des infirmières québécoises ont déclaré que des erreurs dans les médicaments ou le dosage s’étaient produits occasionnellement ou fréquemment au cours de la dernière année.

 

La qualité des soins infirmiers

Outre les données sur les erreurs de médicaments dévoilées plus haut, 27 % des infirmières québécoises ont estimé que les soins s’étaient détériorés et 17 % ont mentionné que les soins s’étaient améliorés au cours de la période visée. Au Québec, le tiers des infirmières interrogées ont dévoilé avoir reçu, à l’occasion ou souvent, des plaintes des patients ou de leur famille, ce chiffre s’élevant à 38 % dans l’ensemble du pays.

Les risques d’infection

Près d’une infirmière sur cinq, au Québec, estime que son établissement ne prend pas assez de précautions pour empêcher la contagion, ce qui dépasse de loin la proportion à l’échelle nationale qui s’établit à 15 %. Par ailleurs, les infirmières du Québec sont moins préoccupées que leurs collègues des autres provinces du risque de contracter une maladie infectieuse grave au travail.

Les relations infirmière-médecin

Une forte proportion d’infirmières québécoises affirment entretenir de bonnes relations de travail avec les médecins. Cependant, cette proportion, de 84 %, est un peu plus faible que dans les autres provinces.

Malgré tout, seulement 13 % des infirmières québécoises se disent insatisfaites de leur travail. « Les infirmières sont impliquées et dévouées et cherchent à donner les meilleurs soins possible, même si le contexte est difficile. Le ministère de la Santé et des Services sociaux doit mettre de l’avant un plan d’action pour améliorer la situation étant donné que le sondage démontre que la population est directement touchée par les compressions budgétaires », a conclu la présidente de l’Ordre, Gyslaine Desrosiers.

D’autres données figurent dans le rapport, notamment concernant le milieu de travail et la santé physique et mentale des infirmières, ainsi que des informations comparatives entre les différentes provinces. Les conclusions de l’Enquête nationale sur le travail et la santé du personnel infirmier de 2005 – Résultats, sont disponibles sur le site Web de l’ICIS à l’adresse www.icis.ca.

 

Indice du travail en soins infirmier : relations de travail infirmières-médecins1, selon certaines caractéristiques, Canada, 2005

1 Selon les infirmières qui occupaient un emploi et qui ont dispensé des soins directs.
2 Les notes peuvent varier de 0 à 2, les notes plus élevées indiquant de meilleures relations de travail infirmières-médecins.
3 Dans le quartile le plus bas de la distribution pondérée.
4 Cabinets de médecins, agences privées de soins infirmiers, établissements d’enseignement, gouvernements, associations, etc.
5 Les infirmières ayant travaillé dans les territoires pendant une période quelconque de l’année passée ont été considérées comme ayant travaillé dans les territoires, même si elles ont pu aussi travailler ailleurs pendant une plus longue période.
6 Coeficient de variation entre 15,6 % et 33,3 % (à interpréter avec prudence).
Source : Enquête nationale sur le travail et la santé du personnel infirmier, 2005.