Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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Mars / Avril, Vol. 4 No 4

Chronique jeunesse

Reconnaître les compétences de chacun et partager malgré nos différences!

Il arrive que certaines publications nous amènent à réfléchir davantage sur des sujets d’actualité, et ce, parce qu’elles poussent plus loin les idées sur un sujet particulier ou qu’elles ébranlent certaines de nos convictions profondes. C’est ce que j’ai éprouvé à la lecture des commentaires de Yann Costello, infirmier au Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke (CHUS) et membre du Comité jeunesse du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CHUS (SPSICRCHUS), relativement au thème du Carrefour en action du Comité jeunesse de l’OIIQ, « Y a-t-il opposition entre l’expérience et le savoir? » (Journal du SPSICRCHUS, numéro 31, décembre 2006). En effet, dans ce texte, M. Costello met en lumière un des points importants qui ont été soulevés lors du dernier congrès de l’OIIQ, à savoir le fossé qui se creuse entre l’expérience et le savoir dans la profession infirmière.

M. Costello se demande s’il ne vaudrait pas mieux prendre en considération l’ensemble des intervenants de la profession infirmière, peu importe le niveau d’études et les postes occupés, plutôt que d’ériger des barrières entre les techniciennes et les praticiennes, les enseignantes et les chercheuses. Selon lui, ce fossé qui se creuse entre les diverses orientations de la science infirmière et des soins infirmiers ne fait pas que troubler les relations à l’intérieur même de notre profession, mais il amenuise aussi la force et l’impact que peut avoir notre profession dans la société.

C’est une réalité, nous sommes toutes infirmières mais avec des compétences et des responsabilités différentes : infirmières, infirmières cliniciennes, spécialistes, praticiennes spécialisées, chercheuses, enseignantes… Je crois que nous sommes capables de reconnaître cette différence qu’exige l’évolution des soins tout en reconnaissant chacune d’entre nous comme des infirmières à part entière. Les orientations que nous avons choisies au cours de nos études ou de notre carrière ne devraient pas nous isoler les unes des autres. En effet, nous partageons un même objectif qui est la santé globale de la société et ce ne sont que nos pratiques qui diffèrent.

Dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre est toujours présente, le fait de se rassembler pourra nous aider non seulement à combattre les effets de cette pénurie en facilitant l’échange de nos connaissances, mais aussi à offrir à la relève potentielle une image de la profession qui soit digne des personnes que nous sommes. Cet échange intellectuel autant que technique devra d’abord et avant tout s’effectuer en abolissant la mentalité selon laquelle si on a eu la vie dure en entrant sur le marché du travail, il est normal que celles qui nous suivent aient la vie dure aussi. Pourquoi faire revivre ainsi nos propres difficultés à celles qui ne demandent qu’à apporter un vent de fraîcheur dans les établissements de soins et de recherches?

Finalement, il est bien évident que ce type de problème n’est pas unique à notre profession. Mais si nous pouvons montrer à tous que nous sommes capables de nous organiser pour que chacun trouve un avantage à reconnaître les compétences de l’autre, non seulement notre profession et le système de la santé se porteront mieux, mais nous offrirons également à la société un modèle de réussite et d’excellence. S’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que nous aspirons toutes à l’excellence et à la plus grande qualité des soins et que nous avons toutes le potentiel d’y arriver dans le respect de nos différences.

Photo : Sylvain Légaré

Julie Poirier
Présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ