Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
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Mai / Juin, Vol. 4 No 5

Chronique jeunesse

S’engager ensemble dans l’implantation du PTI

I Lors de sa dernière réunion, le plan thérapeutique infirmier (PTI) a été présenté au Comité jeunesse de l’OIIQ. Unanimement, nous avons déclaré : « Enfin un outil concret et indispensable pour rendre visibles les compétences cliniques et les responsabilités des infirmières. » Pour nous, le cœur de notre profession demeure nos décisions cliniques prises au quotidien à la suite de l’évaluation de la condition des personnes, quel que soit le lieu d’exercice, les traitements et les soins que nous donnons.

Malgré l’unanimité et l’enthousiasme autour de l’importance capitale du PTI, tous étaient aussi d’accord sur le fait qu’un tel pas n’est pas évident à franchir dans le contexte actuel. Depuis l’entrée en vigueur de la « loi 90 », plusieurs jeunes infirmières nous disent qu’elles n’exploitent pas à sa juste valeur leur champ d’exercice et que les changements ne se sont guère manifestés dans les milieux de soins. Avec l’implantation du PTI, les infirmières n’auront pas le choix de dresser le profil clinique évolutif des problèmes et des besoins prioritaires des clients. Mais, tout comme les membres du Comité jeunesse, plusieurs infirmières expriment le fait qu’elles n’ont pas le temps nécessaire pour se dévouer à la cause et que, conséquemment, le milieu aura de la difficulté à absorber cette surcharge si rien n’est fait.

Mais devons-nous nous laisser abattre devant les contraintes? Comment pouvons-nous ensemble être à la hauteur des exigences de cette norme obligatoire de documentation et respecter sans trop de heurts et de déchirements son implantation d’ici 2009? Comment cela se déroulera-t-il? Comment faire pour s’engager ensemble vers la réussite?

En tout premier lieu, l’ensemble des infirmières doit oser affirmer ouvertement ses connaissances et son jugement clinique pour offrir des soins de qualité et sécuritaires. Saurons-nous aussi remettre en question nos habitudes de travail et confier à d’autres des activités ou des tâches qui nous permettraient de jouer pleinement notre rôle?

J’interpelle les gestionnaires en soins infirmiers et aussi les directions d’établissements afin qu’ils prennent le temps de réfléchir aux moyens de favoriser l’implantation du PTI. Les milieux devront mettre en place des conditions gagnantes : formation, soutien après le début de l’implantation, suivi afin de connaître les opinions, valorisation de l’importance du PTI et assurance que les infirmières font des tâches requérant leurs compétences infirmières. Le véritable enjeu pour les gestionnaires, c’est qu’ils devront organiser les soins infirmiers pour que l’infirmière joue pleinement son rôle au niveau de l’évaluation et du suivi clinique.

Les enseignants, de leur côté, devront préparer les étudiants pour qu’au moment de leur entrée sur le marché du travail, ils soient prêts à travailler avec le PTI. Ils devront être formés pour émettre des directives infirmières afin d’orienter le travail de l’infirmière auxiliaire et des autres membres de l’équipe de soins. Le sondage des candidates à l’exercice de la profession infirmière (CEPI), effectué par le Comité jeunesse en 2004, rapportait la difficulté pour les jeunes infirmières dès leur entrée sur le marché du travail à coordonner les soins de l’équipe, et ce, en plus d’éprouver de la difficulté à se retrouver dans l’administration reliée à leur travail.

Nous reconnaissons que le PTI est un pas important dans la bonne direction pour exercer pleinement nos activités réservées d’évaluation, de surveillance clinique et de suivi infirmier.

Passons du discours à l’action et engageons-nous ensemble dans l’implantation du PTI!

Photo : Sylvain Légaré

Julie Poirier
Présidente du Comité jeunesse de l’OIIQ