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Le Journal, novembre / décembre 1998, Volume 6 Numéro 2

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Chronique déonto
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Échanger sur les valeurs professionnelles…simplement passionnant !

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L’infirmière a obtenu l’autorisation du patientavant de transmettre son dossier.

Crédit de photo: Colette Beaulieu,CHUM,campus Hôtel-Dieu

Vous n’avez pas eu la chance de faire partie d’un groupe de consultation sur la révision du Code de déontologie? Vous croyez qu’il s’agit d’un processus laborieux et théorique? Détrompez-vous: à en juger par les commentaires des infirmières qui ont fait partie d’un groupe de consultation, c’est tout simplement passionnant!

La mise en situation clinique suivante leur a permis d’échanger sur leurs valeurs professionnelles et de préciser celles qui, à leurs yeux, devraient guider les interventions de l’infirmière. Un patient diabétique reçoit son congé d’un centre hospitalier. Il apprend que des infirmières de son CLSC assureront le suivi de ses soins et la surveillance de sa plaie à la jambe. Il refuse l’aide qu’on lui propose, car il craint que certains renseignements notés dans son dossier soient transmis au CLSC, notamment le fait qu’il est porteur du virus de l’hépatite B. Que doit faire l’infirmière, et sur quelles valeurs doivent reposer ses actions?

Les infirmières ont discuté de ce qu’elles feraient dans une situation semblable. Elles ont désigné trois interventions possibles: tenter d’obtenir l’autorisation du patient en vue de transmettre son dossier au CLSC, dont le contenu sera communiqué de toute façon; en cas de désaccord, demander au patient de signer un formulaire pour confirmer son refus de suivi; si le patient accepte que des renseignements portés à son dossier soient transmis, communiquer l’information nécessaire au plan de soins et divulguer le fait que le patient est porteur du virus de l’hépatite B afin d’assurer la sécurité de leurs collègues.

Dans une situation de ce genre, l’infirmière devrait se poser trois questions fondamentales: doit-elle transmettre l’information même si le patient s’y oppose? Quelle est la nature des renseignements qu’elle peut transmettre? Peut-elle violer la confidentialité d’un dossier dans le seul but d’assurer la sécurité des infirmières?

Les valeurs professionnelles qui ont fait l’unanimité au cours des discussions sont le souci du bien-être du patient, le respect de sa vie privée et le respect de son autonomie, exprimé par son droit de faire des choix et d’être informé. En s’appuyant sur ces valeurs, le groupe de consultation a facilement pu déterminer les interventions appropriées à la situation qui lui avait été proposée: l’infirmière explique au patient l’importance d’assurer un suivi adéquat; elle l’informe de la nature des renseignements à communiquer et s’assure qu’ils concernent le traitement requis; elle lui explique que l’information non essentielle à son suivi ne sera pas divulguée, car l’application des précautions universelles assure déjà la sécurité des intervenants du CLSC; elle obtient son accord avant de transmettre toute information; elle respecte la décision du patient, quelle qu’elle soit, au sujet de la divulgation du contenu de son dossier, puisqu’il aura d’abord reçu tous les renseignements nécessaires pour prendre une décision éclairée.

Le groupe de consultation a conclu que le but ultime des interventions de l’infirmière est d’assurer le bien-être du patient et de respecter son autonomie. Vous avez hâte d’entendre parler des conclusions des autres groupes consultés? Lisez la « Chronique déonto » du prochain numéro.