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Linfirmière a obtenu lautorisation
du patientavant de transmettre son dossier.
Crédit de photo: Colette Beaulieu,CHUM,campus
Hôtel-Dieu |
Vous navez pas eu la chance de faire partie dun groupe de consultation sur
la révision du Code de déontologie? Vous croyez quil sagit dun
processus laborieux et théorique? Détrompez-vous: à en juger par les commentaires des
infirmières qui ont fait partie dun groupe de consultation, cest tout
simplement passionnant!
La mise en situation clinique suivante leur a permis déchanger sur leurs valeurs
professionnelles et de préciser celles qui, à leurs yeux, devraient guider les
interventions de linfirmière. Un patient diabétique reçoit son congé dun
centre hospitalier. Il apprend que des infirmières de son CLSC assureront le suivi de ses
soins et la surveillance de sa plaie à la jambe. Il refuse laide quon lui
propose, car il craint que certains renseignements notés dans son dossier soient transmis
au CLSC, notamment le fait quil est porteur du virus de lhépatite B. Que doit
faire linfirmière, et sur quelles valeurs doivent reposer ses actions?
Les infirmières ont discuté de ce quelles feraient dans une situation
semblable. Elles ont désigné trois interventions possibles: tenter dobtenir
lautorisation du patient en vue de transmettre son dossier au CLSC, dont le contenu
sera communiqué de toute façon; en cas de désaccord, demander au patient de signer un
formulaire pour confirmer son refus de suivi; si le patient accepte que des renseignements
portés à son dossier soient transmis, communiquer linformation nécessaire au plan
de soins et divulguer le fait que le patient est porteur du virus de lhépatite B
afin dassurer la sécurité de leurs collègues.
Dans une situation de ce genre, linfirmière devrait se poser trois questions
fondamentales: doit-elle transmettre linformation même si le patient sy
oppose? Quelle est la nature des renseignements quelle peut transmettre? Peut-elle
violer la confidentialité dun dossier dans le seul but dassurer la sécurité
des infirmières?
Les valeurs professionnelles qui ont fait lunanimité au cours des discussions
sont le souci du bien-être du patient, le respect de sa vie privée et le respect de son
autonomie, exprimé par son droit de faire des choix et dêtre informé. En
sappuyant sur ces valeurs, le groupe de consultation a facilement pu déterminer les
interventions appropriées à la situation qui lui avait été proposée:
linfirmière explique au patient limportance dassurer un suivi adéquat;
elle linforme de la nature des renseignements à communiquer et sassure
quils concernent le traitement requis; elle lui explique que linformation non
essentielle à son suivi ne sera pas divulguée, car lapplication des précautions
universelles assure déjà la sécurité des intervenants du CLSC; elle obtient son accord
avant de transmettre toute information; elle respecte la décision du patient, quelle
quelle soit, au sujet de la divulgation du contenu de son dossier, puisquil
aura dabord reçu tous les renseignements nécessaires pour prendre une décision
éclairée.
Le groupe de consultation a conclu que le but ultime des interventions de
linfirmière est dassurer le bien-être du patient et de respecter son
autonomie. Vous avez hâte dentendre parler des conclusions des autres groupes
consultés? Lisez la « Chronique déonto » du prochain numéro.
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