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Volume 2, Numéro 2, Février 2010

Près de neuf infirmières sur dix exercent toujours la profession après cinq ans

L'abandon prématuré de la profession par les nouvelles infirmières demeure une perception bien ancrée tant dans les médias que chez les intervenants concernés par la planification de cette main-d'œuvre. Des données factuelles et quantitatives sur les quelque 8 600 nouvelles infirmières qui ont intégré la profession au Québec de 1999-2000 à 2003-2004 apportent un éclairage nouveau sur ce phénomène. En effet, les données présentées ici sont plus encourageantes, non seulement en ce qui concerne la rétention des infirmières de la relève, mais également l'entrée massive de ces dernières dans la profession à partir de 2003.

Le graphique 1 démontre que, en moyenne, 88,9 % de ces 8 600 nouvelles infirmières exercent toujours la profession cinq ans après y avoir fait leur entrée. En outre, on note une légère amélioration de ce taux de rétention dans les années les plus récentes : 89,7 % des infirmières qui ont commencé à exercer en 2003-2004 sont toujours inscrites au Tableau de l'OIIQ1 cinq ans plus tard, comparativement à 87,7 % de celles qui avaient débuté en 1999-2000. Par ailleurs, si on ne tient pas compte des nouvelles infirmières diplômées hors Québec, le taux de rétention après cinq ans grimpe à 91,6 % (données non illustrées). Le Portrait de la relève infirmière 2008-2009 présente les taux de rétention selon la région de l'employeur des nouvelles infirmières.

Graphique 1 :
Proportion des nouvelles infirmières renouvelant leur droit d'exercice 1, 2, 3, 4 et 5 ans après leur entrée dans la profession


Graphique 1
Le graphique 2 montre que parmi les nouvelles recrues (femmes et hommes) toujours actives après cinq ans, la proportion des femmes qui ne se sont pas inscrites au Tableau pendant une année ou plus passe de 3,3 % pour le groupe de 1999-2000 à 7,8 % pour le groupe de 2003-2004. D'ailleurs, le nombre d'heures de congés parentaux utilisées annuellement par les infirmières syndiquées du réseau public de la santé a enregistré une croissance de 44 % entre 2003-2004 et 2008-20092. Cette situation correspond au baby-boom que connaît le Québec depuis 2005. Comparativement, chez les hommes, la proportion de ceux qui se sont absentés du Tableau diminue d'un groupe à l'autre. Ces données revêtent une importance particulière en matière de planification de main-d'œuvre infirmière si l'on considère que 90,5 % des membres de la profession sont de sexe féminin.

1- Les infirmières doivent s'inscrire au Tableau de l'OIIQ tous les ans afin de conserver leur droit d'exercer cette profession au Québec (pour plus de détails).

2 - Ministère de la Santé et des Services sociaux, Direction générale du personnel réseau et ministériel, données non publiées.


Graphique 2 :
Proportion des nouvelles recrues actives après cinq ans qui ne se sont pas inscrites au Tableau pendant une année ou plus, selon le sexe


Graphique 2

Le réseau public de la santé garde plus difficilement ses nouvelles recrues

Entre 1999-2000 et 2003-2004, le réseau public de la santé et des services sociaux (RSSS) a recruté 92 % des nouvelles infirmières disponibles sur le marché du travail. Parmi celles qui ont commencé à exercer dans le réseau public, moins de 80 % y étaient encore cinq ans plus tard. Heureusement, la majorité de celles qui quittent le RSSS continuent quand même d'exercer leur profession.

Le graphique 3 indique en effet que le taux de rétention des nouvelles infirmières dans le réseau public décline beaucoup plus rapidement que le taux de rétention de l'ensemble des nouvelles infirmières. On observe une différence de dix points de pourcentage après cinq ans. Ainsi, les nouvelles infirmières sont fidèles à leur profession, mais moins à leur employeur. Ces données pourraient expliquer pourquoi certains intervenants disent avoir eu de mauvaises expériences relativement au maintien en poste des nouvelles infirmières.


Graphique 3 :
Taux de rétention moyen des nouvelles infirmières dans la profession et dans le RSSS, après 1, 2, 3, 4 et 5 ans


Graphique 3

Un taux de rétention enviable pour la relève infirmière du Québec…

Des données provenant d'autres ordres professionnels, notamment les infirmières de l'Ontario et les infirmières auxiliaires du Québec et de l'Ontario, semblent indiquer que les infirmières du Québec seraient plus fidèles. En effet, leur taux de rétention après cinq ans serait supérieur de presque quatre points de pourcentage à celui des infirmières ontariennes et de plus de dix points à celui des infirmières auxiliaires, tant québécoises qu'ontariennes.

Le graphique 4 illustre que dans chacun des quatre groupes, le taux de rétention après la première année est comparable, se situant autour de 96 %. Toutefois, le taux de rétention dans les années suivantes diminue moins rapidement chez les infirmières québécoises.


Graphique 4 :
Proportion des nouvelles infirmières et infirmières auxiliaires, du Québec et de l'Ontario, renouvelant leur droit d'exercice après 1, 2, 3, 4 et 5 ans


Graphique 4


…et qui ne semble pas vouloir fléchir !

Autour de 2 800 nouvelles infirmières intègrent les rangs de la profession annuellement depuis 2004-2005. Le taux de rétention de ces nouvelles infirmières après leur première année d'exercice se situe autour de 98 %. Ce taux est supérieur de plus d'un point de pourcentage, en moyenne, à celui observé chez les nouvelles infirmières avant 2004-2005.

Entre 2004-2005 et 2007-2008, soit sur une période de quatre ans, près de 11 300 nouvelles infirmières ont intégré la profession. Il s'agit de 30 % de plus qu'au cours des cinq années précédentes. Et l'autre bonne nouvelle : elles sont, en moyenne, plus nombreuses que leur prédécesseurs à maintenir leur droit d'exercice, du moins après leur première année. En effet, depuis 2004-2005, 97,8 % des nouvelles infirmières se réinscrivent au Tableau après la première année comparativement à 96,5 % des nouvelles infirmières qui ont débuté avant 2004-2005.

Le graphique 5 laisse même entrevoir que cette tendance pourrait se maintenir après la deuxième année. Il va sans dire que cette situation fait l'objet d'une surveillance attentive à l'OIIQ. Et certainement l'objet d'un bulletin Infostats en 2011 !


Graphique 5 :
Proportion des nouvelles infirmières renouvelant leur droit d’exercice après 1 et 2 ans


Graphique 5

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