SECTION 1:
L'ORGANISATION DES SERVICES
QUESTION A :
Partagez-vous l'avis qu'au-delà des difficultés
de financement du système, il existe un problème important
d'organisation des services de base et des services
spécialisés ?
On ne peut passer sous silence que les compressions majeures des dernières années dans les programmes sociaux et de santé affectent encore l'accessibilité aux soins et l'organisation clinique. Cela étant dit, une utilisation plus efficace du financement disponible est tout aussi nécessaire que l'injection de nouvelles sommes dans les soins de santé et les services sociaux. L'exemple de l'Ontario, qui a un niveau de ressources et de dépenses de santé parmi les plus élevés au Canada, illustre ce phénomène : malgré l'ampleur des budgets consacrés au système de soins et de services, on y déclare être à bout de souffle (Cornellier, 2000).
Au Québec, comme partout ailleurs, il y a un manque d'argent disponible pour que la population s'offre tous les biens et services de santé et les services sociaux dont elle a besoin. Il y a donc d'importants choix à faire. La recherche de solutions qui respectent un juste équilibre entre les investissements dans les services de base et dans les services spécialisés s'avère cruciale.
En outre, l'amélioration de l'efficacité et de l'accessibilité du système reste à achever. Le manque de flexibilité se manifeste dans les conditions de la pratique professionnelle et dans les conventions collectives, ce qui complique davantage une situation marquée par la pénurie de main-d'uvre professionnelle. Parmi les solutions concrètes proposées par l'OIIQ, soulignons une meilleure utilisation du potentiel des infirmières en place et le développement de nouveaux rôles d'infirmières, là où la demande se fait sentir. Une étude récente sur le sujet illustre le retard du Québec à développer le rôle des infirmières comparativement aux autres provinces canadiennes (Centre for Nursing Studies et The Institute for the Advancement of Public Health, 2000). Le Québec se doit de faire évoluer la pratique professionnelle infirmière dans les services de base comme dans les services spécialisés.
Enfin, ce qui rallie les membres d'une organisation de santé autour d'objectifs de résultats de soins, c'est la responsabilité clinique et financière envers une population (Leatt et al., 2000). Pour améliorer l'organisation des services, les auteurs privilégient trois axes d'intégration : l'intégration fonctionnelle, l'intégration de la pratique médicale et l'intégration clinique (pour plus de détail, voir la fiche n° 1 en annexe).
Les résultats de cette intégration sont perceptibles pour les malades qui n'ont pas à répéter constamment leur histoire de cas, qui ont accès à des services 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, qui n'ont pas à faire face à des files d'attente et qui reçoivent une information appropriée et compréhensible de la part des professionnels de la santé qui les soignent. Il s'agit d'objectifs de résultats de soins qui sont appuyés et partagés par les infirmières.
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