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Chronique jeunesse

À la rencontre d’une infirmière de la relève inspirante!

Chronique mise à jour en novembre 2020

Par Charles Bilodeau, président du Comité jeunesse de l’OIIQ

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18 nov. 2020
À la rencontre d’une infirmière de la relève inspirante!

Cette chronique est la deuxième d’une série de trois sur l’identité professionnelle et le leadership infirmier de la relève.

L’année dernière, je suis allé à la rencontre de Gracia Kasoki Katahwa, une infirmière issue de la relève qui incarne un leadership infirmier novateur dans lequel le rôle politique de l’infirmière est mis de l’avant. En octobre 2020, elle a été réélue au poste d’administratrice au Conseil d’administration de l’OIIQ. Je tiens d’abord à lui transmettre toutes mes félicitations et lui souhaiter beaucoup de succès dans cette nouvelle fonction. Cette récente nomination nous rappelle que le Conseil d’administration de l’OIIQ peut représenter une voix importante pour la relève infirmière et constituer un lieu privilégié en vue de l’exercice d’une influence politique tangible. Je vous présente ici les moments forts de notre conversation qui portent notamment sur l’importance de l’implication – une valeur que souhaite transmettre Gracia aux infirmières et infirmiers de la relève. J’espère donc que cette chronique vous inspirera à vous engager et à développer votre leadership!

 

Charles : À partir de tes expériences, que signifie pour toi le leadership infirmier?

Gracia : À mon avis, un élément central du leadership infirmier, c’est l’audace. L’audace est nécessaire pour répondre aux défis auxquels la profession fait face actuellement. Comme nous l’avons constaté lors du dernier congrès de l’OIIQ, c’est en ayant l’audace de changer les choses que les infirmières arrivent à améliorer la santé des populations. N’ayons pas peur de défier le statu quo, que ce soit au sein de la profession infirmière, du système de santé ou de la société en général. Il revient à chaque infirmière et infirmier d’affirmer clairement son rôle auprès de la population et des autres professionnels et d’occuper pleinement son champ d’exercice dans le but de veiller à la prestation de soins de qualité.

 

Charles : En plus d’affirmer leur rôle, comment est-ce que les infirmières et infirmiers de la relève peuvent développer les compétences requises pour être actifs sur le plan politique?

Gracia : Je pense que cela passe notamment par l’implication et l’engagement social selon nos intérêts personnels. Ce sont les meilleurs leviers d’apprentissage. En nous impliquant dans des organisations avec des missions qui nous interpellent, que ce soit en lien direct ou indirect avec la profession infirmière, nous pouvons ainsi développer nos habiletés politiques et notre réseau de contacts.

 

Charles : Dans la dernière année, le Comité jeunesse s’est beaucoup intéressé à la notion d’identité professionnelle. Penses-tu que ces implications peuvent contribuer au développement d’une identité professionnelle forte et affirmée?

Gracia : Oui, assurément. Souvent, ces organisations vont identifier des enjeux en lien avec leur mission pour ensuite les étudier de façon approfondie et prendre des mesures pour relever des défis de société. En étant présents à la table lors des discussions, nous pouvons y apporter la perspective infirmière et contribuer à faire connaître notre rôle, nos perspectives, les valeurs de justice sociale et d’équité qui caractérisent notre profession, etc. Si une infirmière ou un infirmier était présent à chacune des tables où se prennent des décisions importantes, je pense que notre identité professionnelle collective serait encore plus forte et reconnue auprès des différents acteurs de la société!

 

Charles : Aurais-tu des exemples d’organisation dans lesquelles une infirmière ou un infirmier de la relève qui a de l’intérêt envers l’implication politique pourrait s’engager?

Gracia : Pour commencer, il y a les associations étudiantes, en sciences infirmières ou non, qui sont un bon point de départ. Pour les enjeux qui touchent spécifiquement la relève infirmière, il y a les comités jeunesse des ordres régionaux et les comités de la relève infirmière dans les établissements de la santé. Les jeunes infirmières et infirmiers qui y sont impliqués ont une influence réelle sur la profession infirmière à l’échelle régionale. Il faut aussi penser aux associations professionnelles infirmières comme possibilité d’engagement. Les syndicats sont également des bons endroits pour développer ses habiletés politiques et de négociation.

Par ailleurs, il y a plein d’organismes sans but lucratif où on peut s’impliquer et qui permettent de développer des habiletés très concrètes en stratégie, en gestion de projets, en gestion d’équipes, en relations publiques et en communication. Finalement, il ne faut pas avoir peur de la politique partisane. Les ailes jeunesse des partis politiques sont une excellente école du leadership.

 

Quelques mots sur le parcours professionnel de Gracia

Après 10 ans de pratique clinique et d’expertise-conseil dans le réseau, Gracia est maintenant chef du développement de la pratique professionnelle et des partenariats en soins – volet des clientèles vulnérables, au CIUSSS de l’Ouest-de-l'Île-de-Montréal. Elle a complété un baccalauréat en sciences infirmières à l’Université Laval et une maîtrise en administration publique à l’École nationale d’administration publique (ENAP). Elle poursuit actuellement une maîtrise en droit et politiques de la santé à l’Université de Sherbrooke, où elle concentre ses travaux sur le rôle d’advocacy de l’infirmière. En octobre 2020, elle a été réélue en tant qu’administratrice au Conseil d’administration de l’OIIQ, poste qu’elle occupait depuis 2018.

 

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