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Perspective infirmière | novembre-décembre 2020

À propos du glaucome

Saurez-vous discerner le vrai du faux?

Dalila Benhaberou-Brun, B. Sc. inf., B. Sc., M. Sc.

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12 nov. 2020
À propos du glaucome

Avec plus de 400 000 personnes atteintes au Canada dont 70 000 au Québec, le glaucome demeure une maladie méconnue, parfois confondue avec la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Il évolue généralement sans symptômes et constitue l’une des principales causes de cécité dans le monde. Considéré comme silencieux, le glaucome pourrait concerner plus de 110 millions de personnes en 2040

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1. Le glaucome affecte le nerf optique.

 

Réponse : Vrai

Le glaucome est une maladie de l’œil qui affecte la transmission des informations dans le nerf optique. Les fibres nerveuses qu’il contient sont endommagées, ce qui entraîne une détérioration de la vision et ultimement la cécité. Le champ visuel se trouve perturbé par une diminution de la vision périphérique. La majorité des cas présentent une élévation de la pression intraoculaire (PIO). Le glaucome peut affecter des individus jeunes et plus rarement des enfants. Les personnes les plus touchées sont généralement âgées de plus de 60 ans et présentent des antécédents familiaux ou des facteurs de risque comme l’épaisseur de la cornée. Le dépistage est donc crucial : il consiste à mesurer la PIO, à tester le champ visuel et à examiner le nerf optique (Association canadienne des optométristes, n.d.).

 

2. Le glaucome peut se présenter sous plusieurs formes.

 

Réponse : Vrai

Le glaucome est habituellement bilatéral. On le qualifie de primaire en l’absence d’une autre maladie des yeux. L’humeur aqueuse est produite par les cellules du corps ciliaire et se déverse dans la circulation veineuse par le trabéculum, une zone située à l’angle normal formé entre l’iris et la cornée. Si l’humeur ne s’évacue pas, la PIO augmente au-delà de 22 millimètres de mercure (mmHg), jusqu’à 50 mmHg, et endommage le nerf optique. Les formes primaires du glaucome sont en majorité à angle ouvert (90 % des cas); il s’agit du glaucome primaire à angle ouvert (GPAO). Le glaucome à angle fermé (10 % des cas) constitue une urgence médicale (Blondeau, Harasymowycz, Hamel, David et Crichton, 2014). Un glaucome est dit secondaire s’il est causé par un traumatisme, une malformation, une tumeur, une chirurgie ou un traitement médicamenteux (prise de corticostéroïdes pendant de longues périodes).

 

3. La pression intraoculaire est élevée dans tous les glaucomes.

 

Réponse : Faux

Parmi tous les cas de glaucome GPAO, un tiers sont considérés à pression normale. Il existe une variation circadienne de la PIO. En cas de suspicion d’un glaucome à pression normale, la personne consultera un ophtalmologue pour faire mesurer la PIO toutes les heures pendant une journée. Chez un sujet sain, la PIO fluctue d’environ 5 mmHg, contre 12 mmHg chez un individu atteint de glaucome. En général, l’ophtalmologue déterminera le traitement adapté selon la pression ciblée (Société canadienne d’ophtalmologie, n.d.).

 

4. Certains sports sont déconseillés pour les personnes atteintes de glaucome.

 

Réponse : Vrai

En général, fournir un effort ou faire un exercice qui bloque la circulation dans les veines jugulaires est prohibé. Bien que l’activité physique soit recommandée puisqu’elle protège les personnes contre les dommages liés au glaucome, certains sports sont toutefois déconseillés (Blondeau et al., 2014). Ainsi, si la plongée en eau peu profonde et l’alpinisme n’ont pas d’impact sur la PIO, en l’absence de traitement, les postures de yoga maintenant la tête en bas de façon prolongée doivent être évitées. Aussi, la manœuvre de Valsalva pendant l’expiration augmente la PIO (Weiner, Cole, Ou et Ritch, 2019).

 

5. Les gouttes ophtalmiques à base de bêtabloquants sont les seuls traitements efficaces.

 

Réponse : Faux

Les bêtabloquants en collyres sont utilisés depuis les années 1970 pour abaisser la PIO (Société canadienne d’ophtalmologie, n.d.). Malheureusement, ces médicaments peuvent occasionner des effets secondaires sur les plans respiratoire ou cardiaque. De nouvelles molécules ont fait leurs preuves plus récemment, comme les analogues de la prostaglandine qui augmentent l’évacuation de l’humeur aqueuse tout en diminuant la PIO. Avec une seule goutte administrée le soir, ces molécules sont les plus efficaces sur le marché (Blondeau et al., 2014). Dans les cas plus sévères ou résistant à la combinaison de collyres, des traitements au laser (iridotomie, trabéculoplastie) ou chirurgicaux classiques (trabéculectomie) et minimalement invasifs (pose d’endoprothèses) peuvent réussir à abaisser la PIO et à drainer l’humeur aqueuse (Association canadienne des optométristes, n.d.; Fondation du glaucome du Québec, n.d.).

 

 

Remerciements

L’auteure tient à remercier Carole Desharnais, infirmière, le Dr Oscar Kasner, ophtalmologiste et Marc Renaud, technicien en ophtalmologie pour leur collaboration.
Rédactrice indépendante, elle publie des articles et des ouvrages en soins infirmiers sur des sujets cliniques.


Références

Association canadienne des optométristes. (n.d.). «Glaucome, le voleur de vue silencieux». Repéré à https://opto.ca/fr/health-library/glaucome

Blondeau, P., Harasymowycz, P., Hamel, P., David, F. et Crichton, A. C. S. (2014). «Le glaucome». Paris: Annika Parance.

Fondation du glaucome du Québec. (n. d.). «Les traitements». Repéré à http://fondationglaucomequebec.com/les-traitements/

Gillmann, K. et Mansouri, K. «Minimally invasive glaucoma surgery: Where is the evidence?» Asia-Pacific Journal of Ophthalmology, 9(3), 203-214. Repéré à https://doi.org/10.1097/APO.0000000000000294

Société canadienne d’ophtalmologie. (n.d.). «Traitements du glaucome».

Weiner, G., Cole, R., Ou, Y. et Ritch, R. (2019). «Glaucoma and exercise: What to tell your patients». EyeNet Magazine, [mars], 27-29.

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