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Chronique déontologique

Administration de médicaments : les obligations déontologiques

Par Joanne Létourneau, inf., M. Sc., syndique, et Sandra Moretti, inf., M. Sc. inf., conseillère à la consultation déontologique

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02 mai 2019
Administration de médicaments : les obligations déontologiques
© Shutterstock / Syda Productions

L’administration et l’ajustement des médicaments ou d’autres substances font partie des activités les plus fréquentes dans le quotidien d’une infirmière. Bien qu’elle puisse sembler technique, cette activité nécessite que l’infirmière possède les connaissances, les habiletés et le jugement clinique requis pour administrer et ajuster un médicament, mais également pour déterminer et ajuster le plan thérapeutique infirmier d’un client sous thérapie médicamenteuse, puis assurer la surveillance clinique appropriée.

Selon la Loi sur les infirmières et les infirmiers (LLI), l’administration et l’ajustement des médicaments ou d’autres substances ainsi que le mélange de substances en vue de compléter la préparation d’un médicament, selon une ordonnance (individuelle ou collective), font partie des activités réservées de l'infirmière. En ce qui concerne la pharmacothérapie, le rôle de l'infirmière ne se limite pas à l’administration ou à l’ajustement d’un médicament. En effet, l’évaluation de l’état de santé du client, la décision d'administrer ou non un médicament, la vérification des interactions médicamenteuses, la surveillance clinique pré et postadministration (effets indésirables, efficacité du médicament, etc.), l'enseignement et le suivi infirmier sont toutes des activités importantes liées au traitement pharmacologique (Durand et al., 2011) dont l'infirmière est responsable.

La protection du public exige que l'infirmière respecte, en tout temps, les principes d’une administration sécuritaire des médicaments (Potter et al., 2016). L'infirmière doit éviter tout automatisme et prendre toutes les précautions possibles à cet égard. Un comportement négligent peut entraîner des conséquences graves pour le client, voire son décès.

Il est primordial de rappeler l’importance d’évaluer l’état de santé du client avant de lui administrer un médicament prescrit selon une posologie donnée ou pour prise au besoin (PRN). Une récente publication de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (2018) concernant l’administration d’un médicament PRN rappelle que l’évaluation de l’état de santé d’un client symptomatique permet d'identifier la ou les causes des symptômes et de vérifier s'il y a présence de symptômes associés, pour ensuite déterminer les interventions appropriées, d'ordre pharmacologique ou non, afin de répondre aux besoins cliniques du client.

 

« L’infirmière doit éviter tout automatisme et prendre toutes les précautions possibles à cet égard. »

 

 


Références

«Code de déontologie des infirmières et infirmiers», RLRQ, c. I-8, r. 9.

Durand, S., Brodeur, J., Gagnon, N., Maillé, L. et St-Onge, J. (2011). «VIP - Vigilance infirmière en pharmacothérapie». Montréal: OIIQ.

«Loi sur les infirmières et les infirmiers», RLRQ, c. I-8, art. 36.

OIIQ. (2018a). «Pratique infirmière - Qui peut décider d'administrer un médicament PRN?».

OIIQ. (2018b). «Chronique déontologique - La dénonciation des incidents et accidents: une obligation déontologique». Potter, P. A. et Perry, A. G. (2016). «Soins infirmiers - Fondements généraux» (4e éd.), Tome 2. Montréal: Chenelière Éducation.

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