Pratique professionnelle

 

Espace de ressources pour l'infirmière et l'infirmier

 

Pratique professionnelle
Perspective infirmière | Hiver 2021

Assemblée générale annuelle (AGA) 2020 de l’OIIQ

La priorité : faire reconnaître l’expertise infirmière
21 janv. 2021
Assemblée générale annuelle (AGA) 2020 de l’OIIQ
Événements | AGA 2020 Assemblée générale annuelle

La 100e année d’existence de l’OIIQ aura été exceptionnelle en tous points. Alors que le début de 2020 marquait le lancement d’une programmation sur les activités du centenaire qui n’aura pu être déployée, le printemps a rapidement plongé toute la profession dans une longue et éprouvante lutte contre la COVID-19. L’Assemblée générale annuelle (AGA) du 9 novembre dernier s’est déroulée en mode virtuel, alors que 835 délégués y ont participé en s’y connectant.

Luc Mathieu réélu à titre de président

Luc Mathieu a ouvert l’AGA à partir d’un plateau situé au Palais des congrès. Une plateforme virtuelle a rendu possible la participation active des délégués, qui ont ainsi pu procéder à des votes décisionnels ou indicatifs sur les propositions présentées et sur le montant de la cotisation. L’Assemblée a été présidée par Me Sophie-Emmanuelle Chebin. Elle a annoncé que Luc Mathieu avait été réélu par acclamation à titre de président du Conseil d’administration de l’OIIQ pour un mandat de quatre ans.

Il a été fait mention de la première consultation auprès des membres au sujet de la cotisation annuelle 2021-2022, qui s’est échelonnée du 11 août au 11 septembre 2020. Sur les 78 204 membres inscrits au Tableau de l’OIIQ en date du 31 mars 2020, 3 668 membres y ont participé, soit un peu moins de 5 % de l’effectif. Le Conseil d’administration de l’OIIQ a pris en compte l’ensemble des commentaires et le montant définitif de la cotisation 2021-2022 sera annoncé en février. Celle-ci pourra dorénavant être payée en trois versements égaux. La possibilité de la payer en un seul versement demeure.

Mathieu a tiré un bilan de son premier mandat de deux ans à la présidence de l’OIIQ. Son rapport annuel, riche en réalisations, a rappelé que les quelque 78 000 infirmières et infirmiers du Québec représentent un puissant levier en matière d’accès aux soins en raison de leur rôle stratégique au sein du réseau de la santé.

Reconnaissance de l’expertise des IPS

Après plus de 10 ans de revendications de la part de l’OIIQ, le gouvernement a enfin reconnu l’expertise des infirmières praticiennes spécialisées et infirmiers praticiens spécialisés (IPS), qui pourront dorénavant poser des diagnostics et effectuer le suivi de grossesses en fonction de leur classe de spécialité. En effet, la dernière année a été marquée par un événement historique : la législation encadrant l’exercice des IPS et les modalités d’exercice seront dorénavant déterminées par l’OIIQ par le truchement du Règlement sur les infirmières praticiennes spécialisées découlant de la Loi modifiant la Loi sur les infirmières et les infirmiers et d’autres dispositions afin de favoriser l’accès aux services de santé. L’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions favorisera un meilleur accès aux soins de santé pour la population.

Entente de collaboration avec les ordres régionaux

Un projet d’entente de collaboration a été adopté en octobre 2020 afin de favoriser une collaboration optimale de l’OIIQ avec les ordres régionaux sur trois axes de collaboration : le développement professionnel continu, le rayonnement et la communication, ainsi que la gestion financière.

Des mesures exceptionnelles en temps de pandémie

« La pandémie a été et est encore l’occasion de démontrer à la population et à tous les acteurs et professionnels de la santé les compétences et l’expertise démontrées avec éloquence par les infirmières et infirmiers dans ce contexte particulièrement difficile, a soutenu Luc Mathieu. Je le répète, nulle réforme du réseau de la santé visant à améliorer l’accès aux soins de santé ne peut réussir sans l’optimisation de votre contribution. Ainsi, un grand défi nous attend au cours des prochains mois et des prochaines années : celui de faire connaître et reconnaître votre expertise. L’Ordre sera partie prenante des solutions à mettre en place, et ses actions vont en ce sens dans son plan stratégique 2020-2023. »

À peine un mois après le lancement de la planification stratégique 2020-2023, l’OIIQ s’est employé à la mettre en application à la vitesse grand V pour faire face à la pandémie. Cela s’est traduit par le développement immédiat d’une collaboration constante avec les ministères et parties prenantes de l’OIIQ, la création d’interfaces avec les autres ordres professionnels, le Conseil interprofessionnel du Québec et l’Office des professions du Québec, par un processus de communication en continu avec les infirmières et infirmiers, ainsi que par l’intégration d’une gestion politique et médiatique.

En mars dernier, dès le déclenchement de l’état d’urgence sanitaire, l’OIIQ a été un collaborateur proactif du ministère de la Santé et des Services sociaux. Afin que les infirmières et infirmiers puissent participer à la prévention et au contrôle de la COVID-19, l’utilisation de leur potentiel a été optimisée et quelque 3 000 autorisations spéciales ont été délivrées à des non-membres, dont 1 142 dans le but de permettre un retour à la profession et 1 212 visant à ce que les étudiantes et étudiants puissent exercer des activités infirmières de candidats à l’exercice de la profession. Une douzaine de propositions d’arrêtés ministériels ont été présentées et plus de 14 avis et prises de position conjoints avec d’autres ordres professionnels ont été rédigés afin de maximiser la contribution de tous les professionnels de la santé dans une perspective de collaboration interprofessionnelle et d’un meilleur accès aux soins. L’OIIQ a aussi tenu de nombreux échanges avec les milieux d’enseignement dans le but de convenir de lignes communes favorisant la continuité des activités de formation et la diplomation des étudiantes et étudiants. En outre, l’OIIQ a soutenu les infirmières et infirmiers dans leur pratique en proposant des outils, notamment pour la pratique en CHSLD, où plusieurs ont été affectés sans qu’il s’agisse de leur domaine d’expertise. Le site Web de l’OIIQ a été enrichi d’une section de ressources pertinentes à la pratique infirmière et d’une offre de formations gratuites.

Priorités stratégiques 2020-2023 : reconnaître l’expertise infirmière

La planification stratégique 2020-2023 est le résultat d’un large processus de consultation auprès d’une trentaine de groupes partenaires ou parties prenantes de l’OIIQ en vue d’un usage optimal de l’expertise infirmière. Le dossier du baccalauréat comme norme d’entrée à la profession, qui doit être résolu pour répondre aux besoins de santé grandissants et à la complexité des soins au Québec, mobilisera les efforts de l’OIIQ. Les infirmières et infirmiers sont de plus en plus appelés à œuvrer au sein de la communauté. Le soutien à domicile demeure le premier choix de bon nombre de Québécois ayant besoin de soins et services. Les maladies chroniques apparaissent davantage avec l’avancée de l’âge et tendent à se cumuler, ce qui rend plus difficile leur prise en charge. Les personnes résidant en centre d’hébergement et de soins de longue durée ont des besoins de santé complexes qui nécessitent une intensité de soins constante et élevée. De plus, l’OIIQ jouera son rôle sociétal et prendra position sur des enjeux de société liés à sa mission. Il établira des ponts avec des associations citoyennes et des médias afin de consolider son engagement envers la vie publique et de devenir un acteur privilégié auprès des parties prenantes.

« La pandémie a été l’occasion de prendre un positionnement plus affirmé sur la place publique et nous continuerons en ce sens », a annoncé Luc Mathieu. Les médias nous contactent beaucoup plus souvent pour entendre notre voix.

Tournée régionale

Lors d’une tournée régionale effectuée à l’automne 2019 et à l’hiver 2020, interrompue en raison de la pandémie, le président de l’OIIQ Luc Mathieu est allé à la rencontre d’infirmières et d’infirmiers pour les écouter sur les enjeux de la profession. Il est revenu sur les constats de cette tournée. « Celles et ceux d’entre vous que j’ai rencontrés sont mobilisés, avec un franc désir de bien soigner, malgré des conditions d’exercice difficiles », a-t-il mentionné.

La méconnaissance du rôle infirmier par certains professionnels de la santé a été mentionnée, tout comme la confusion qui existe dans certains milieux entre le rôle infirmier et celui des infirmières et infirmiers auxiliaires. « Il est intéressant de savoir que ces propos ont été tenus avant la crise sanitaire, dit Luc Mathieu. Ils sont donc encore plus d’actualité aujourd’hui.

Le bilan qui s’impose est que notre profession est à la croisée des chemins. Un grand défi nous attend lors des prochains mois et des prochaines années : celui de faire connaître et reconnaître notre expertise. »

Pour aller plus loin