Pratique professionnelle

 

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Pratique professionnelle
Perspective infirmière | novembre-décembre 2020

L'OIIQ et les instances de la profession

Coup d’œil sur leurs rôles respectifs

Marie-Eve Arsenault, inf., B. Sc. inf., Julie Gélinas, inf., B. Sc. inf., M. Ed., et Magali Morin, inf., M. Sc.

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12 nov. 2020
L'OIIQ et les instances de la profession
L’OIIQ vous répond | OIIQ et instances de la profession

L’OIIQ a pour mission principale d’assurer la protection du public, notamment par le contrôle de l’exercice de la profession infirmière par ses membres. Afin d’être à même de réaliser sa mission, l’OIIQ a besoin de collaborateurs provenant d’autres milieux, soit les institutions d’enseignement et les milieux cliniques. Dans le but de positionner le rôle de l’OIIQ, il faut donc comprendre les rôles respectifs de ces différentes instances avec lesquelles il interagit. L’OIIQ peut alors exercer son leadership auprès du bon interlocuteur. Essayons d’y voir plus clair.

Le public : cœur de la pratique infirmière

En vue d’assurer la protection du public, les infirmières et infirmiers doivent agir en respect de leurs responsabilités professionnelles et déontologiques. Cela implique, notamment, d’exercer en toute autonomie les activités d’évaluation de la condition de santé, de surveillance et de suivi comprises dans le champ d’exercice infirmier, et de maintenir leurs compétences à jour afin de donner des soins de qualité à la population.

Les établissements d’enseignement, l’OIIQ et les milieux cliniques

Il existe des lieux d’échanges, formels et informels, entre les milieux cliniques, les établissements d’enseignement et l’OIIQ.

Les établissements d’enseignement

Les établissements d’enseignement (cégeps et universités), sous la gouvernance du ministère de l’Enseignement supérieur, exercent un rôle essentiel dans la formation des infirmières et infirmiers. Leur principale mission est le développement des compétences professionnelles ainsi que de l’identité professionnelle infirmière grâce, entre autres, à la recherche.

L’OIIQ

Les ordres professionnels, dont l’OIIQ, relèvent de la ministre responsable de l’application des lois professionnelles. Toute personne qui veut exercer à titre d’infirmière ou d’infirmier au Québec doit être membre de l’OIIQ.

L’OIIQ a pour mission principale :

  • d’assurer la protection du public, notamment par le contrôle de l’exercice de la profession infirmière par ses membres;
  • de contribuer à la promotion d’une pratique infirmière de qualité;
  • de soutenir la pratique professionnelle en favorisant le développement professionnel.

Les milieux cliniques

Ces milieux peuvent être privés ou publics. Dans la Figure 1, ces milieux font référence à ceux du réseau public de la santé. Leur mission vise la pratique exemplaire ainsi que l’organisation des soins. Ils relèvent du ministère de la Santé des Services sociaux (MSSS).

La Direction des soins infirmiers (DSI), par l’article 207 de la Loi sur les services de santé et des services sociaux (LSSS), est responsable de surveiller et de contrôler la qualité des soins, tandis que le Conseil des infirmières et infirmiers (CII) est responsable d’apprécier la qualité des actes (LSSS, art. 220). Le CII dispose ainsi d'un canal de communication direct pour la transmission de recommandations au Conseil d'administration et l'émission d'avis à la direction générale de l'établissement.

Lorsque la sécurité du public risque d’être compromise, l’OIIQ peut prendre position sur divers enjeux du système de santé touchant la profession infirmière, même si la responsabilité de l’organisation des soins et des services ne lui incombe pas.

Environnement politique, contexte de la pratique et environnement scientifique

Bien que les milieux décrits précédemment jouent un rôle d’importance en ce qui concerne la formation, la pratique clinique et les exigences pour exercer la profession infirmière au Québec, d’autres acteurs font aussi partie de la Figure 1. Ceux-ci sont présents dans l’environnement de pratique de l’infirmière et de l’infirmier pour soutenir leur pratique clinique ou négocier leurs conditions de travail. Ils sont représentés autour de la sphère centrale de la figure. Voyons une brève description de chacun de ces acteurs.

Environnement politique encadrant la pratique infirmière : les associations professionnelles

Les associations professionnelles ne sont pas des syndicats. Elles ont pour mandat de défendre les intérêts d’une profession en particulier, de la faire progresser et de faire des revendications au nom de leurs membres, mais n’ont pas un mandat de négociation auprès du gouvernement. Par exemple, le Regroupement pour l’avenir de la profession infirmière au Québec (RAPIQ) est une association professionnelle. Sa mission est de « promouvoir la profession infirmière et de prendre position sur les différents enjeux de santé vécus au Québec. (…) Il a pour but d’exposer, de partager et de mettre en valeur des actions et des solutions concrètes pour mieux positionner la profession au sein de la société québécoise, et ce, en toute autonomie1 ».

Contexte de la pratique : les syndicats

Les syndicats, quant à eux, sont des regroupements de personnes pour la défense ou la gestion d’intérêts communs. Il peut s’agir d’intérêts professionnels, économiques, sociaux, moraux ou politiques, de lutte contre la discrimination à l’endroit de leurs membres, ou encore de négociation de conventions collectives. Ils ont notamment le mandat de négocier des conditions de travail et des conditions salariales à l’intention de leurs membres. À titre d’exemple, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) sont des syndicats.

Environnement scientifique : les instituts et sociétés savantes

La mission des instituts et des sociétés savantes est de promouvoir l’excellence clinique et l’utilisation efficace des ressources. Ces organismes peuvent produire des avis, c’est-à-dire des recommandations basées sur la science, destinés aux organisations de la santé. Ils soutiennent également la pratique des professionnels par le développement d’outils cliniques et d’apprentissage. Notons à titre d’exemples l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS). Comme l’infirmière et l’infirmier doivent exercer leur profession selon les normes de pratique et les principes scientifiques généralement reconnus, ces organisations constituent des sources fiables pour leur pratique clinique.

En conclusion

En connaître davantage sur le rôle de l’OIIQ et des différents acteurs encadrant la pratique infirmière permet de s’adresser au bon interlocuteur en vue d'obtenir des réponses. Même si plusieurs milieux sont à l’œuvre dans la profession tout en y occupant des rôles distincts – et complémentaires –, ils sont réunis par un but commun, soit de s’assurer que soient dispensés des soins et des services de santé de qualité et sécuritaires à la population.

1Tiré du site Web du RAPIQ (rapiq.fraserfocus.com).

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