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De la nécessité d’adapter la formation infirmière aux enjeux du 21e siècle

De la nécessité d’adapter la formation infirmière aux enjeux du 21<sup>e</sup> siècle

Comment adapter la formation infirmière pour mieux faire face aux défis du 21e siècle? C’est là une des questions-phares qui seront débattues lors des États généraux de la profession infirmière et sur laquelle vous pouvez d’ores et déjà donner votre opinion dans le cadre de la consultation qui y mènera.

 

Face à des environnements de soins en constante évolution et à des besoins en santé de plus en plus complexes, les infirmières et infirmiers doivent, dès le début de leur carrière, faire montre d’un jugement clinique sûr et ancré dans un raisonnement scientifique solide. Gabrielle Goyer-Pétrin, infirmière clinicienne, nous expose sa vision de la formation de l’avenir.

Depuis plusieurs années, les besoins en santé augmentent et se complexifient, notamment en raison du vieillissement de la population, de la hausse des maladies chroniques, de l’utilisation de nouvelles technologies et des risques pandémiques. Face à cette nouvelle donne, comment voyez-vous le rôle de l’infirmière et de l’infirmier du 21e siècle? 

Selon moi, le rôle de l’infirmière face aux besoins grandissants en santé fait appel à l’étendue de l’expertise des infirmières : prendre soin. Garantes de la dignité humaine dans toutes les étapes de la vie à travers les soins qu’elles prodiguent et la relation qu’elles établissent avec les patients, les infirmières sont à même de réfléchir aux phénomènes humains et sociétaux sous-jacents aux enjeux de santé, pour porter les intérêts et les droits des patients. Face aux besoins complexes en santé, les infirmières ont un rôle politique à jouer pour revendiquer davantage de soins et services en promotion de la santé, où celles-ci pourraient exercer avec une autonomie accrue en vue de contribuer à l’accès aux ressources pour la population. Toutes les facettes de l’expertise infirmière sont à mettre de l’avant afin de relever les défis en santé dans les prochaines années. Que ce soit d’être aptes à réagir à des situations d’urgence, à évaluer la condition d’un patient, à s’ouvrir à la vulnérabilité des autres, à accompagner vers la mort, à accueillir sans jugement ou à avoir des pratiques de sécurisation culturelle, les infirmières accompagnent et accompagneront les personnes, les familles, les communautés au sein du système de santé. 

En vous basant sur votre propre expérience, comment diriez-vous qu’il faut adapter la formation pour que les infirmières et infirmiers soient en mesure de relever ces défis ? 

La situation actuelle contraint des infirmières à changer de milieu de travail, pour se rendre dans des contextes bien loin de leur champ d’expertise habituel. Cela leur demande du leadership et des capacités d’adaptation qui sont aussi inhérentes à la pratique de la profession infirmière. Je pense que la profession infirmière ainsi que le réseau de la santé bénéficieraient d’une formation qui permet de développer davantage les compétences en leadership des futures infirmières. Un leadership à réinvestir dans les milieux de soins, mais aussi dans la sphère publique. Des apprentissages qui permettraient aux infirmières d’être plus sensibilisées quant aux enjeux sociaux qui sous-tendent les conditions et expériences de santé pour permettre l’action politique et la recherche de solutions s’attaquant aux racines des problèmes en santé.

On constate régulièrement, et encore plus dans le contexte de la pandémie de COVID-19, que de jeunes diplômés se retrouvent à exercer dans des domaines de soins auxquels ils n’ont pas été exposés durant leur formation. Selon vous, quel type de collaboration entre les maisons d’enseignement les milieux cliniques pourrait créer un meilleur arrimage? 

La vaste étendue des milieux de pratique rend impossible l’exposition des infirmières en formation à tous les domaines de soins, et la situation actuelle dans le réseau de la santé ne permet pas toujours d’accueillir adéquatement les stagiaires partout. En se concertant, les maisons d’enseignement et les milieux cliniques sont en mesure d’identifier certains milieux de soins qui représentent bien la nature de la pratique dans un domaine donné de façon à permettre aux futures infirmières de développer des compétences et des connaissances propres à ce domaine.  

Les infirmières et infirmiers sont très sollicités. Comment les diverses parties prenantes peuvent-elles favoriser une culture de développement professionnel continu dans ces conditions?

Je pense qu’il est nécessaire de repenser la manière de faire de la formation continue actuellement afin de viser l’excellence pour la pratique des soins infirmiers. Surtout en temps de pandémie, il faut offrir de la formation flexible à même les milieux de soins; la formule magistrale qui demande de libérer les infirmières pour des journées complètes de travail n’est probablement pas optimale. Les technologies permettent aux infirmières de suivre des formations à distance à des moments qui leur conviennent. La formation continue doit être axée sur la pratique et être spécifique au milieu. Elle devrait s’inscrire au sein d’une trajectoire de développement professionnel avec des objectifs définis pour les recrues qui débutent sur une unité de soins. En concevant les apprentissages au sein d’un continuum tant dans la formation que dans la pratique, les milieux cliniques peuvent faire naître un sentiment d’accomplissement professionnel chez les infirmières qui deviennent de réelles expertes des soins spécifiques au milieu où elles pratiquent.

Cet enjeu vous interpelle?

Faire valoir votre opinion est simple : il vous suffit de laisser vos commentaires dans la boîte de dialogue prévue à cet effet sur oiiq.org au plus tard le 19 mars 2021. Si vous souhaitez détailler votre point de vue, vous pouvez aussi produire un avis (5 pages maximum) ou déposer un mémoire (15 pages maximum).
 

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