Éditorial du président
Perspective infirmière | Printemps 2022

Des changements sont nécessaires

Faisons davantage appel à l’expertise infirmière

Luc Mathieu, inf., DBA

Des changements sont nécessaires
Éditorial | Des changements sont nécessaires - Faisons davantage appel à l’expertise infirmière

Notre système de santé a atteint ses limites. Tout le monde le reconnaît, des professionnels de la santé aux élus, en passant par les nombreuses personnes en attente de soins ou n’ayant pas accès à des services de première ligne. Des changements structuraux s’imposent, rapidement.

Nous saluons les annonces du Gouvernement pour prendre soin de notre réseau mal en point. Ce sont autant de pansements pour contenir les hémorragies causées par les vagues de la COVID-19. Ces solutions ne pourront toutefois porter leurs fruits sans la mise en œuvre d'un plan d'actions structurant pour optimiser le recours à l'expertise infirmière. Ajoutons que ces actions doivent être entreprises de manière simultanée (voir le communiqué émis lors de l'annonce du 29 mars : oiiq.org/reaction).

Une feuille de route existe : les 31 recommandations des commissaires des États généraux sur la profession infirmière, en mai dernier. Mis en œuvre conjointement, ces moyens concrets dégagés permettraient aux infirmières et infirmiers de pleinement contribuer au réseau de la santé et des services sociaux.

Notre expertise : la clé pour améliorer l’accès aux soins

Nous sommes les professionnels de la santé les plus nombreux au Québec. Prenons toute notre place, incluant dans l’accès aux soins de première ligne. Les infirmières et infirmiers sont des acteurs incontournables pour repenser l’offre et l’accessibilité de ces services pour la population québécoise. Nous devons être partie prenante d’une refonte du système de santé, basée notamment sur l’ensemble des recommandations issues des États généraux. Nous sommes d’ailleurs le seul groupe professionnel à avoir effectué un vaste exercice de consultation et de réflexion sur l’avenir de notre profession, avec la pandémie en toile de fond. Il faut maintenant concrétiser nos propositions de façon concertée.

En attendant, la population québécoise souffre, mais aussi toutes les personnes qui tiennent à bout de bras notre système, dont les infirmières et infirmiers. Le réseau de la santé et des services sociaux ne pourra s’améliorer sans la collaboration interprofessionnelle. Toutes les professions doivent faire front commun et participer à la réorganisation des soins, pour permettre à chaque personne de jouer pleinement son rôle. Les annonces du ministre semblent vouloir aller en ce sens et nous suivrons l'évolution de la situation de près.

Valorisons notre profession

La pandémie a mis en lumière le rôle clé des infirmières et infirmiers. Encore faut-il leur donner la possibilité de contribuer à ce que la profession peut offrir. Pour nous concentrer sur nos 17 activités réservées, il faut nous délester de tâches pour lesquelles d’autres professionnels ont été formés.

Il est grand temps de revoir l’organisation des soins et de procéder à une refonte du système de santé, où les infirmières et infirmiers auront les moyens et les conditions pour mieux contribuer à la performance du réseau. Le Gouvernement n’est pas le seul à pouvoir agir. Vous le pouvez. Prenez la parole! Interpellez votre direction des soins infirmiers ou votre conseil des infirmières et infirmiers si, à votre avis, il est possible de revoir des façons de faire.

L’OIIQ est là pour protéger le public et soutenir le développement de la profession infirmière. En ce sens, nous joignons notre voix à celle d’autres organisations pour soutenir des solutions structurantes et pérennes.

Au bénéfice de toutes et tous

Par ailleurs, nous avons participé à la formation de l’Alliance pour l’avenir des soins infirmiers au Québec, qui regroupe de nombreuses associations d’infirmières et infirmiers, ainsi que des experts du réseau de la santé. Issue des États généraux, elle a pour mission de « créer un environnement favorable aux changements requis afin de répondre aux besoins croissants des patients et du réseau de la santé », tout en s’assurant que les recommandations des États généraux ne restent pas lettre morte.

Une chose est sûre : tous les acteurs de la profession infirmière doivent être soutenus et l’expertise infirmière doit être davantage valorisée pour espérer voir des changements structurants se concrétiser dans le réseau de la santé. Toutes et tous en bénéficieront : vous, ainsi que la population québécoise, en premier lieu.