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Perspective infirmière | novembre-décembre 2020

Des IPS en soins de première ligne pour désengorger les urgences

Prix régionaux Innovation clinique Banque Nationale 2019 - Laurentides/Lanaudière

Dalila Benhaberou-Brun, B. Sc. inf., B. Sc., M. Sc. 

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12 nov. 2020

Le rôle des IPS en soins de première ligne (IPSPL) n’est pas toujours bien connu par la population ni bien compris par les professionnels du réseau de la santé. Entre décembre 2018 et janvier 2019, sept IPSPL du CISSS des Laurentides1 se sont engagées dans un projet pilote pour répondre aux besoins de certains usagers de la région des Laurentides dans le cadre d’une clinique de désengorgement des urgences.

La problématique

Durant la saison de grippe hivernale, les symptômes respiratoires affectent la population à divers degrés. Dans plusieurs centres, en dehors des heures d’ouverture habituelles des cliniques sans rendez-vous, les unités d’urgence rapportent une plus grande affluence de patients aux prises avec de la toux, de la fièvre ou une gêne respiratoire. Sept IPSPL volontaires ont donc offert des disponibilités les soirées, les week-ends et les jours fériés pour prévenir l’engorgement des urgences de l’Hôpital de Saint-Eustache, de l’Hôpital Laurentien et de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme. Sous l’impulsion d’Anne-Marie Larose, chef des IPS, et de Céline Gascon, chef des services ambulatoires, une organisation clinique et logistique a été mise en place en vue de prendre en charge ces patients.

 

« Nous avons mis en lumière la pratique autonome des IPSPL dans le but d’améliorer l’accès aux soins et de répondre aux besoins de la population. » - Claudia Gagné

 

La pratique autonome des IPSPL

Pendant chaque quart de travail, des duos d’IPSPL se sont établis dans des locaux de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme. Elles ont reçu pendant la période des fêtes quelque 280 personnes qu’elles ont évaluées et traitées dans le cadre de leurs compétences. « Avec mes six collègues, nous n’avions pas vraiment idée du nombre de patients qui pourraient être concernés », souligne Claudia Gagné, IPSPL à l’unité de médecine familiale de l’Hôpital de Saint-Jérôme.

Les infirmières des salles d’urgence et du service régional Info-Santé (811) ont participé au triage des patients présentant des symptômes grippaux et les ont orientés vers la clinique, ce qui a permis de désengorger les urgences. Les IPSPL ont procédé à l’évaluation et ont prescrit au besoin les tests diagnostiques ainsi que les médicaments appropriés. Aidées d’infirmières auxiliaires pour l’accueil et la mesure des signes vitaux, les IPSPL ont pu se concentrer sur leur rôle infirmier propre. Grâce à la collaboration des radiologues, elles ont pu demander des examens radiologiques dans les 24 heures et commencer rapidement les traitements médicamenteux requis. Seulement sept personnes ont dû être redirigées vers un médecin pour être prises en charge, ce qui démontre la grande autonomie des IPSPL.

Grâce au travail avec les infirmières des urgences et du 811 ainsi qu’avec les médecins partenaires, « nous avons mis en lumière la pratique autonome des IPSPL dans le but d’améliorer l’accès aux soins et de répondre aux besoins de la population », explique Claudia Gagné. Les IPSPL ont pris en charge ces problématiques de santé et ainsi évité que des patients encombrent les salles d’attente. Ses six collègues et elle ont réalisé que malgré cet afflux important de malades, elles ont pu traiter des troubles respiratoires aigus, faire la promotion de la santé et enseigner les règles de prévention et d’hygiène, occupant pleinement leur champ d’exercice.

1. Janie Collin, Vicky Cowan-Cyr, Marise Drouin, Claudia Gagné, Maggy Papineau, Josée Paquette et Camille Paquin-Richer.

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