Survol

Donner une faible dose de sucre pour atténuer la douleur des nouveau-nés

Par Guy Sabourin

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01 janv. 2018
Donner une faible dose de sucre pour atténuer la douleur des nouveau-nés

Les données probantes s’accumulent depuis plus de 20 ans: une petite dose de sucre calme la douleur chez les nouveau-nés qui subissent de courtes interventions douloureuses. 

L’administration de diverses solutions sucrées aux nouveau-nés avant de prodiguer certains soins est d’ailleurs l’un des moyens les plus étudiés en vue de réduire la douleur aiguë, explique la Dre Denise Harrison, chercheure responsable de la Chaire en soins infirmiers pour enfants, jeunes et familles, au Children’s Hospital of Eastern Ontario et professeure en soins infirmiers à l’Université d’Ottawa.

Dans le cadre d’une méta-analyse, la Dre Harrison et son équipe de chercheurs ont passé au crible 168 études sur le sujet, dont la plupart étaient contrôlées par placebo. La conclusion ne laisse pas de doute : le sucrose et le fructose réduisent de façon statistiquement significative la douleur chez les nouveau-nés durant les interventions habituelles génératrices de douleur, comme les injections, les ponctions veineuses et l’examen des yeux. Les bébés pleurent moins longtemps, 30 secondes de moins en moyenne, que ceux du groupe placebo (Harrison, Larocque, Bueno, Stokes, Turner et al., 2017). Le goût sucré déclencherait une action analgésique semblable à celle des opioïdes, mais son mécanisme d’action exact reste encore inconnu.
 

Posologie

Certaines pharmacies d’hôpitaux préparent la solution sucrée en mélangeant du sirop de sucrose à de l’eau stérile. La préparation doit contenir 20 % ou plus de glucose ou de sucrose.

« Il ne faut que de très petites doses, a-t-elle expliqué lors d’un échange par courriel. Une goutte suffit, soit 0,1 ou 0,2 mL. Une dose plus élevée ne sera pas plus efficace. Si le bébé commence à pleurer, une autre petite goutte est donnée, jusqu’à ce que l’intervention soit finie. »

Elle ajoute que la solution sucrée n’est pas indiquée pour calmer un bébé qui pleure. « Elle n’est recommandée que pour la gestion à très court terme de la douleur aiguë, par exemple lors d’un prélèvement sanguin ou de l’administration d’un vaccin », précise-t-elle.

Les travaux de recherche de la Dre Harrison, dont un projet pilote sur des enfants de quatre ans, ont permis de conclure que la gestion de la douleur à l’aide de solutions sucrées n’est efficace qu’auprès des bébés de moins d’un an. Aucune donnée ne soutient l’utilisation du sucre chez
les bambins plus âgés.


Références

Harrison, D., Larocque, C., Bueno, M., Stokes, Y., Turner, L., Hutton, B. et Stevens, B. (2017). Sweet solutions to reduce procedural pain in neonates: A meta-analysisPediatrics, 139(1).

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