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Éditorial du président

En quoi les changements climatiques peuvent-ils affecter notre pratique?

26 sept. 2019
En quoi les changements climatiques peuvent-ils affecter notre pratique?

L’OIIQ se sent concerné au premier chef par la question des effets des changements climatiques sur la santé des populations et, par conséquent, sur la pratique infirmière. À notre avis, si les ordres professionnels ont des responsabilités réglementaires quant à la mise en œuvre des mécanismes de protection du public, ils ont aussi le devoir de prendre position sur des enjeux sociétaux affectant la pratique professionnelle de leurs membres.

On ne peut plus nier que les changements climatiques ont des impacts multiples, autant sur l’environnement, la faune, le climat que sur la santé des populations. Le 27 septembre prochain, Journée mondiale de mobilisation pour le climat, des milliers de personnes, aux quatre coins de la planète, sont attendues dans les rues pour militer en faveur d’une prise de mesures par les différents paliers de gouvernement afin de contrer les changements climatiques.

Assurément, des infirmières et infirmiers du Québec seront du nombre. Une délégation spéciale en santé appelée La planète s’invite en santé, composée de membres de la profession infirmière, de médecins et autres professionnels de la santé, sera au rendez-vous. L’ensemble des acteurs du réseau sont de près ou de loin concernés et il nous appartient, en tant que professionnels de la santé, d’agir. Nous avons le devoir de mettre nos connaissances et nos compétences au service de la santé collective.

La force du nombre

Vous le savez sans doute, la force du nombre, soit quelque 76 000 infirmières et infirmiers, est un atout considérable en matière de prise de position sur le devenir et le rôle de notre profession auprès des populations. Nous avons un pouvoir d’influence politique énorme, encore inexploité.

Il nous faut faire partie des discussions et occuper l’espace qui nous revient dans ce débat afin d’expliquer en quoi les changements climatiques représentent un enjeu majeur pour la santé des populations, en plus d’entraîner par le fait même des impacts considérables sur notre pratique.   

Sans conteste, la crédibilité et la confiance que nous porte le public nous permettent d’intervenir directement. Notre proximité avec les clients nous offre ainsi une tribune de choix pour leur enseigner des moyens de protéger leur santé et celle de leur famille contre les effets potentiels des changements climatiques. Pour ce faire, les infirmières et infirmiers doivent acquérir des connaissances et développer des compétences, en formation initiale et en formation continue, les habilitant à faire face à l’impact des changements climatiques au sein de la population, tant pour les problèmes de santé physique que pour les problèmes de santé mentale.

Concrètement

Nos actions peuvent être multiples : encourager nos clients à changer leurs habitudes de vie pour leur santé, mais aussi pour celle de la planète; encourager le transport actif pour viser une amélioration de la condition cardiovasculaire et, par le fait même, contribuer à la réduction des gaz à effets de serre (GES); conseiller à nos clients d’accroître leur consommation d’aliments protéinés d’origine végétale et ainsi réduire leur consommation de viande. En plus des effets bénéfiques sur la santé, tels qu’un plus grand apport de fibres et une réduction des gras saturés, ces changements dans l’assiette ont également un impact sur la planète, diminuant les GES générés par la production animale de masse.

Nous pouvons également influencer nos organisations à agir en joignant, voire en créant des comités de santé environnementale, comme celui de l’Institut Philippe-Pinel. Des actions sont déjà en cours, et pour ne citer que celles-ci, pensons au projet de recherche piloté par une professeure en sciences infirmières de l’UQAR sur l’impact des changements climatiques sur la santé mentale, de même qu’au projet Picom de l’UQTR où les étudiants réutilisent des tissus hospitaliers (n’ayant jamais été en contact avec un client) afin de les métamorphoser en sacs réutilisables.

Des interventions semblables sont du domaine du possible. Agissons et n’oublions pas que l’ensemble de nos membres représentent également plus de 76 000 citoyennes et citoyens à l’œuvre en vue de l’amélioration collective de notre état de santé.

Bonne marche!

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