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De l’innovation en soins infirmiers

2021 Feb 18
De l’innovation en soins infirmiers

Comment maximiser le recours aux pratiques innovantes et avancées dans les soins à la population? C’est là une des questions-phares qui seront débattues lors des États généraux de la profession infirmière et sur laquelle vous pouvez d’ores et déjà donner votre opinion dans le cadre de la consultation qui y mènera.

 

Quotidiennement, la pratique infirmière doit évoluer et mettre de l’avant de nouvelles pratiques cliniques et des modèles d’organisation des soins différents, en plus d’encourager le développement de savoirs spécialisés. Mais en quoi exactement l’innovation infirmière consiste-t-elle? Jessica Rassy, infirmière et professeure adjointe à l’École des sciences infirmières de l’Université de Sherbrooke, nous fait part de sa vision des choses.

De quoi parle-t-on lorsque l’on fait référence à de l’innovation dans le cadre des soins infirmiers? Pouvez-vous nous donner un exemple qui vous touche personnellement?

L’innovation, c’est développer des pratiques novatrices à partir de son expérience clinique et des derniers résultats probants. C’est penser autrement, mettre des idées à l’essai et espérer un changement, le tout dans le but d’améliorer les soins offerts aux patients. C’est aussi partager, par des conférences ou par l’enseignement, nos innovations avec nos collègues afin d’améliorer la pratique infirmière à plus grande échelle. Pour ma part, j'avais le désir de mieux comprendre comment les personnes utilisent les technologies de l’information et des communications (ex. : moteurs de recherche, médias sociaux) lorsqu’elles ont des idées suicidaires, en vue d’aider les infirmières et infirmiers à mieux évaluer et intervenir auprès de cette clientèle. À ma grande surprise, ce projet a aidé non seulement les infirmières et infirmiers en ce sens, mais aussi de nombreux intervenants communautaires, psychologues, travailleurs sociaux et autres.

L’innovation est un concept large... Quelles formes celle-ci peut-elle prendre?

L’innovation peut prendre autant de formes qu’il y a d’infirmières et d’infirmiers! Il peut s’agir de nouvelles façons de prodiguer des soins (ex. : mettre à l’essai de nouvelles interventions infirmières, développer des techniques de téléconsultation, créer des applications pour téléphone intelligent, concevoir un nouveau programme de formation, etc.). Il peut aussi s’agir de nouvelles façons d’intégrer les personnes dans leurs soins (ex. : autogestion de ses symptômes, travailler avec des patients partenaires, augmenter l’autonomisation des familles). Souvent, l’innovation naît d’un besoin que l’on identifie auprès de nos patients; la solution, quant à elle, est issue de notre expérience et des résultats probants.

Qu’est-ce qui, selon vous, fait des infirmières et infirmiers des vecteurs d’innovation tout désignés en matière de santé?

Je pense vraiment que les infirmières et infirmiers, par leur expertise, sont les mieux placés pour être des agents de changement au sein du réseau de la santé. Ils ont un rôle privilégié auprès de la personne, de sa famille ainsi que de l’équipe de soins. Ce n’est pas pour rien qu’ils gagnent, année après année, la confiance du public. Les infirmières et infirmiers comprennent bien les besoins des personnes, des familles et des communautés et peuvent ainsi grandement contribuer à trouver des solutions qui répondent spécifiquement à ces besoins. 

D’après vous, quels sont les facteurs qui favorisent l’innovation en soins infirmiers?

Il y en a plusieurs, mais pour moi, le travail d’équipe et le réseautage sont indispensables à l’innovation. Il faut reconnaître l’expertise et l’apport de tous. Par experts, je parle d’abord et avant tout du patient et de sa famille. Il est aussi important, comme infirmière ou infirmier, de bien connaître son réseau et d’exercer son leadership afin de se faire des alliés avec qui on a des objectifs communs. Réseauter en dehors du « monde infirmier » permet aussi d’élargir ses opportunités et ses horizons. Cet aspect a pris tout son sens pour moi dans le cadre du développement du protocole SécUrgence, un protocole d’évaluation et de prise en charge des personnes à risque de suicide qui se présentent à l’urgence. Dans le but de mieux répondre aux besoins de ces personnes, il était nécessaire de comprendre la réalité de la personne et de sa famille, mais aussi celle de l’ensemble des acteurs-clés qui interagissent de près ou de loin avec l’urgence. Toutes ces personnes ont d’ailleurs été impliquées à toutes les étapes du projet, ce qui a permis d’avoir un meilleur portrait de la réalité terrain et des solutions qui peuvent être envisagées. 

Cet enjeu vous interpelle?

Faire valoir votre opinion est simple : il vous suffit de laisser vos commentaires dans la boîte de dialogue prévue à cet effet sur oiiq.org au plus tard le 19 mars 2021. Si vous souhaitez détailler votre point de vue, vous pouvez aussi produire un avis (5 pages maximum) ou déposer un mémoire (15 pages maximum).

 

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