Éditorial de la présidente

De l’urgence d’agir!

2018 Feb 01
De l’urgence d’agir!

Chers collègues,

Depuis quelques semaines, nous avons été très sollicités par les médias. Les moyens de pression d’infirmières et d’infirmiers qui refusent d’entreprendre leur travail (sit-in) dans certaines régions ainsi que le témoignage poignant d’une infirmière sur les réseaux sociaux ont fait que l’ensemble de la population du Québec se préoccupe de l’état de la profession infirmière. Certains témoignages relayés sur les réseaux sociaux concernant les conditions de travail sont troublants. Plusieurs ont aussi exprimé le souhait que l’OIIQ fasse une intervention musclée pour corriger les conditions de travail des infirmières et infirmiers du Québec.

Prestation sécuritaire des soins

Au fil des ans, nous avons toujours clairement énoncé nos intentions, soit d’assurer une prestation sécuritaire des soins, notamment lors de notre prise de position de 2015. Nous avons aussi offert à de nombreuses reprises de contribuer aux travaux du MSSS sur la prestation sécuritaire des soins. Aujourd’hui, encore, nous avons réitéré au ministre de la Santé et des Services sociaux, notre vif intérêt à participer à des travaux qui s’avèrent plus pertinents que jamais. Nous souhaitons être conviés dans les plus brefs délais à des sessions de travail pour partager notre expertise et nous assurer que les infirmières et infirmiers du Québec puissent avoir les moyens de déployer la pleine étendue de leur champ d’exercice. 

Temps supplémentaire obligatoire

Maintes interrogations sont soulevées quant à la question du temps supplémentaire obligatoire qui relève avant tout du domaine de la gestion et des relations de travail. Je me permets de vous référer à la chronique déontologique qui nous rappelle les principes à prendre en compte.

Mandat de l’ordre professionnel

Il est important de préciser aujourd’hui que la défense des conditions de travail est le mandat des syndicats et que l’OIIQ, un ordre professionnel, doit pour sa part se consacrer à la protection du public, en s’assurant de la compétence et de l’intégrité de ses membres. Dans les situations qui ont été publiées, ni la compétence, ni l’intégrité des membres n’ont été mises en cause.

Question d’actualité : lente intégration de la relève et des diplômés hors Québec

Par ailleurs, l’OIIQ constate que depuis les deux à trois dernières années, l’intégration de la relève est plus lente. Alors qu’il y a quelques années à peine, près de l’entièreté des nouveaux diplômés trouvait immédiatement un emploi dès l’obtention du permis. Fait marquant, depuis les trois dernières années, près de 1 600 infirmières et infirmiers de la relève déclarent ne pas avoir d’emploi, un an après l’obtention du permis. Cette tendance se constate également pour plus de 1 000 diplômés hors Québec qui attendent de venir prêter main-forte aux effectifs en place. 

L’OIIQ est le seul organisme à colliger cette information. Ces données sont tout à fait incompréhensibles, alors qu’on évoque tous les jours le manque de ressources et que l’on déplore que des postes demeurent vacants. Dans ce contexte, nous travaillons à forer l’information pour mieux comprendre ce nouveau phénomène qui présente sans aucun doute plusieurs facettes. 

En ce début d’année 2018, il apparaît urgent que des solutions permanentes soient mises en place pour que les infirmières et les infirmiers du Québec puissent exercer dans des conditions qui permettent de répondre aux besoins de plus en plus complexes de la population du Québec.
 

Lucie Tremblay,

Présidente de l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec