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Perspective infirmière | Hiver 2021

Des programmes de développement professionnel continu

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2021 Jan 21
Des programmes de développement professionnel continu

Quels que soient leur formation initiale et leur parcours professionnel, les infirmières peuvent continuer à s’instruire pour acquérir des compétences complémentaires utiles à leur pratique clinique. La santé sexuelle, la santé mentale, la santé publique et la gérontologie sont quelques-uns des programmes universitaires les plus populaires depuis quelques années.

Pourquoi opter pour un cursus universitaire?

De plus en plus d’infirmières, conscientes de l’importance de la formation et du développement professionnels continus, choisissent les bancs de l’université pour poursuivre leur apprentissage. Titulaires d’un diplôme d’études collégiales (DEC), d’un baccalauréat initial ou même d’une formation intégrée DEC-BAC, elles s’inscrivent à temps partiel, un certificat à la fois, à des cours offerts en présentiel ou en ligne, le soir ou les week-ends. Des chargés de cours, issus de milieux de pratique clinique variés, dispensent leur enseignement dans le cadre de nombreux programmes (certificats, microprogrammes et baccalauréat par cumul) proposés par la Faculté de l’éducation permanente (FEP) de l’Université de Montréal depuis 65 ans.

Les infirmières suivent des cours donnés par d’autres infirmières, mais aussi par des sexologues, des gestionnaires, des travailleurs sociaux et des psychologues. Ces professionnels œuvrent dans leurs spécialités sur le terrain et présentent des exemples concrets de leur pratique. Les infirmières qui optent pour ces cours expliquent leur choix par le fait que cette formation, axée sur l’intervention, mène à un diplôme universitaire. En outre, la flexibilité des horaires, la possibilité de suivre des cours à distance et la conciliation travail-famille constituent les principaux avantages d’étudier à la FEP.

Quels programmes s’adressent aux infirmières?

« Nos cursus souples et variés s’adressent à des infirmières déjà engagées dans l’exercice de leur profession », précise Marie-Anne Laberge Leduc, conseillère en communication à la FEP. Les infirmières préfèrent des domaines très actuels tels que la santé publique, la sexualité, la santé mentale et la gérontologie. « Les disciplines abordées dans ces programmes ne sont pas forcément traitées de la même façon que lors de la formation initiale, au cégep ou à l’université », souligne Dominique Trudel, responsable du certificat en sexualité. Plusieurs certificats répondent aux situations de pratique clinique, notamment celui en sexualité, considéré comme innovant dans le présent contexte socioculturel, et celui en santé publique, cogéré avec la Faculté des sciences infirmières, prévention et de promotion de la santé.

Le programme le plus populaire est sans conteste le certificat en gérontologie; le vieillissement de la population et les besoins spécifiques de la personne âgée, ainsi que l’offre de cours exclusivement en ligne, justifient ce choix pour une majorité d’infirmières. Pour le certificat en sexualité : enjeux de société et pratiques d’intervention, les professionnelles cherchent à comprendre des problématiques liées à la sexualité, à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre, ou encore à répondre à des questions sur la sexualité dans une conjoncture de diversité culturelle. Ce programme, approuvé par l’Ordre professionnel des sexologues du Québec, est bâti en collaboration avec les milieux de la santé et des services sociaux, mais aussi avec les organismes communautaires. Les infirmières veulent acquérir de l’aisance sur un sujet tabou et souhaitent être mieux préparées face aux nouveaux défis comme la recherche de l’identité sexuelle.

Le certificat en santé publique permet de développer des compétences en promotion de la santé et en prévention des maladies. Il répond aussi aux enjeux liés à l’augmentation des pathologies chroniques en plus de mettre en pratique le plan thérapeutique infirmier et d’autres obligations professionnelles; il est le seul programme avec des cours à sigle SOI1. Enfin, le certificat en santé mentale outille les infirmières dans les situations de deuil, la prise en charge des personnes suicidaires ou présentant des troubles de la personnalité, les désordres alimentaires, la somatisation ou les déficiences cognitives.

Mme Laberge Leduc explique que la FEP offre un service de reconnaissance des acquis expérientiels (RAE). Selon leur cheminement professionnel, les étudiantes sont invitées à monter un portfolio composé de leurs projets et de leurs attestations. Elles ont la possibilité de se faire exempter jusqu’à cinq cours, soit 15 crédits par certificat. « Peu d’infirmières connaissent le RAE et s’en prévalent, et pourtant, cela peut économiser du temps dans leur parcours universitaire », ajoute la conseillère. Les étudiantes dans tous ces cursus sont amenées à côtoyer d’autres professionnels et intervenants de la santé et des services sociaux. « Cette diversité parmi les chargés de cours et les étudiants constitue la richesse de nos formations universitaires », assure Mme Laberge Leduc, en écho aux constatations des responsables de programmes.

 

« Les disciplines abordées dans ces programmes ne sont pas forcément traitées de la même façon que lors de la formation initiale, au cégep ou à l’université. »

 

Quel est l’impact sur la pratique infirmière?

« La plupart des infirmières qui suivent ces programmes universitaires font partie de la génération Y et sont rejointes par des étudiantes plus jeunes », explique Ignace Olazabal, responsable du certificat de gérontologie. Elles ont déjà commencé leur carrière en établissement depuis quelques années et veulent poursuivre leur développement professionnel. Chaque certificat constitue une première reconnaissance universitaire et, une fois les trois certificats achevés, soit 90 crédits, les infirmières obtiennent un diplôme de baccalauréat par cumul. « Cela prend environ cinq à six ans d’études à temps partiel pour une infirmière qui travaille à temps complet », nous dit Mme Laberge Leduc.

Même s’il est difficile d’évaluer l’impact réel, la plupart des infirmières rapportent qu’elles suivent ces programmes pour « se bâtir une véritable expertise » dans un domaine clinique précis. Elles disent pouvoir cibler leurs apprentissages avec les cours obligatoires et optionnels qui répondent à leurs besoins particuliers.

Tous les enseignements reçus sont directement transférables sur le terrain. Tous ces programmes visant les professionnelles constituent de véritables canaux pour augmenter les compétences infirmières. Et certaines poursuivent même un cursus au deuxième cycle.

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