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Pratique clinique
Perspective infirmière | Printemps 2021

Élizabeth Arpin

Faire résonner la voix des infirmières
Élizabeth Arpin
En bref | Elizabeth Arpin

Entrée au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) comme conseillère spéciale à l’automne 2019, Elizabeth Arpin a rapidement gravi les échelons hiérarchiques de la fonction publique. Elle se retrouve aujourd’hui à la tête de la Direction nationale des soins et services infirmiers (DNSSI). Elle nous explique en quoi consistent sa mission et ses priorités pour 2021.

La DNSSI au sein du MSSS

Elizabeth Arpin
Directrice nationale des soins et services infirmiers
Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS)

Même si les infirmières constituent le groupe professionnel le plus nombreux du réseau de la santé, elles n’étaient pas représentées au niveau gouvernemental jusqu’en 2011. C’est sous la tutelle du ministre de l’époque, le Dr Yves Bolduc, qu’est née la DNSSI, instance encadrée par la Loi sur les services de santé et les services sociaux (LSSSS) et appelée alors la Direction nationale des soins infirmiers. Dans l’organigramme très complexe du MSSS, la DNSSI se trouve sous l’égide de la Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques (DGAUMIP) de la Dre Lucie Opatrny, sous-ministre adjointe. La DNSSI gère donc tous les dossiers concernant la profession infirmière à l’échelle provinciale.

La mission de la DNSSI aujourd’hui dirigée par Elizabeth Arpin1 découle principalement des mandats d’organisation des services, de l’accès, de la qualité et de la pertinence de la DGAUMIP. « En fait, il s’agit de positionner adéquatement tous les soins infirmiers dans le réseau de la santé du Québec », souligne la directrice. Pour ce faire, l’équipe de la DNSSI s’occupe de structurer, de coordonner et de développer les soins et services infirmiers donnés à la population, en incluant bien sûr tous les autres membres de l’équipe infirmière que sont les infirmières auxiliaires et les préposés aux bénéficiaires. « Notre rôle consiste à émettre des recommandations au gouvernement », souligne Mme Arpin. « Nous travaillons main dans la main avec l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) dans l’optique d’intégrer la pratique infirmière et d’augmenter l’accessibilité de la population aux soins et services de santé », précise la directrice. L’OIIQ, axé sur l’exercice de la pratique, représente un partenaire majeur. En résumé, l’un des rôles de la DNSSI revient à appuyer globalement l’ensemble des directions des soins infirmiers (DSI) du réseau, tout en respectant les orientations et les enjeux déterminés au niveau provincial.

 

« Dans mes fonctions, je m’assure de bien arrimer toutes les décisions et les actions avec l’ensemble des DSI du réseau, car c’est le patient qui en bénéficie en fin de compte. »

 

L’arrivée à la DNSSI

Après avoir occupé plusieurs postes d’infirmière clinicienne pendant une vingtaine d’années au Québec, mais aussi en Colombie-Britannique, en Alberta et en Suisse, Elizabeth Arpin a poursuivi ses études pour devenir gestionnaire. « Je me suis toujours intéressée à l’organisation des soins et j’ai eu la chance d’explorer d’autres systèmes en dehors du réseau québécois », explique Mme Arpin. Revenue au Québec, elle a fait ses premières armes comme chef de service au CHU Sainte-Justine, puis comme adjointe à la Direction de santé publique (DSP) au CISSS de Laval et finalement comme directrice adjointe des soins infirmiers de retour à Sainte-Justine. En 2019, elle est d’abord appelée en tant que conseillère spéciale au MSSS, puis occupe les fonctions de directrice des services hospitaliers. « J’ai intégré mon poste actuel à l’été 2020, en pleine pandémie », souligne Mme Arpin. À l’instar des deux directrices qui l’ont précédée, elle se dit motivée pour étendre le champ d’exercice infirmier et faire en sorte que les 17 activités réservées soient intégralement déployées. À cet effet, Elizabeth Arpin partage les informations et discute des enjeux de la profession infirmière avec toutes les DSI du réseau. « Tout notre travail est basé sur les données probantes et les consultations avec des experts », précise-t-elle. La force de son poste à la DNSSI consiste à exploiter tous les leviers disponibles à une plus large échelle.

Elle partage d’ailleurs plusieurs dossiers avec les autres directions du MSSS — la gestion de la main-d’œuvre, par exemple, pour relever les enjeux liés à la pénurie de personnel infirmier. La collaboration étroite avec l’OIIQ et différents ordres professionnels en santé — Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et Collège des médecins (CMQ) — et l’Office des professions du Québec (OPQ) a permis de franchir des étapes cruciales. « Bien évidemment, nous participons au processus politique, mais le gouvernement a le dernier mot », déclare Mme Arpin, qui met de l’avant le leadership exercé par la DNSSI pour encadrer les pratiques organisationnelles et implanter des lignes directrices.

Les objectifs de son mandat

Depuis son entrée en fonction en août 2020, la priorité absolue demeure la gestion de la pandémie. Elizabeth Arpin, qui siège au Comité directeur clinique COVID-19 aux côtés du président de l’OIIQ, Luc Mathieu, explique que les décisions se prennent toujours en cohésion avec les bonnes pratiques professionnelles. Le travail au sein de ce comité composé de 32 membres occupe une très grande partie de son temps depuis le début de son mandat; de plus, du fait de sa connaissance des services hospitaliers, elle participe parallèlement au Sous-comité « Hospitalisation et procédures ». Mais la directrice précise qu’elle pilote également plusieurs dossiers majeurs.

Les dernières avancées sur le plan juridique, dont le projet de loi 43 sur les infirmières praticiennes spécialisées (IPS), ont mené vers la Loi modifiant la Loi sur les infirmières et les infirmiers et d’autres dispositions afin de favoriser l’accès aux services de santé (Loi 6) et la nouvelle réglementation encadrant la pratique de l’IPS, entrées en vigueur le 25 janvier 2021. « Tous ces développements récents ont conduit à accélérer la mise en œuvre de la réglementation sur le terrain », explique Mme Arpin. Ce dossier demeure très actif entre la DNSSI et l’OIIQ qui s’associent avec les établissements où travaillent les quelque 800 IPS détenant une inscription au Tableau de l’Ordre. De la même façon, la question des soins palliatifs et des soins de fin de vie a exigé un grand effort de consultation et de coopération avec les organismes communautaires, notamment. « Nous souhaitons implanter un accès équitable à ces soins pour toute la population », souligne Elizabeth Arpin.

La dispensation de ces soins se doit d’être préparée dans les meilleures conditions, et le déploiement des orientations continue dans le réseau de la santé et dans la communauté.

Poursuivant sa collaboration étroite avec les ordres professionnels, les institutions d’enseignement et les établissements de soins et de services de santé, Mme Arpin n’a de cesse de soutenir et de valoriser la profession infirmière au quotidien. « Nous nous appliquons à appuyer les infirmières pour qu’elles puissent améliorer leur pratique », souligne-t-elle. Même si de nombreux intervenants sont impliqués au sein de la DNSSI, Elizabeth Arpin confirme que chacun partage un intérêt commun, conciliant ses spécificités et ses mandats dans une optique globale.

Mme Arpin tient à exprimer sa profonde gratitude envers toutes les infirmières dont les compétences ont été mises en lumière au cours de la dernière année. Elles continuent de jouer un rôle pivot, peu importe la clientèle et le milieu de soins, et ce, malgré le contexte général difficile. Les infirmières ont fait preuve de leadership et d’une capacité d’adaptation hors pair. Positive et optimiste, la directrice de la DNSSI souhaite poursuivre son mandat en maintenant le cap vers la pleine occupation du champ d’exercice. « Et cela passe par la valorisation de la profession à tous les niveaux », conclut-elle.

Elizabeth Arpin fait d’ailleurs partie du Comité consultatif des partenaires, qui s’intéresse à l’expertise infirmière et qui a validé les thèmes retenus lors des États généraux, lesquels auront lieu les 20 et 21 mai prochain. Une autre occasion de porter encore plus haut la voix des infirmières.

 

 

1 Danielle Fleury (2011-2015) et Sylvie Dubois (2016-2020) ont été les deux premières infirmières nommées à ce poste.

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