Actualité

Grandes chaleurs : l’importance de l’expertise infirmière

2020 Jul 02
Grandes chaleurs : l’importance de l’expertise infirmière

En raison de leur proximité et de leur accessibilité, les infirmières et infirmiers ont un rôle de premier plan dans l’évaluation des personnes qui présentent des symptômes dus à la chaleur extrême. Alors que les vagues de chaleur augmentent en fréquence et en durée, la chercheuse et professeure en sciences infirmières Lily Lessard fait le point sur le sujet. 

L’évaluation de la condition physique et mentale d’une personne symptomatique constitue l’assise de l’exercice infirmier. Par leur vision globale de la personne, l’infirmière et l’infirmier tiennent compte de l’ensemble de la situation, telle que l’absence de proche aidant, les déficits cognitifs, la médication ou encore les conditions de vie, afin de pouvoir élaborer un plan de soins et de traitements bien adapté à la situation.  

« C’est pourquoi ceux-ci doivent être à l’affût des alertes de chaleurs accablantes et bien connaître les risques pour la santé qui leur sont associés. Ils doivent savoir identifier les personnes plus vulnérables dans leurs clientèles afin de leur porter une attention particulière lorsque ces conditions surviennent, mais également pour mieux s’y préparer », explique Lily Lessard, chercheuse au Centre de recherche du CISSS de Chaudière-Appalaches, professeure au Département des sciences infirmières de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR – campus de Lévis) et cotitulaire de la nouvelle Chaire de recherche interdisciplinaire sur la santé et les services sociaux en milieu rural. 

Au Québec, en cas d’avertissement de chaleur extrême émis par le système SUPREME, les directions de santé publique de chaque région sont responsables des plans d’intervention régionaux pour prévenir ou réduire les impacts sur la santé. Pour la chercheuse et professeure, tous les membres de la profession doivent s’approprier cet outil, afin d’évaluer les risques et de déployer les mesures appropriées selon le niveau d’alerte. 

« Les infirmières et les infirmiers de tous les domaines et des différents milieux de pratique sont très bien positionnés, avec leurs connaissances des déterminants de la santé, ainsi que leur proximité avec les individus, les familles et la population, pour contribuer à accroître leurs capacités d’adaptation pour faire face aux changements climatiques que l’OMS définit comme étant le plus grand défi du 21e siècle. L’Association canadienne des médecins pour l’environnement va même jusqu’à encourager les professionnels de la santé, dont les infirmières et infirmiers, à faire figure d’acteurs-clés en participant proactivement et en promouvant les efforts locaux et globaux pour réduire les GES qui accroissent les changements climatiques. »  

Pour en savoir plus