Éditorial du président

La pratique infirmière et les changements climatiques

2019 May 17
La pratique infirmière et les changements climatiques

Le printemps 2019 a causé beaucoup d’émoi dans plusieurs régions du Québec. Bon nombre de nos collègues infirmières et infirmiers sont au cœur des soins à prodiguer aux personnes victimes des inondations, et leur contribution est essentielle. C’est un fait incontestable : les changements climatiques font maintenant partie de notre vie. Nous devons faire montre de grandes capacités d’adaptation et en tenir compte dans les sphères personnelle et professionnelle de nos vies en modifiant nos comportements.

En tant qu’infirmières et infirmiers, nous devons faire évoluer notre pratique. Il est grand temps de nous y mettre, car les experts en environnement prévoient que nous serons de plus en plus appelés à faire face à des conditions climatiques extrêmes. Il nous faut donc nous outiller et acquérir de nouvelles compétences afin de modifier dès maintenant nos pratiques, puisque les impacts sur les individus et les familles se font déjà sentir.

 

Contribution infirmière

L’heure est à se demander quelle est et quelle sera notre contribution spécifique à nous, les infirmières et infirmiers, auprès des populations vulnérables. En d’autres termes, quelles mesures devrons-nous prendre pour être à même d’évaluer et d’intervenir adéquatement dans un tel contexte.

Vous le savez, l’environnement est l’un des quatre concepts centraux au cœur de la discipline infirmière, qui comprend également le soin, la personne et la santé. En effet, le modèle humaniste des soins infirmiers[1] définit l’environnement de façon qu’il englobe tous les aspects entourant la personne : matériel, social, culturel, écologique et sociopolitique. Ce modèle considère qu’il existe une interrelation continue entre la personne et son environnement – une définition qui va bien au-delà des relations humaines et du milieu dans lequel la personne vit.

L’Organisation mondiale de la Santé[2] (OMS) considère que les changements climatiques et les impacts qui y sont associés représentent la plus grande menace du 21e siècle pour la santé. Les membres de la profession infirmière ont la responsabilité de contribuer à la création d’environnements physiques, sociaux, politiques et économiques soutenant la santé des populations[3].

Qu’en est-il lorsque cet environnement ne permet pas la santé?

Les infirmières et infirmiers le savent par leur proximité avec les patients, en contexte de vulnérabilité : les besoins des êtres humains sont considérables, sur le plan de la santé physique et mentale, et ce, dans l’immédiat ou dans le futur. Les vagues de chaleur, les inondations, les tornades, les feux de forêt, les maladies infectieuses telles que la maladie de Lyme ou le virus du Nil, de même que les mouvements migratoires, pour ne nommer que ces exemples causés par les changements climatiques, peuvent entraîner des conséquences non négligeables sur la santé des personnes

Pour l’OIIQ, il est prioritaire que les infirmières et infirmiers considèrent dans leur pratique professionnelle l’impact des changements climatiques dans leur évaluation et leur surveillance, de même que dans les enseignements prodigués auprès de la clientèle. Ils se doivent de revoir l’importance accordée aux environnements physiques pour ainsi favoriser une prise en charge globale et optimale de la santé. À ce sujet, nous travaillons actuellement sur la rédaction d’un énoncé de position concernant les changements climatiques et les soins infirmiers, que nous entendons publier d’ici la fin de 2019.

 

[3] Pépin, J., Ducharme, F., Kérouac, S., La pensée infirmière, Chenelière Éducation, 4e édition.