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Pratique clinique

Le rôle de l’infirmière dans le développement du plein potentiel des enfants

Par Patricia Germain, inf., Ph. D., et Catherine Vandemeulebroocke, inf., B. Sc.

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2019 May 02
Le rôle de l’infirmière dans le développement du plein potentiel des enfants
© Shutterstock / gpointstudio

Soutenir le développement des enfants est un enjeu de santé publique. Au Québec, un enfant sur quatre (environ 27 %) du groupe d’âge des 0-5 ans présente une vulnérabilité dans un des cinq aspects du développement : la santé physique et le bien-être; les compétences sociales; la maturité affective; le développement cognitif et langagier; ainsi que les habiletés de communication et les connaissances générales (Beauregard, Comeau et Poissant, 2010). Concrètement, cela signifie que cet enfant n’a pas ce qu’il faut pour réussir la maternelle. C’est bien mal entreprendre un parcours scolaire, sans compter que son bagage risque d’avoir des répercussions sur l’ensemble de son cheminement.

Plus élevé, le pourcentage d’enfants vulnérables dans un des cinq aspects du développement dans les milieux plus défavorisés se chiffre à 33 %. En revanche, et c'est la bonne nouvelle, les deux tiers des vulnérabilités développementales des enfants peuvent être prévenues avant leur entrée à l’école si nous adoptons une perspective de promotion du développement (Williams et Clinton, 2011). L’enfance dure toute la vie! Autrement dit, les interventions soutenant le développement des enfants que nous posons en petite enfance auront des effets tout au long de la vie de l’individu.

 

Une activité réservée de l'infirmière

En 2012, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a ajouté une activité réservée au champ d’exercice de la profession. Elle consiste à « évaluer un enfant qui n’est pas encore admissible à l’éducation préscolaire et qui présente des indices de retard de développement, dans le but de déterminer des services de réadaptation et d’adaptation répondant à ses besoins ». Les infirmières partagent cette activité réservée avec les travailleurs sociaux, les psychologues, les psychoéducateurs, les orthophonistes, les audiologistes, les ergothérapeutes et les médecins.
L'infirmière est la professionnelle que les familles côtoient le plus en périnatalité, en pédiatrie et surtout en première ligne. Ce domaine fascinant permet aux infirmières de travailler des aspects qui correspondent aux valeurs de la profession : promotion de la santé, interventions familiales, autonomie et compétences professionnelles. Surtout, cette activité réservée ne doit pas être vue comme exigeant plus de temps, mais comme une occasion pour l'infirmière d'assumer pleinement son rôle et d'agir concrètement en faveur de plusieurs enfants et de leur famille. Précisons qu’elle ne concerne pas uniquement les infirmières œuvrant en petite enfance.

 

Les attentes des parents

Il faut se rappeler que plusieurs enfants et leurs familles n'ont pas de médecin de famille ou d'infirmière praticienne spécialisée en soins de première ligne (IPSPL) pour assurer leur suivi. Par conséquent, ces familles voient des infirmières seulement au moment de la vaccination ou lors d’un épisode de maladie aiguë (otite, gastro-entérite, infection des voies respiratoires supérieures, etc.). On sait que les aspects liés au développement de l’enfant sont peu abordés dans de tels contextes, mais les parents qui consultent un professionnel de la santé ont probablement la perception que si un problème était noté chez leur enfant, on leur en aurait parlé. En outre, même si les parents sont exposés à beaucoup d’informations sur le développement de l’enfant par l'intermédiaire du Web et des médias sociaux, ils souhaitent qu’un professionnel de la santé les valide (Loudon, Buchanan et Ruthven, 2016; Skranes, Løhaugen et Skranes, 2015).

 

 


Références

Beauregard, D., Comeau, L. et Poissant, J. (2010). «Avis scienti?que sur le choix d'un outil de mesure du développement des enfants de 0 à 5 ans dans le cadre des Services intégrés en périnatalité et pour la petite enfance». Québec: Institut national de santé publique du Québec.

Glascoe, F. P., Marks, K. P., Poon, J. K. et Macias, M. M. (2013). «Identifying & addressing developmental- behavioral problems: A practical guide for medical and non-medical professionals, trainees, researchers and advocates». Nolensville, TN: PEDSTest.com, LLC.

Loudon, K., Buchanan, S. et Ruthven, I. (2016). «The everyday life information seeking behaviours of ?rst-time mothers». Journal of Documentation, 72(1), 24-46.

Marks, K. P. et LaRosa, A. C. (2012). «Understanding developmental-behavioral screening measures». Pediatrics in Review, 33(10), 448-457.

Ordre des in?rmières et in?rmiers du Québec. (2015). «Standards de pratique pour l'in?rmière: soins de proximité en périnatalité». Montréal: OIIQ.

Shaw, A. (2006). «Lisez, parlez, chantez: la promotion de l'alphabétisation au cabinet du médecin». Paediatrics Child Health, 11(9), 611-666.

Sheldrick, R. C., Merchant, S. et Perrin, E. (2011). «Identi?cation of developmental-behavioral problems in primary care: A systematic review». Pediatrics, 128(2), 356-363.

Skranes, L. P., Løhaugen, G. C. C. et Skranes, J. (2015). «A child health information website developed by physicians: The impact of use on perceived parental anxiety and competence of Norwegian mothers». Journal of Public Health, 23(2), 77-85.

Williams, R. et Clinton, J. (2011). «Bien faire ce qu'il faut à 18 mois: en appui au bilan de santé amélioré». Paediatrics Child Health, 16(10), 651-654.