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Les facteurs de protection chez les Premières Nations et les Inuit

Un survol des leviers favorisant le mieux-être

Anne-Marie Leclerc, inf., Ph. D., Jennifer Petiquay-Dufresne, inf., B. Sc., Marie-Claude Rivard, Ph. D., et Paule Miquelon, Ph. D.

Les facteurs de protection chez les Premières Nations et les Inuit
Communauté Atikamekw de Manawan

En novembre 2021, l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a présenté son Énoncé de position pour améliorer les soins aux Premières Nations et aux Inuit en contrant le racisme systémique. En complément des 16 pistes d’actions proposées dans cet énoncé, les infirmières et infirmiers doivent s’engager dans la promotion de la santé holistique et contribuer à l’amélioration des soins et des services culturellement sécurisants pour les Premières Nations et les Inuit. Les infirmières et infirmiers sont aussi invités à s’investir dans des relations thérapeutiques respectueuses en misant sur les forces des personnes, des familles et des communautés.

Les événements entourant la mort de Joyce Echaquan et la découverte de sépultures près d’anciens pensionnats ont suscité une vague de sensibilisation et de solidarité à l’égard des Autochtones. Malgré ce vent de changement, certaines perceptions négatives et plusieurs statistiques trop souvent défavorables à l’égard des Premières Nations et des Inuit nécessitent quelques nuances et des approches plus positives. Il apparaît alors important de mettre de l’avant les facteurs de protection des membres des Premières Nations et des Inuit afin que les infirmières et infirmiers puissent les mettre à profit envers la clientèle autochtone.

Ces facteurs de protection réfèrent à l’ensemble des ressources favorisant la capacité d’adaptation et protégeant les individus contre les effets néfastes des facteurs de risque (Centre de collaboration nationale des déterminants de la santé [CCNDS], 2015). Au sein des communautés autochtones, plusieurs facteurs de protection sont reconnus, tels que les liens familiaux, la contribution des Aînés, les programmes et services de santé communautaires culturellement pertinents, la connaissance de la culture et les liens avec le territoire ainsi que la résilience communautaire (Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador [CSSSPNQL], 2018a; Périllat-Amédée et coll., 2021).).

La présentation de ces facteurs de protection permettra de mettre en lumière des exemples chez les Premières Nations et les Inuit et favorisera ainsi un ancrage plus positif de leurs réalités et de leurs pratiques dans l’exercice de la profession infirmière. Toutefois, afin de mieux saisir l’essence de ces facteurs de protection, il importe de définir d’abord la conception holistique de la santé.

 

Premières nations et Inuit au Québec – Statistiques

Au Québec, on compte 92 655 membres des Premières Nations et 13 940 Inuit, ce qui représente près de 1,5 % de la population totale (Lévesque et coll., 2019). Ces peuples sont répartis en dix Premières Nations et une nation inuit.

Par ordre décroissant de population (Lepage, 2019; Lévesque et coll., 2019) :

  • les Innu/Ilnu;
  • les Kanien’kehá:ka (Mohawks);
  • les Eeyou (Cris);
  • les Anishinabeg/Anicinapek (Algonquin);
  • les Atikamekw Nehirowisiwok;
  • les Mi’gmaq (Micmacs);
  • les Hurons-Wendats (Wendats);
  • les Waban-Aki (Abénakis);
  • les Wolastoquyik Wahsipekuk (Malécites);
  • les Naskapis.

 

La conception holistique de la santé

La conception que les individus se font de la santé peut influencer la lecture qu’ils font de leur mieux-être et les actions nécessaires pour recouvrer un état de santé optimal. La conception holistique, quant à elle, se réfère à la globalité de la personne, incluant les dimensions physiques (le corps englobant son homéostasie physiologique, une saine alimentation et la pratique d’activités physiques), mentales (intellect), émotionnelles (aspects relationnels) et spirituelles (relations avec la terre et les ancêtres) (Dunn, 2019; Lavallée et Lévesque, 2013). Bien que ce concept holistique ne soit pas inhérent à toutes les nations autochtones du Québec, plusieurs se sentent concernées par cette représentation, souvent illustrée par la roue de médecine, aussi appelée cercle sacré, roue médicinale, roue de bien-être ou cercle de médecine (Guay, 2017).

Cette représentation, sous la forme d’un cercle, symbolise l’interdépendance et l’équilibre des quatre dimensions d’une personne (physique, mentale, émotionnelle et spirituelle) et les couleurs de l’espèce humaine, soit le blanc, le noir, le jaune et le rouge (Douglas, 2013; Moeke-Pickering et Partridge, 2014). Il importe donc de traiter chacune des quatre dimensions pour que l’équilibre soit conservé (Moeke-Pickering et Partridge, 2014).

Source : adaptation de Petiquay-Dufresne
Source : adaptation de Petiquay-Dufresne

La roue de médecine représente une vision du monde et une philosophie de vie (Moeke-Pickering et Partridge, 2014), et son interprétation, tout comme son utilisation, varie d’une communauté autochtone à l’autre (Muise, 2019). Par exemple, la roue de médecine est parfois utilisée en intégrant les points cardinaux, les phases de la vie humaine, les saisons, le temps de la journée, les saisons de chasse et le mouvement des étoiles (Colomb, 2012; Moeke-Pickering et Partridge, 2014).

Ainsi, à partir des préceptes de la roue de médecine, les infirmières et infirmiers peuvent encourager la clientèle des Premières Nations et des Inuit à participer à des activités visant le mieux-être. À cet effet, la CSSSPNQL (2018a) propose quelques activités thématiques. Par exemple, pour la dimension physique, elle propose la participation à un repas traditionnel communautaire et à une randonnée en raquettes; pour la dimension mentale, des activités de contes et légendes et des enseignements sur la langue; pour la dimension émotionnelle, une séance avec un Aîné et un cercle de partage, et finalement, pour la dimension spirituelle, la participation à des cérémonies et enseignements sur les médecines traditionnelles.

Les liens familiaux

Le premier facteur de protection concerne les liens familiaux, car de manière générale, dans la culture autochtone, les relations familiales, sociales et communautaires priment sur l’individualisme (Reading et Halseth, 2013). Devant l’adversité, une très grande solidarité soude les membres d’une communauté. Par exemple, dans les communautés des Premières Nations, les personnes en situation d’itinérance sont prises en charge grâce à l’entraide de la famille et des amis (CSSSPNQL, 2021). En fait, le contexte familial chez les Autochtones est basé sur des liens verticaux entre les aînés de la famille et leurs enfants et petits-enfants, mais aussi sur des liens latéraux, entre les autres membres de la famille élargie, comme les frères, les sœurs, les cousins et les conjoints (Guay, 2015). Une place importante est accordée au rôle de la famille élargie et au rôle de la communauté dans l’éducation des enfants (Guay, 2015). D’ailleurs, dans la langue atikamekw (nehiromowin), il n’existe pas de différences entre les mots « frère » et « cousin » et « sœur » et « cousine » (Périllat-Amédée et coll., 2021). Les enfants occupent d’ailleurs une place prépondérante en tant que « dons du Créateur » et doivent être bien traités, car ils représentent l’avenir (Boulet et Badets, 2017).

À ce sujet, il importe de souligner des exemples d’autodétermination éloquents pour l’amélioration du mieux-être des nations autochtones, tel que l’initiative de la nation atikamekw qui a été la première du Québec à instaurer son propre régime de protection de la jeunesse : le système d’intervention d’autorité atikamekw [SIAA] (Atikamekw Sipi, 2021). L’application de cette initiative s’inscrit à l’intérieur de la Politique sociale atikamekw. Grâce aux mesures de soutien à la famille convenues dans le SIAA, 80 % des situations soumises à des « alertes » (équivalent des « signalements » dans le système de la Loi sur la protection de la jeunesse) sont régularisées grâce à la mobilisation d’un groupe de personnes directement concernées par la situation de l’enfant (Atikamekw Sipi, 2015).

 

La contribution des Aînés

Le deuxième facteur de protection présenté concerne la contribution des Aînés. Chez les membres des Premières Nations et les Inuit, le terme « Aîné » fait référence aux individus considérés comme des sages dans la communauté. Ce ne sont pas nécessairement les plus âgés au sein de la communauté, mais plutôt les détenteurs du savoir (Guay, 2017). Désignés par leurs pairs, les Aînés ont beaucoup de connaissances sur l’histoire, les valeurs et la culture de leur peuple (Wilson, 2018). La contribution des Aînés au mieux-être individuel et collectif est importante, car ils contribuent à la transmission orale du savoir autochtone (Tu et al., 2019; Viscogliosi et al., 2020). Ils représentent des modèles positifs de résilience et de sagesse (Hadjipavlou et al., 2018; Wilson, 2018). Ils peuvent notamment contribuer à l’éducation, à la prévention et à la promotion de la santé (Viscogliosi et al., 2020). Par exemple, les Aînés peuvent enseigner l’usage des plantes médicinales et agir en tant que co-thérapeutes avec différents professionnels de la santé (Viscogliosi et al., 2020).

Premières nations et Inuit au Québec – Statistiques

25 % des adultes utilisent la médecine autochtone traditionnelle.

Parmi eux :

76 % des adultes utilisent des plantes médicinales

42 % des adultes pratiquent la fumigation1

35 % des adultes utilisent la hutte à sudation, communément appelée sweat lodge

29 % des adultes utilisent le cercle de guérison

Source : CSSSPNQL, 2018a

 

1 La fumigation est l’utilisation de la fumée de plantes sacrées afin de se purifier le corps et l’esprit (Browne et al., 2016).

 

D’ailleurs, selon une revue de la littérature (n = 21 études) réalisée sur l’utilisation de la médecine autochtone traditionnelle auprès de patients autochtones atteints du cancer provenant de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis, la combinaison de la médecine occidentale et de la médecine autochtone traditionnelle semble être pratiquée selon un pourcentage variant entre 19 % et 57,7 % (Gall et al., 2018). Chez plusieurs participants des études recensées, l’usage de la médecine autochtone faisait écho à la perception holistique de la santé, en plus de conserver une connexion à leur famille et leur communauté (Gall et al., 2018).

 

Les programmes et services de santé communautaire culturellement pertinents

Le troisième facteur de protection concerne l’existence de programmes et de services de santé communautaire consacrés aux membres des Premières Nations et aux Inuit. Au Québec, un peu plus de la moitié des Premières Nations et des Inuit résident en milieu urbain (Lévesque et coll., 2019). Ce constat exige le développement et l’implantation de programmes et de services, dont des services de santé et des services sociaux. La présence de plus de dix centres d’amitié autochtones partout au Québec représente donc un ancrage culturel important (Radio-Canada, 2021; Regroupement des centres d’amitié autochtone du Québec [RCAAQ], n. d.). Considérés comme des milieux de vie, ces centres offrent plusieurs services destinés aux membres des Premières Nations et aux Inuit en lien avec la culture, l’employabilité, la scolarisation, etc. Dans certaines villes québécoises, il y a d’ailleurs plusieurs services de santé et services sociaux de premières lignes destinés spécifiquement à la clientèle autochtone. Par exemple, à la Clinique Mino Pimatisi8in de Val-d’Or, des services de santé courante, de périnatalité, de promotion de la santé, de prévention de la maladie et de gestion des maladies chroniques y sont offerts (Cloutier et al., 2018).

De plus, un centre de dispensation de services de santé, où on trouve quelques services de santé primaires de soins médicaux et infirmiers, est présent dans la plupart des communautés autochtones. Par exemple, au Centre de santé Wemotaci, les infirmières offrent jour et nuit des soins de proximité à la communauté (E. Neashish, conférence virtuelle, 27 mai 2021). Différents programmes sont offerts à la clientèle pédiatrique ou encore aux personnes atteintes de maladies chroniques. D’ailleurs, pour assurer une meilleure continuité des soins, la communication et le suivi entre le centre de dispensation de services de santé de la communauté d’origine d’un patient autochtone et les services reçus en milieu urbain sont essentiels (Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, 2019). À cet effet, il importe de souligner que la profession infirmière contribue grandement à la gestion de ces services de santé. Dans l’ensemble du Canada, près de 60 % des services de santé en milieux autochtones sont gérés par des membres de la profession infirmière (Tompkins et al., 2018). Dans le Nord québécois, l’infirmière assume un rôle élargi, qui implique notamment des tâches administratives, des activités infirmières et médicales ainsi qu’un volet plus communautaire qui vise à évaluer l’état de santé de l’ensemble de la population (Fournier, Blanchet Garneau et Pepin, 2021).

En appui à plusieurs communautés, la CSSSPNQL collabore depuis plus de 25 ans à l’implantation et à l’amélioration des services de santé (CSSSPNQL, 2019a), notamment grâce à la conception d’outils et de documentation soutenant l’intervention auprès des Premières Nations. Par exemple, la CSSSPNQL a publié en 2019 un outil de sensibilisation au mieux-être des personnes aînées des Premières Nations au Québec (CSSSPNQL, 2019b) et plus récemment, la 3e édition de la Boîte à outils des principes de la recherche en contexte autochtone (CSSSPNQL/Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue/Université du Québec en Outaouais/Réseau DIALOG, 2021). Notons la publication d’un référentiel de compétences infirmières des communautés des Premières Nations (CIFI, 2017) auquel plusieurs infirmières des centres de dispensation de services de santé des communautés autochtones du Québec ont collaboré. Par ailleurs, il est possible d’apprécier la compétence infirmière de prodiguer des soins culturellement sécuritaires à la personne, la famille et la communauté en remplissant l’outil d’auto-évaluation et de développement professionnel (CIFI, 2017).

 

La connaissance de la culture et les liens avec le territoire

Le quatrième facteur de protection concerne les aspects culturels, car pour les membres des Premières Nations et les Inuit, la revitalisation de la culture et de la langue est source de guérison et de résilience (Centre de collaboration nationale de la santé autochtone [CCNSA], 2016; Périllat-Amédée et al., 2021). La culture est également pour les Inuit un vecteur important du mieux-être de la famille, qui peut se caractériser par le partage d’un repas, une discussion dans leur langue, la narration de contes par des Aînés ou une sortie culturelle sur le territoire (Fraser, Parent et Dupéré, 2018).

La culture et la langue sont intimement liées au territoire (CCNSA, 2016), comme chez les Atikamekw, où la territorialité s’exprime par la langue (Poirier et al., 2014). D’ailleurs, les jeunes générations disent que les aînés parlent la « langue du territoire » (Poirier et al., 2014). Rappelons que les Aînés sont considérés comme les gardiens de la langue et contribuent à la transmission intergénérationnelle de ces savoirs (Chachai et al., 2019). Quant à la langue algonquine, qui est très descriptive, son usage est grandement favorisé sur le territoire au profit du français qui n’est pas considéré comme suffisamment complexe pour bien décrire l’environnement (Bousquet, 2016). Bien que les réalités linguistiques des Autochtones du Québec soient très hétérogènes, neuf langues autochtones comptent encore des locuteurs : le cri, l’innu, l’inuktitut, le naskapi, l’atikamekw, l’algonquin, le micmac, le mohawk et l’abénakis (Drapeau, 2013). La disponibilité de dictionnaires, de lexiques et de cours de langue permet la vitalisation des langues autochtones.

Ces moyens peuvent aussi être utiles au personnel infirmier, pour apprendre quelques rudiments de la langue. D’ailleurs, offrir la traduction de documents ou encore recourir à un service d’interprète sont d’autres procédés permettant aux Premières Nations et aux Inuit de recevoir des soins et des services dans leur langue d’usage (ministère de la Santé et des Services sociaux [MSSS], 2021).

 

La résilience communautaire

Le cinquième facteur de protection concerne la résilience communautaire des Premières Nations et des Inuit. Celle-ci se définit comme la capacité des membres d’une communauté à mobiliser ses ressources afin de s’adapter à un environnement caractérisé par le changement, l’imprévisibilité et l’incertitude (Magis, 2010). Depuis le début de la pandémie de COVID-19, les enjeux de santé et les inégalités sociales auxquels sont soumises les communautés autochtones se sont amplifiés; citons par exemple la prévalence des maladies chroniques (vulnérabilité face aux complications de la COVID-19), l’accès limité aux soins médicaux, l’incapacité de répondre aux mesures sanitaires (habitat mal ventilé et surpeuplé), les répercussions économiques et psychosociales (Agence de la santé publique du Canada, 2021; Bergeron et al., 2020). Plusieurs stratégies démontrant une grande résilience ont été mises en place par les organisations autochtones afin de protéger leur population (Bergeron et al., 2020). Parmi les mesures utilisées pour protéger la santé et le mieux-être des populations autochtones figurent une communication fréquente et adaptée (ex., traduction des messages gouvernementaux dans une langue autochtone), la protection et l’accès au territoire (ex., fermetures temporaires de l’accès aux communautés et permission de séjours sur le territoire), une réponse adaptée aux besoins de la communauté (ex., aide à l’hébergement pour loger les personnes infectées), ainsi que le maintien de liens familiaux et sociaux (ex., organisation de rassemblements virtuels) (Bergeron et al., 2020).

D’ailleurs, il apparaît que la résilience communautaire est favorisée lorsque les actions intègrent la conception holistique de la santé et soutiennent un processus de sécurisation culturelle dans l’accès aux soins de santé et aux services sociaux (Bergeron et al., 2020). Ainsi, la résilience communautaire des Premières Nations et des Inuit du Québec a permis de mobiliser de nombreuses ressources nécessaires contre les menaces de la COVID-19.

 

En conclusion

Les différents facteurs de protection comme l’esprit communautaire, la contribution des Aînés, les différents programmes et services disponibles, la culture, la langue, le lien avec le territoire et la résilience communautaire sont des leviers pertinents pour le mieux-être des Premières Nations et des Inuit (CSSSPNQL, 2018c; Rotenberg, 2016). À vrai dire, lorsque les conditions sont optimales et que les systèmes de soutien sont présents, les déterminants sociaux peuvent aussi être reliés à des impacts positifs sur la santé pour les Premières Nations (Rotenberg, 2016).

Ainsi, l’augmentation des connaissances des infirmières et infirmiers sur les particularités des diverses cultures autochtones permettra de favoriser l’appropriation de bonnes pratiques dans ce contexte de prestation de soins qui se veut culturellement pertinent et sécurisant. Dans la foulée de la formation obligatoire de sensibilisation aux réalités autochtones disponible dans l’environnement numérique d’apprentissage (ENA) provincial, une perspective basée sur les forces est complémentaire à une mobilisation positive de l’ensemble des acteurs du réseau de la santé dans cette démarche. La récente publication du ministère de la Santé et des Services sociaux La sécurisation culturelle en santé et en services sociaux. Vers des soins et des services culturellement sécurisants pour les Premières Nations et les Inuit fournit des pistes d’actions intéressantes aux organisations, mais aussi aux infirmières et infirmiers afin de soutenir les responsabilités individuelles de ces derniers dans l’application de la sécurisation culturelle des soins et des services sociaux dans le réseau provincial québécois. Plusieurs pratiques à privilégier proposées dans ce document font écho aux facteurs de protection, comme avoir une approche personnalisée en adoptant une perspective holistique, accorder une place à la famille élargie et à la communauté, faire appel à un Aîné ou mettre en place des soins et des services dans une langue autochtone (MSSS, 2021).

 

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