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Portrait

Monique Dorval, infirmière en toxicologie

Par Geoffrey Dirat

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2019 Feb 28
Monique Dorval, infirmière en toxicologie
© Francis Vachon

Porter un jugement clinique et décider des interventions à mettre en place sans jamais voir ses patients : c’est le défi de Monique Dorval. Depuis 32 ans, elle pratique en toxicologie au Centre antipoison du Québec en répondant aux appels logés au 1 800 463-5060 par le public et les professionnels de la santé. Portrait d’une infirmière qui parle à l’oreille des médecins.

Le virus de la toxicologie, Monique Dorval, titulaire d’un baccalauréat en sciences infimières, l’a contracté en 1986 et elle sait qui le lui a transmis. Alors jeune infirmière en pédiatrie au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), elle suivait en parallèle le programme du certificat en santé et sécurité au travail. « Le cours obligatoire en toxicologie industrielle m’a fascinée » se souvient-elle, évoquant les cours du Dr Albert Nantel, qui a dirigé le Centre de toxicologie du Québec pendant 25 ans.

Au même moment, le Centre antipoison du Québec (CAPQ) est créé dans le but, entre autres, de désengorger les urgences. Des postes d’infirmière sont affichés, Monique Dorval manifeste son intérêt et obtient un emploi.

Sans nostalgie, celle qui revendique le titre de dernière représentante de la première cohorte d’infirmières du CAPQ témoigne qu’en 32 ans, « le métier a bien changé ». Le 1 800 463-5060 étant plus connu et reconnu, le nombre de cas d’intoxication annuel a doublé, signale-t-elle, passant de 25 000 (1988) à près de 50 000 (2018), 70 % provenant du public et 30 % des professionnels de la santé.

La complexité des cas a aussi augmenté, estime Monique Dorval, dont l’expertise couvre les produits domestiques et industriels, les médicaments, les drogues, les plantes et champignons vénéneux, sans oublier les insectes et animaux venimeux. « Il y a constamment de nouveaux produits, nous devons donc maintenir nos connaissances à jour. Même chose pour les drogues : de nouvelles ont fait leur apparition, comme le carfentanyl, et leurs dérivés se sont multipliés », souligne l’infirmière qui a obtenu trois fois la certification en toxicologie clinique (Certified Specialist in Poison Information) de l’American Association of Poison Centers, valide pour sept ans. Le processus de formation continue est assuré entre autres par des entretiens cliniques réguliers.

 

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