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Problème de santé mentale et trouble mental : qu’est-ce qui les distingue?

2020 Sep 28
Problème de santé mentale et trouble mental : qu’est-ce qui les distingue?

La distinction permet de mieux comprendre la portée du travail de l’IPSSM et des autres IPS.

Les concepts de santé mentale et de trouble mental sont importants à distinguer. La distinction permet de mieux comprendre la portée du travail de l’IPS en santé mentale (IPSSM) et des autres IPS, puisque la confirmation ou l’exclusion d’un trouble mental présente un caractère irrémédiable. L’établissement d’un diagnostic de trouble mental est susceptible d’occasionner une perte de droits tels que l’exercice parental et la gestion des biens, en plus de stigmatiser la personne atteinte (OPQ, 2013) en entraînant des perturbations telles l’aliénation, la dépendance et la détresse, ainsi que des répercussions importantes dans plusieurs sphères de la vie de la personne.   

Pour mieux comprendre la distinction entre des problèmes de santé mentale et des troubles mentaux

 

Problèmes de santé mentale

Les problèmes de santé mentale peuvent survenir chez des personnes qui subissent des pertes importantes ou qui vivent des événements traumatisants.

Ces situations sont susceptibles d’engendrer des perturbations mentales, émotionnelles ou comportementales, qui se trouvent en deçà de celles associées aux troubles mentaux.

Ainsi, les problèmes de santé mentale correspondent à des perturbations qui interfèrent avec le fonctionnement habituel de la personne ainsi qu’à des symptômes qui s’apparentent à ceux liés aux troubles mentaux tout en étant moins importants et d’une durée plus courte (INSPQ, 2008, Fortinash & Holoday Worret, 2016).

 

Troubles mentaux

Les troubles mentaux sont définis comme étant des affections cliniquement significatives qui se caractérisent par le changement du mode de pensée, de l’humeur (affects), du comportement associé à une détresse psychique ou à une altération des fonctions mentales (OMS, 2001).

Évaluer les troubles mentaux est un exercice complexe nécessitant notamment :

  • une analyse approfondie de divers paramètres lesquels peuvent différer selon l’âge, le sexe, le type de personnalité, la période de transition de vie, la race, la culture, etc., et n’ayant ni marqueurs particuliers ni résultats objectifs pour baser son jugement clinique;.
  • des requis de formations spécifiques et de pratique clinique supervisée déterminés par l’intermédiaire d’un consensus interprofessionnel.

Exemple d’une situation en soins de première ligne

Une personne peut présenter des symptômes d’anxiété ou de la difficulté de concentration au travail ou aux études, sans qu’il s’agisse d’un trouble mental.

Une personne peut aussi présenter des difficultés d’endormissement à la suite d’une situation déstabilisante comme une séparation amoureuse, une perte d’emploi ou une annonce d’un diagnostic d’une maladie grave.

Dans ces situations, l’IPSPL peut intervenir et doit évaluer la situation afin de déceler des symptômes s’apparentant à un trouble mental. Par son expertise en santé physique, l’IPSPL est en mesure, dans le cadre de son évaluation avancée, d’exclure ou de confirmer un problème de santé physique qui pourrait également être camouflé par des symptômes associés à la santé mentale. 

L’IPSPL est en mesure d’assurer un soutien à la personne, de l’écoute empathique de même que de l’enseignement de comportements sains afin d’aider la personne à gérer son anxiété. Ces interventions pourront faire en sorte que la personne retrouve son équilibre et soit plus riche de nouveaux apprentissages en vue de la gestion de sa santé. L’IPSPL pourrait aussi, si la situation clinique l’exige et selon les données probantes, amorcer une médication à court terme pour pallier certains symptômes. 

Elle ne pourrait toutefois pas conclure à un trouble mental et prescrire une médication à long terme comme des antidépresseurs.

L’évaluation des troubles mentaux est réservée aux IPSSM et aux professionnels habilités en raison des hauts risques de préjudice que cette activité comporte. Néanmoins, les IPS doivent évaluer la condition physique et mentale d’une personne symptomatique et continuer de le faire, puisqu’il s’agit d’un facteur déterminant pour l’accessibilité aux soins et aux services. Ainsi, tout comme une suspicion de cancer est orientée vers les services appropriés, une suspicion de trouble mental doit être orientée vers les professionnels habilités à l’évaluer, dont les IPSSM*. 

*Outre les IPSMM, rappelons que les infirmières et infirmiers détenteurs d’une attestation, les psychologues et les médecins évaluent les troubles mentaux ainsi que les conseillers d’orientation détenteurs d’une attestation à cet effet, certains sexologues détenteurs d’une attestation pour les troubles sexuels et les orthophonistes pour certains troubles en lien avec le langage

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